VIH/sida

Nouvelles lignes directrices de l’OMS sur les antirétroviraux en 2013

15 points importants sur les avancées enregistrées, l'impact du traitement et les perspectives d'avenir concernant le traitement du VIH

Avancées

1. Fin 2012, dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, 9,7 millions de personnes étaient sous traitement antirétroviral (TAR). Leur nombre s’est accru de 1,6 million en 2012, soit la plus forte augmentation jamais enregistrée jusqu’à présent (comme indiqué lors de la conférence Global Update on HIV Treatment 2013: Results, Impact and Opportunities.

2. La délivrance d’antirétroviraux en prévention de la transmission mère-enfant a augmenté et plus de 900 000 femmes en ont bénéficié en 2012.

3. Quatre personnes sur 5 venant d’être mises sous traitement vivent en Afrique subsaharienne. Dans 21 pays africains ayant une forte charge du VIH (définis comme prioritaires dans le Plan mondial pour la prévention de la transmission mère-enfant (Global Plan to prevent Mother to Child Transmission), deux personnes sur trois qui en ont besoin bénéficient du traitement et deux femmes enceintes séropositives sur trois prennent des ARV pour éviter de transmettre le VIH à leurs enfants.

4. Le TAR pour les enfants se développe également, mais moins rapidement que pour les adultes. Dans les pays couverts par le Plan mondial, seul un enfant sur trois ayant besoin d’ARV bénéficie du traitement. À l’échelle mondiale, d’autres populations importantes (hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, professionnels du sexe et personnes s’injectant des drogues) semblent aussi avoir moins accès au traitement.

Impact du traitement antirétroviral

5. Au cours des dix dernières années, l’extension du TAR dans les pays à revenu faible ou intermédiaire a, selon les estimations, permis de sauver 4,2 millions de vies et d’éviter 800 000 cas d’infection chez les enfants.

6. À l’échelle mondiale, le nombre des décès dus au sida a été ramené de 2,3 millions en 2005 à 1,7 million en 2011. Dans les pays où le TAR s’est fortement intensifié (comme en Chine ou au Brésil), le taux de mortalité pour les personnes vivant avec le VIH a baissé de 80%. En Afrique du Sud. L’espérance de vie est passée de 54 à 60 ans entre 2005 et 2011, en grande partie grâce à l’extension du TAR.

7. Le TAR contribue également à la prévention de la transmission du VIH et à la baisse mondiale de 20%, selon les estimations, du nombre des nouvelles infections entre 2001 et 2011.

Nouvelles lignes directrices

8. Les Lignes directrices combinées de l’OMS sur l’utilisation des médicaments antirétroviraux pour le traitement et la prévention de l’infection à VIH rassemblent pour la première fois des indications pour les soins cliniques, la prestation des services et des orientations programmatiques à l’intention de tous les groupes d’âge (adultes, adolescents, enfants et femmes enceintes).

9. Elles préconisent un traitement plus précoce et relève de 350 à 500/mm3 la valeur limite de la numération des CD4 en dessous de laquelle on met en route le TAR (c’est-à-dire que le traitement commence quand le système immunitaire est plus fort), les données à notre disposition montrant qu’un traitement plus précoce prolonge la vie des patients et a pour résultat de faire baisser la transmission entre les sujets infectés et les personnes indemnes.

10. Ces lignes directrices recommandent aussi de mettre sous TAR toutes les femmes enceintes, quelle que soit la numération des CD4 et de poursuivre le traitement à vie ou jusqu’à ce que le risque de transmission du VIH au nourrisson ait disparu. Par ailleurs elles préconisent de mettre sous TAR tous les enfants de moins de 5 ans dès que le VIH est diagnostiqué.

11. Elles recommandent une association en doses fixes de trois antirétroviraux de première intention dans un seul comprimé. Le schéma thérapeutique Tenofovir + Lamivudine (ou Emtricitabine) + Efavirenz (TDF+3TC (ou FTC)+EFV) a été retenu parce qu’il est simple, moins toxique et peut être utilisé dans toutes les populations, sauf chez les très jeunes enfants. Pour les enfants de moins de trois ans, le schéma thérapeutique doit comporter un autre médicament appelé Lopinavir/ritonavir (LPV/r).

12. La mise en œuvre de ces prescriptions cliniques se fonde sur d’autres recommandations pour rapprocher du patient et de la communauté les soins et le traitement du VIH. Ces lignes directrices soutiennent une extension encore plus grande des programmes de soins et de traitement du VIH de façon à atteindre la cible d’avoir 15 millions de personnes sous traitement anti-VIH d’ici 2015.

Perspectives d’avenir

13. Si la dynamique positive de l’extension peut se maintenir, la cible mondiale fixée par les États Membres des Nations Unies, à savoir fournir le TAR à 15 millions de personnes d’ici fin 2015, pourra être atteinte.

14. Les nouvelles lignes directrices de l’OMS sur l’utilisation des médicaments antirétroviraux pour le traitement et la prévention de l’infection à VIH porteront à 26 millions le nombre des personnes susceptibles de bénéficier du TAR dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

15. Par rapport aux normes actuelles, les nouvelles lignes directrices peuvent faire encore baisser de 36%–39% le nombre des décès dus au sida et des nouvelles infections à VIH (en 2025).

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