Vaccination, vaccins et produits biologiques

Le VPI est recommandé aux pays pour atténuer les risques liés au retrait du VPO2 et les conséquences

En mai 2012, l’Assemblée mondiale de la Santé a déclaré que l’achèvement de l’éradication de la poliomyélite était une urgence programmatique pour la santé publique mondiale et a prié le Directeur général de finaliser rapidement une stratégie globale pour l’éradication et l’assaut final couvrant la période 2013–2018. Le projet de plan stratégique et la situation actuelle du Programme mondial d’éradication de la poliomyélite ont été présentés au Groupe stratégique consultatif d’experts (SAGE). Relevant les progrès substantiels accomplis dans la mise en œuvre des plans d’action d’urgence contre la poliomyélite dans les derniers pays infectés, l’attention détaillée consacrée à la planification des campagnes d’administration du vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) sur le terrain et les nouvelles données factuelles sur l’amélioration des performances, le SAGE s’est alarmé des déficits de financement considérables à un moment où l’éradication est en vue, alors que des campagnes d’administration du VPO ont déjà été annulées ou réduites en 2012 dans plus de 25 pays exposés à un risque élevé.

Le SAGE a approuvé les quatre grands objectifs et les étapes du nouveau plan stratégique. Il a également recommandé à tous les pays d’introduire dans leurs programmes de vaccination systématique l’administration d’au moins une dose de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) pour atténuer les risques liés au retrait à terme du type 2 des VPO (VPO2) et les conséquences. Il examinera tous les six mois les progrès dans la réalisation des conditions préalables au retrait du VPO2, parmi lesquelles la disponibilité et l’accessibilité financière du VPI, pour veiller à ce que le VPO2 soit retiré le plus vite possible, mais en notifiant suffisamment à l’avance les programmes pour s’assurer qu’ils soient prêts et disposent du vaccin.

Le SAGE a examiné et approuvé le cadre de suivi et d’évaluation/responsabilisation pour le Plan mondial d’action des vaccins dans le cadre de la Décennie des vaccins. Un groupe de travail du SAGE est en cours de création pour examiner les progrès dans le déroulement du Plan mondial d’action et soumettra des rapports annuels au SAGE. Après contribution de celui-ci, ces rapports seront ensuite présentés pour examen au Conseil exécutif de l’OMS et à l’Assemblée mondiale de la Santé.

Le Groupe SAGE a félicité les pays pour les progrès accomplis dans la réduction mondiale de la mortalité due à la rougeole. Tandis que la Région des Amériques est parvenue à éliminer la rougeole et la rubéole et que la Région du Pacifique occidental est proche de l’interruption de la transmission de la rougeole endémique, les données actuelles indiquent que les cibles fixées pour l’élimination mondiale et régionale pour 2015 et 2020 ne seront pas atteintes dans les temps. Le SAGE demande instamment à la Région de l’Asie du Sud-Est de définir un but pour l’élimination de la rougeole et pour les régions de l’Afrique, de la Méditerranée orientale, de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental de travailler à la définition de buts régionaux pour l’élimination de la rubéole. Il a également approuvé le Plan stratégique mondial de lutte contre la rougeole et la rubéole pour 2012–2020 et recommandé la pleine mise en œuvre des stratégies essentielles d’une manière suscitant l’appropriation par les pays, renforçant les systèmes de vaccination systématique, promouvant l’équité et renforçant les liens avec l’éradication de la poliomyélite et d’autres programmes de santé.

Le groupe SAGE s’est félicité du cadre pour la vaccination dans les situations d’urgence humanitaire, qui prévoit une méthode objective pour la prise de décisions et comble une lacune existante dans le recours à la vaccination dans ces situations. Il a approuvé le cadre et fait certaines propositions à intégrer dans le document définitif, parmi lesquelles une expérimentation du cadre avant sa finalisation.

Le SAGE a relevé que l’on trouve désormais dans les pays à revenu intermédiaire (PRI), regroupant 5 milliards de personnes, la plus grande part de la population pauvre du monde. De plus, nombre de ces pays ne remplissent pas les conditions pour obtenir un financement ou une aide de l’Alliance GAVI et sont à la traîne pour ce qui est de leur capacité d’introduction durable de nouveaux vaccins. Les raisons du problème ne se limitent pas seulement à des questions de prix et d’achat ; elles ont également trait à l’équité, à la pérennité, au renforcement des capacités et à l’appui des partenaires. L’approche adoptée par toutes les organisation pour venir en aide aux PRI étant pour l’instant fragmentaire et incomplète, le SAGE a demandé à l’OMS d’instituer un groupe spécial, chargé de coordonner un dispositif global d’engagement des parties prenantes, afin de créer un environnement propice et de soutenir ces pays.

Le rapport de la réunion sera publié dans le Relevé épidémiologique hebdomadaire de l’OMS le 4 janvier 2013.

Les documents de la réunion, y compris les exposés et les lectures présentant un intérêt, peuvent être consultés sur le lien suivant:

Partager