VIH/sida

Infection a VIH chez la femme enceinte : taux records en Afrique australe

Les jeunes femmes ont au moins trois fois plus de risques d’être contaminées que les hommes du même âge

Abuja – Dans la plupart des pays d’Afrique australe, le taux de prévalence du VIH chez les jeunes, en particulier chez les jeunes femmes, est extrêmement élevé et dépasse 25 %. Teguest Guerma, Directeur adjoint du département VIH/SIDA de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), souligne que pour freiner la progression de la maladie, il faut tenir compte des considérations de sexe et de différence d’âge lors de la conception des programmes d’intervention.

A la fin de 2005, l’Afrique abritait près des deux tiers des personnes vivant avec le VIH/SIDA dans le monde, soit quelque 25,8 millions de personnes ; sept Africains de 15 à 49 ans sur 100 sont contaminés. Alors que, d’après les estimations, 4,7 millions d’enfants et d’adultes ont besoin d’un traitement antirétroviral en Afrique subsaharienne, ils n’étaient qu’un peu plus de 500 000 à en bénéficier en juin 2005. Au Mozambique et en Afrique du Sud, l’épidémie continue de s’aggraver. Au Swaziland, la prévalence du VIH chez les femmes enceintes est extrêmement élevée : plus de 40 % des femmes sont contaminées.

« Les femmes sont particulièrement vulnérables. Les jeunes femmes de 15 à 24 ans ont au moins trois fois plus de risques d’être contaminées que les hommes du même âge. Au Botswana et au Swaziland, dans la tranche d’âge 15-24 ans, plus d’une femme enceinte sur trois est séropositive. La situation est tellement grave en Afrique australe, surtout parmi les jeunes, qu’il faut des programmes spécialement conçus qui tiennent compte de ces problèmes fondamentaux », insiste Teguest Guerma.

S’exprimant aujourd’hui sur l’épidémie en Afrique à la Quatorzième Conférence sur le SIDA et les IST en Afrique (CISMA), à Abuja, au Nigéria, Teguest Guerma a présenté les conclusions des éditions 2005 du rapport ONUSIDA/OMS Le point sur l’épidémie de SIDA et du rapport de l’OMS VIH/SIDA - Surveillance épidémiologique : Mise à jour pour la Région Afrique de l’OMS. Ce dernier donne une idée précise de l’épidémie et des pratiques de surveillance dans les 46 pays de la Région africaine de l’OMS et indique les chiffres les plus récents sur le VIH/SIDA dans cette partie du monde.

Les taux de prévalence du VIH et les tendances observées sont très variables entre population urbaine et population rurale dans les pays, d’un pays à l’autre et dans les sous-régions.

L’Afrique demeure la Région la touchée par le VIH/SIDA, mais les pays sont désormais plus nombreux à enregistrer une décrue de la prévalence du VIH chez les femmes enceintes qui consultent les services prénatals. Des pays comme le Burkina Faso, le Burundi, le Kenya et le Zimbabwe rejoignent l’Ouganda, où la prévalence du VIH chez les femmes enceintes a diminué entre le début et le milieu des années 90. Certains signes indiquent aussi un léger recul du VIH dans des villes comme Abidjan (Côte d’Ivoire) et Lilongwe (Malawi).

Mais, d’une manière générale, le tableau est sombre.

  • Les pays d’Afrique australe, à l’exception de l’Angola, enregistrent les taux de prévalence les plus élevés chez les femmes de 15 à 24 ans qui consultent les services prénatals : entre 17,4 % et 39,4 %.
  • Bien que dans les pays d’Afrique de l’Est, la prévalence du VIH ait tendance à décliner, elle reste très élevée, voisine de 7 %.
  • Dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, le taux de prévalence du VIH reste inférieur à 5 % et la tendance est stable. Malheureusement, dans certains pays comme le Sénégal, où la prévalence est faible, on a constaté récemment une hausse de la prévalence du VIH chez les femmes qui consultent les services prénatals, surtout chez les femmes de 15 à 24 ans.
  • • En Afrique centrale, les données sur la prévalence du VIH sont limitées, de sorte qu’il est impossible de suivre les tendances dans la plupart des pays. Toutefois, d’après les données dont on dispose sur certains d’entre eux, les tendances paraissent stables dans cette sous-région.

« La baisse de la prévalence du VIH dans certains endroits, bien que modeste, est encourageante. Elle montre que, grâce à des efforts coordonnés et soutenus de prévention et de traitement, il est possible d’inverser la tendance », commente Teguest Guerma.

Liens


Pour plus d’informations, veuillez contacter

Anne Winter
Abuja (du 2 au 6 décembre)
+41 79 440 6011

Partager