Vaccination, vaccins et produits biologiques

Grave risque d’échec pour les efforts d’éradication de la poliomyélite si l’on ne trouve pas les ressources suffisantes

Lors de sa réunion du 10 au 12 avril à Genève, le Groupe stratégique consultatif d’experts de l’OMS sur la vaccination (SAGE) a longuement discuté du plan d’action d’urgence pour remettre sur les rails les efforts d’éradication de la poliomyélite en Afghanistan, au Nigéria et au Pakistan.

Le Groupe stratégique s’est sérieusement inquiété des lacunes au niveau du financement en 2012 et 2013, notamment après la récente déclaration au Conseil exécutif de l’OMS faisant de l’achèvement de l’éradication de la poliomyélite une urgence de santé publique de la plus grande priorité. De plus, ce manque de ressources financières intervient à un moment crucial, alors que la volonté politique des gouvernements d’Afghanistan, du Nigéria et du Pakistan s’est renforcée et que le nombre des cas de poliomyélite et des pays où elle sévit n’a jamais été aussi bas. Le Groupe a relevé par ailleurs que, dans nombre des pays les pauvres, les ressources utilisées pour les programmes de lutte contre la poliomyélite soutiennent les efforts de vaccination dans leur ensemble et que ce point risque aussi d’être compromis si l’on ne trouve pas des fonds.

« Il serait extrêmement tragique de manquer cette occasion d’éradiquer la poliomyélite et ce serait gâcher les investissements considérables qui ont été faits dans ce but, avec des conséquences pour toutes les activités de vaccination, en particulier dans les pays les plus démunis. Toute diminution des activités d’éradication de la poliomyélite par manque d’argent est totalement inacceptable. Nous exhortons les gouvernements et les partenaires à agir immédiatement, afin de satisfaire les besoins financiers pour l’éradication, si nous voulons faire disparaître cette maladie handicapante », a averti le Groupe.

Le Groupe s’est félicité du Plan d’action mondial d’urgence pour la poliomyélite et a pris note des progrès accomplis dans l’élaboration et la mise en œuvre des plans nationaux en Afghanistan, au Nigéria et au Pakistan, visant à administrer le vaccin antipoliomyélitique aux enfants qui ne l’ont pas eu jusque-là et à établir un processus de responsabilisation à tous les niveaux. Il souligne cependant qu’un suivi minutieux du déroulement des plans nationaux dans les prochains mois est indispensable pour garantir un impact maximal. Le Groupe s’est aussi félicité de l’accent, plus que nécessaire, mis sur la synergie entre les activités d’éradication de la poliomyélite et le renforcement de la vaccination systématique.

Le Groupe a discuté de la vaccination contre la grippe saisonnière et recommandé de considérer les femmes enceintes comme le groupe le plus important devant en bénéficier. Il a été également d’avis de recommander cette vaccination, sans ordre de priorité particulier, aux groupes suivants : agents de santé ; enfants âgés de 6 à 59 mois ; personnes âgées et personnes souffrant d’affections entraînant un risque élevé. Les pays ayant déjà des programmes de vaccination antigrippale ciblant l’un ou l’autre de ces groupes doivent les poursuivre et y intégrer la vaccination des femmes enceintes, a indiqué le Groupe stratégique. Si ce n’est pas déjà fait, les pays doivent décider des autres groupes à risque qu’ils vaccineront en priorité, sur la base de la charge de morbidité, du rapport coût-efficacité, de la faisabilité et d’autres considérations appropriées.

Au sujet du vaccin contre l’hépatite A, le Groupe a conclu que, même si certains pays utilisent actuellement un schéma de deux doses vaccinales, les programmes nationaux de vaccination peuvent envisager d’inclure dans les calendriers de vaccination l’administration d’une seule dose de vaccin inactivé contre l’hépatite A. À cet égard, le Groupe a applaudi l’Argentine pour son approche innovante qui a entraîné la production de données utiles susceptibles de générer des économies pour d’autres pays. Il a invité l’Argentine à continuer de surveiller l’impact de son programme d’administration d’une seule dose vaccinale contre l’hépatite A et de faire un rapport annuel à l’OMS.

Les autres sujets étudiés pendant la réunion ont porté sur l’impact de l’introduction de nouveaux vaccins dans le renforcement des systèmes de vaccination et de santé, sur la vaccination dans les situations d’urgence, sur les calendriers de vaccination contre les rotavirus, sur le rôle du VPI dans la gestion du risque poliomyélitique et sur les informations sur les vaccins en préparation pour un Comité intergouvernemental de négociations concernant un instrument juridiquement contraignant sur le mercure.

Le rapport de la réunion sera publié dans le Relevé épidémiologique hebdomadaire de l’OMS le 25 mai 2012. La documentation de la réunion, avec les exposés et une bibliographie de référence, peut être consultée sur le Web.

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