Vaccination, vaccins et produits biologiques

Il est recommandé aux pays ayant des taux d’endémie élevés ou intermédiaires de méningococcie d’introduire des programmes de vaccination à grande échelle

Dans une note de synthèse publiée aujourd’hui dans le Relevé épidémiologique hebdomadaire, l’OMS recommande que les pays ayant des taux d’endémie élevés ou intermédiaires de la méningococcie et que ceux touchés fréquemment par des épidémies introduisent des programmes de vaccination à grande échelle et utilisent, dans ce cadre, des vaccins antiméningococciques conjugués. Dans ces pays, le vaccin peut être administré par les programmes de vaccination systématique et à l’occasion d’activités de vaccination supplémentaire, par exemple durant les flambées.

Dans les pays où la maladie apparaît moins fréquemment, la vaccination antiméningococcique est recommandée pour des groupes à risque définis, tels que les enfants et les jeunes adultes résidant dans des communautés fermées, par exemple les internats ou les camps militaires. Les personnels de laboratoire exposés au risque de méningococcie et les voyageurs se rendant dans des régions de forte endémie doivent également être vaccinés.

Pour l’ensemble des pays, il est indispensable de connaître la charge de morbidité de la méningococcie pour utiliser au mieux les vaccins disponibles. Les pays qui envisagent de les employer doivent mettre en place des systèmes de surveillance afin de caractériser l’épidémiologie de la méningococcie. La surveillance continue de la méningococcie doit permettre de déterminer s’il est nécessaire d’effectuer des campagnes de vaccination de masse répétées et à quel moment.

La méningite à méningocoques est une grave infection bactérienne des méninges (membranes enveloppant le cerveau). Elle peut causer de graves lésions cérébrales et se révèle mortelle dans 50% des cas si elle n'est pas traitée. Différentes bactéries peuvent causer une méningite. Neisseria meningitidis est la plus susceptible de provoquer des épidémies importantes. On a recensé douze sérogroupes de Neisseria meningitidis, dont six (A, B, C, X, Y et W135) peuvent provoquer des épidémies. La répartition géographique et le potentiel épidémique varient d’un sérogroupe à l’autre.

En Afrique, les grandes épidémies sont survenues ces 100 dernières années. La plupart d’entre elles ont été attribuées au sérogroupe A et se sont produites dans la « ceinture africaine de la méningite », une vaste région de l’Afrique subsaharienne qui s’étend, d’ouest en est, du Sénégal à l’Éthiopie. De 1996 à 1997, la plus grande épidémie de l’histoire a sévi dans toute cette région, provoquant plus de 250 000 cas, dont 25 000 ont été mortels et 50 000 ont entraîné un handicap. De grandes épidémies surviennent régulièrement dans la ceinture de la méningite. Les vaccins antiméningococciques polyosidiques utilisés en réponse à une épidémie ne sont pas adaptés aux stratégies de prévention.

En décembre 2010, le premier vaccin antiméningococcique A conjugué mis au point spécifiquement pour les pays de la ceinture africaine de la méningite a été introduit au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Il va être introduit dans trois autres pays – le Cameroun, le Nigéria et le Tchad – en décembre 2011.

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