Action de santé à visée humanitaire

Préoccupations liées au nucléaire au Japon – FAQ

Septembre 2011


Contamination de l’eau

Peut-on boire de l’eau du robinet au Japon?

  • La consommation de l’eau du robinet au Japon n’entraîne aucun risque immédiat pour la santé mais les conditions varient au niveau local et peuvent fluctuer.
  • Les autorités japonaises ont attentivement surveillé la situation et publié des avis déconseillant la consommation d’eau du robinet, dont des recommandations spécifiques pour les nourrissons. Il ne faut pas compromettre l’hydratation des nourrissons pour essayer de réduire l’exposition à une contamination par des radionucléides.
  • Dans cette situation d’urgence, les autorités japonaises ont adopté des normes de précaution. Actuellement, l’iode radioactif est le contaminant le plus fréquemment détecté et la norme pour les adultes est de 300 Becquerels par litre dans l’eau de boisson. Dans l’hypothèse très improbable de la consommation d’une eau à ce niveau de contamination pendant toute une année, il en résulterait une exposition supplémentaire équivalente à celle due aux radiations naturelles pendant un an.
  • Au début de la situation d’urgence, l’OMS a exhorté les populations de la région à appliquer les conseils des autorités locales, celles-ci ayant accès aux mesures les plus récentes des niveaux de radiation et pouvant les comparer par rapport aux normes pour les adultes et les enfants. Actuellement, les restrictions à la consommation d’eau du robinet ont été levées dans toutes les préfectures.

Peut-on éliminer la contamination radioactive de l’eau?

  • Les méthodes standard de traitement des eaux peuvent enlever une part importante de la contamination radioactive. Il existe d’autres options pour réduire les concentrations en contaminants, notamment par la dilution contrôlée de l’eau contaminée par de l’eau non contaminée.
  • Le fait de faire bouillir l’eau n’élimine pas l’iode radioactif.

Pourquoi les concentrations recommandées en iode-131 radioactif dans l’eau de boisson varient-elles?

Les concentrations indiquées dans diverses recommandations varient parce que certaines s’appliquent aux situations ordinaires et d’autres aux situations d’urgence. Le tableau ci-dessous résume les recommandations sur l’iode 131 radioactif dans l’eau de boisson et donne des indications sur des expositions équivalentes au cours d’activités ordinaires.


Nom de la directive Radioactivité dans l’eau (Bq/l) Notes sur les risques sanitaires découlant de la consommation d’une eau avec ces concentrations pendant un an
Directives de qualité pour l’eau de boisson de l’OMS (1) 10 Équivalent à un vol entre New York et Londres
Norme japonaise provisoire (d’urgence) pour les adultes (2) 300 Un an d’exposition à la radiation naturelle de fond ou 10-15 radiographies thoraciques aux rayons X.
Norme japonaise provisoire (d’urgence) pour les nourrissons (3) 100 Un an d’exposition à la radiation naturelle de fond ou 10-15 radiographies thoraciques aux rayons X.
AIEA: niveau d’intervention opérationnelle dans les situations d’urgence nucléaire (4) 3000 Sans objet. La concentration maximum conseillée ne doit être utilisée que pour déclencher l’action aux premiers stades d’une situation d’urgence.

1) Les Directives de qualité pour l’eau de boisson de l’OMS ne doivent pas être prises comme point de référence en situation d’urgence nucléaire car les concentrations sont fixées à des niveaux d’une extrême prudence, applicables à une absorption ordinaire tout au long de la vie.

2) Valeurs réglementaires provisoires appliquées aux limites admissibles pour l’ingestion d’aliments et de boissons, fixées par la loi japonaise sur l’hygiène des aliments (Japanese Food Sanitation Act), telles qu’indiquées par la Commission de sûreté nucléaire du Japon. Ce sont des normes de précaution prenant en compte les recommandations internationales, dont celles de l’AIEA et de la Commission internationale de protection radiologique.

3) Comme pour la note 2) ci-dessus, mais valeurs appliquées à l’eau de boisson utilisée pour la préparation des aliments pour nourrissons. Cette concentration est équivalente à la directive internationale fixée par le Codex Alimentarius pour les aliments pour nourrissons.

4) Le guide de sûreté de l’AIEA GSG-2 a fixé des niveaux d’intervention opérationnelle (OILs: Operational Intervention Levels) constituant par défaut les niveaux recommandés au niveau international dans la première phase d’une situation d’urgence.

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