Vaccination, vaccins et produits biologiques

Questions-réponses sur les vaccins contre la dengue


21 avril 2016

Quel est l’état actuel de développement du vaccin contre la dengue?

Il existe un besoin grandissant en santé publique d’interventions préventives efficaces contre la dengue, une maladie causée par 4 virus correspondant aux sérotypes 1 à 4. Disposer d’un vaccin sûr, abordable et efficace contre les 4 souches du virus de la dengue représenterait une avancée majeure dans la lutte contre cette maladie et un outil important pour atteindre l’objectif de l’OMS consistant à réduire d’au moins 25% la morbidité due à cette maladie et d’au moins 50% la mortalité associée d’ici 2020.

Un vaccin contre la dengue a été homologué, le Dengvaxia® (CYD-TDV), mis au point par Sanofi Pasteur. Environ 5 autres vaccins candidats contre cette maladie sont en cours de développement clinique, dont 2 (mis au point par Butantan et Takeda) sont entrés dans les essais de phase III au début de l’année 2016.

Qu’est-ce que le Dengvaxia® (CYD-TDV)?

Le CYD-TDV est le premier vaccin contre la dengue à être homologué. Il l’a d’abord été au Mexique en décembre 2015 pour être utilisé chez des individus de 9 à 45 ans vivant dans des zones d’endémie. Il s’agit d’un vaccin vivant tétravalent recombinant, mis au point par Sanofi Pasteur et administré sous forme de série de 3 doses, selon un calendrier du type 0/6/12 mois.

Quels sont les résultats des essais de phase III?

Le vaccin CYD-TDV a été évalué dans le cadre de 2 essais cliniques de phase III (CDY14 dans 5 pays asiatiques et CYD15 dans 5 pays d’Amérique latine). Dans leur ensemble, ces essais ont porté sur plus de 35 000 participants de 2 à 16 ans: l’âge lors de la première vaccination se situait entre 2 et 14 ans dans l’essai CYD14 et entre 9 et 16 ans dans l’essai CDY15. Pour chacun de ces essais, les participants ont été répartis aléatoirement entre un groupe vacciné et un groupe placebo, dans un rapport 2:1. Les protocoles d’études comprenaient une phase active de suivi pendant une année après la dernière dose de vaccin de la série (25 mois après la dose 1) et une période de suivi hospitalier de 4 ans supplémentaires, encore en cours.

Les résultats ont été publiés séparément pour chaque essai, puis regroupés. En raison des résultats obtenus lors de la phase 3 de l'essai CDY14 auprès du groupe le plus jeune, les résultats incluaient aussi les enfants de moins de 9 ans, un groupe d'âge qui n'est pas inclus dans l'indication actuelle.

L’efficacité vaccinale contre la dengue confirmée, en valeur poolée sur l’ensemble des essais, atteignait 59,2% dans l’année suivant la série primaire (analyse d’un protocole). Pendant cette période initiale, l’efficacité vaccinale poolée contre la dengue sévère a été de 79,1%. L’efficacité a varié en fonction du sérotype: elle a été plus forte contre les sérotypes 3 et 4 (71,6% et 76,9%, respectivement) que contre la sérotypes 1 et 2 (54,7% et 43,0%). Elle a également varié en fonction de l’âge lors de la vaccination et du statut sérologique de départ (c’est-à-dire, en fonction de l’existence ou non d’une exposition antérieure à la dengue avant la vaccination).

Lorsqu’on se limitait aux tranches d’âge supérieures (âges inclus dans l’homologation actuelle), l’efficacité vaccinale poolée chez l’ensemble des participants de 9 ans et plus était de 65,6%.

À l’intérieur d’un sous-ensemble randomisé de participants, chez lesquels on avait recueilli des échantillons de sang avant la vaccination, l’efficacité vaccinale poolée contre la dengue virologiquement confirmée chez les sujets séropositifs en raison d’une exposition antérieure à la maladie était de 78,2%, tandis que chez les sujets séronégatifs au départ, elle était de 38,1% (non statistiquement significatif). Dans le cadre d’une analyse post-hoc sur les individus ≥ 9 ans, l’efficacité vaccinale chez les sujets séronégatifs au départ était de 52,5% (IC à 95%: 5,9% – 76,1%).

Si une efficacité vaccinale était rapportée contre la dengue avec hospitalisation et la dengue sévère au cours des années 1 et 2 suivant la dose 1,un excès d’hospitalisations dues à la dengue et de cas de dengue sévère chez les personnes ayant reçu le vaccin CYD-TD a été observé au cours de l’année 3 dans certains sous-groupes, même si cette observation reposait sur des nombres relativement faibles de cas. Cet excès a été principalement relevé chez les sujets vaccinés âgés de 2 à 5 ans dans l’essai CYD14 en Asie, pour lequel le risque relatif d’hospitalisation à cause de la dengue chez les individus vaccinés était de 7,45% (IC à 95%: 1,15 – 313,80) au cours de l’année 3, valeur calculée sur la base de 15 cas dans le groupe recevant le CYD-TDV et d’un cas dans le groupe témoin. Cette tranche d’âge inférieure n’a pas été incluse dans la gamme d’âge indiquée pour l’administration du vaccin. Aucun signal de sécurité n’a été rapporté dans les tranches d’âge supérieures.

Quels sont les recommandations de l’OMS concernant le CYD-TDV?

Le Groupe consultatif stratégique d’experts de l’OMS (SAGE) sur la vaccination a examiné le CYD-TDV en avril 2016 et a recommandé aux pays de n’envisager l’introduction de ce vaccin que dans les contextes géographiques (nationaux ou infranationaux) de forte endémicité. Une note de synthèse de l’OMS sur les vaccins, présentant des recommandations de l’Organisation, sera publiée en juillet 2016.

Ce vaccin a-t-il fait l’objet d’une préqualification par l’OMS?

Actuellement, le CYD-TDV n’est pas préqualifié. La préqualification nécessite l’enregistrement par une autorité nationale de réglementation, qui est habituellement celle du pays fabriquant (dans ce cas, l’EMA). L’OMS attend la soumission d’une demande de la part du fabricant pour la préqualification de ce vaccin.

Quels sont les interventions existantes pour lutter contre la dengue?

La lutte antivectorielle est la principale stratégie pour empêcher ou prévenir la transmission du virus de la dengue. Il s’agit notamment:

  • d’empêcher les moustiques d’accéder aux habitats de ponte par la gestion et la modification de l’environnement;
  • d’éliminer les déchets solides de manière appropriée et de supprimer les habitats artificiels résultant de la présence humaine;
  • de couvrir, de vider et de nettoyer les récipients de stockage domestique de l’eau chaque semaine;
  • de répandre des insecticides appropriés sur les récipients extérieurs de stockage de l’eau;
  • d’utiliser des dispositifs de protection individuelle dans les foyers, tels que moustiquaires, vêtements à manches longues, matériaux traités avec un insecticide, serpentins anti-moustiques et vaporiseurs;
  • d’améliorer la participation et la mobilisation des communautés en faveur d’une lutte antivectorielle durable;
  • d’épandre des insecticides sous forme de pulvérisations spatiales pendant les flambées en tant que mesure de lutte antivectorielle d’urgence;
  • une surveillance et un suivi actifs des vecteurs devront être exercés pour déterminer l’efficacité des interventions de lutte.

Questions-réponses sur les résultats des essais cliniques antérieurs du CYD-TDV

Les résultats d’essais de phase 3 poolés, portant sur l’efficacité et l’innocuité à long terme du CYD-TDV, ont été publiés en juillet 2015.

Les résultats d’une étude d’efficacité multicentrique de phase III, menée en Amérique latine, ont été publiés en novembre 2014. Ils ne sont disponibles qu'en anglais.

Les résultats d’une étude d’efficacité multicentrique de phase III, menée en Asie, ont été publiés en juillet 2014. Ils ne sont disponibles qu'en anglais.

Les résultats de l’étude d’efficacité de phase IIb menée en Thaïlande ont été publiés en septembre 2012. Ils ne sont disponibles qu'en anglais.