VIH/sida

Avant-propos

Pour la première fois, l’OMS publie des lignes directrices unifiées sur l’utilisation des antirétroviraux pour le traitement et la prévention de l’infection à VIH. Si ces lignes directrices suivent une approche simplifiée, l’impact qui en est escompté n’en est pas moins ambitieux. Solidement basées sur les données disponibles, elles tirent parti de plusieurs tendances apparues récemment, notamment l’utilisation d’un schéma thérapeutique privilégié simplifié consistant en un seul comprimé d’association d’ARV en doses fixes en une seule prise quotidienne, dont les risques de toxicité sont faibles et dont le coût est modéré.

Ces lignes directrices tirent également parti de travaux de recherche ayant démontré les multiples avantages du traitement antirétroviral. En commençant au bon moment le bon traitement, les personnes vivant avec le VIH peuvent désormais espérer mener une vie longue et en bonne santé. Le risque de transmission du virus étant fortement diminué, ces personnes peuvent également protéger leurs partenaires sexuels et leurs nourrissons.

Ces lignes directrices constituent une avancée supplémentaire majeure s’inscrivant dans une tendance où les objectifs fixés sont toujours plus ambitieux et les réalisations toujours plus vastes. En Afrique, la Région qui porte l’essentiel du fardeau de l’épidémie d’infection à VIH, 7,5 millions de personnes recevaient, selon les estimations, un traitement à la fin de l’année 2012, alors qu’elles n’étaient que 50 000 dix ans plus tôt. Dans le monde, quelque 9,7 millions de personnes recevaient un traitement, ce qui indique que l’objectif mondial de fournir un traitement antirétroviral à 15 millions de personnes à l’horizon 2015 peut être atteint. Cette réalisation constitue l’élargissement le plus rapide de toute l’histoire de l’accès à une intervention de santé publique permettant de sauver des vies.

Un moyen clé pour obtenir plus rapidement des avancées est de commencer le traitement de manière plus précoce, comme cela est recommandé dans ces lignes directrices. En effet, les données montrent maintenant qu’un début plus précoce du traitement présente un double avantage : cela permet de garder les personnes en bonne santé plus longtemps et de réduire considérablement le risque de transmission du virus à d’autres personnes.

Un traitement plus précoce présente en outre l’avantage de limiter les contraintes d’ordre opérationnel sur les programmes. Dans ces lignes directrices, il est recommandé de commencer un traitement immédiatement après le diagnostic chez la femme enceinte et chez l’enfant âgé de moins de 5 ans. Il est également recommandé d’utiliser le même comprimé d’association d’antirétroviraux en doses fixes pour tout adulte vivant avec le VIH, notamment en cas de tuberculose, d’hépatite ou d’autres co-infections.

Des recommandations supplémentaires dans ces lignes directrices visent à aider les programmes à apporter des services au plus près du domicile des personnes ; à obtenir le plus rapidement possible le résultat des tests ; à intégrer plus étroitement le traitement de l’infection à VIH dans les services de soins prénatals, les services de prise en charge de la tuberculose, les services de prise en charge de la toxicomanie ainsi que dans d’autres services ; et à utiliser une gamme plus large d’agents de santé pour fournir les traitements et faire le suivi des soins.

Les pays ont demandé à l’OMS des orientations simplifiées sur l’utilisation des antirétroviraux. Je crois que ces lignes directrices unifiées répondent dans une large mesure à cette demande. Elles proposent des recommandations s’appliquant à toutes les tranches d’âge et à toutes les populations. Elles apportent des recommandations cliniques ainsi que des orientations opérationnelles et programmatiques sur des aspects essentiels du traitement et des soins, depuis le dépistage du VIH jusqu’à l’entrée et la rétention dans la filière de soins, et depuis les soins généraux de l’infection à VIH jusqu’à la prise en charge des comorbidités.

Dans ces lignes directrices, il est demandé aux programmes de procéder à des changements significatifs. Leur application nécessitera également une augmentation des investissements. Je suis personnellement convaincue que l’avenir de la riposte au VIH suivra le chemin tracé ces dernières années, à savoir une volonté sans faille d’aller de l’avant en s’appuyant sur les avancées obtenues et en relevant de nouveaux défis.

L’OMS estime que procéder de la sorte permettra d’obtenir un impact sans précédent. L’application au niveau mondial des lignes directrices pourrait en effet éviter la survenue de 3 millions de décès supplémentaires d’ici 2025, en plus de ceux évités en utilisant les lignes directrices de 2010, et d’empêcher environ 3,5 millions de nouvelles infections.

De telles perspectives – inimaginables il y a seulement quelques années – peuvent maintenant contribuer à la dynamique nécessaire pour faire décliner de manière irréversible l’épidémie d’infection à VIH. J’encourage fortement les pays et leurs partenaires de développement à saisir cette chance historique qui nous permettra d’accomplir une nouvelle avancée majeure.

Dr Margaret Chan
Directeur général de l’OMS

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