Communiqué OMS/2 6 janvier 1998
KENYA : LE VIRUS DE LA FIÈVRE DE LA VALLÉE DU
RIFT A ÉTÉ DÉTECTÉ DANS LA FLAMBÉE ÉPIDÉMIQUE
Un Centre collaborateur de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) signale que l'on a confirmé la présence du virus de la fièvre de la vallée du Rift, par culture et isolement de celui-ci à partir d'échantillons provenant de trois cas de la flambée épidémique, mystérieuse jusque-là, qui sévit dans le nord-est du Kenya.
Bien que le Centre collaborateur de l'OMS au National Institute of Virology (NIV) en Afrique du Sud ait détecté le virus de la fièvre de la vallée du Rift dans des échantillons provenant de plusieurs victimes, celui-ci pourrait ne pas être le seul responsable des 300 décès observés pour cette flambée car d'autres cas n'ont pas fourni la preuve de cette infection.
Comme la population touchée est sous-alimentée et sujette à des maladies diverses, notamment celles associées au manque d'eau potable pure et de services de santé, d'autres affections graves qui surviennent normalement dans cette région, comme la shigellose ou le paludisme, pourraient expliquer en partie le grand nombre de décès observés.
Des études épidémiologiques supplémentaires, faisant appel à une définition de cas uniformisée, sont nécessaires pour mieux comprendre l'étendue et la nature de l'épidémie ainsi que l'aide et les mesures de luttes requises. Le NIV et un autre centre collaborateur de l'OMS, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) à Atlanta (Etats-Unis d'Amérique), poursuivent leurs investigations, y compris à partir d'échantillons prélevés sur des animaux.
Le virus de la fièvre de la vallée du Rift appartient à la famille des Bunyaviridae du genre Phlebovirus. Il a été isolé pour la première fois en 1931, lors d'une flambée épidémique dans le cheptel d'une ferme située dans la vallée du Rift au Kenya. Il est endémique en Afrique, au sud du Sahara, mais les infections se sont étendues périodiquement à l'Egypte. Au cours des épizooties (épidémies chez les animaux), il provoque l'avortement spontané des brebis et des vaches et la mort des agneaux et des veaux. Chez l'homme, il occasionne une maladie qui ressemble à la dengue et n'est pas mortelle habituellement. Moins souvent, l'infection entraîne une rétinite, une encéphalite et/ou une maladie hémorragique et c'est cette dernière que l'on retrouve dans la flambée actuelle. Le virus de la fièvre de la vallée du Rift se transmet par l'intermédiaire des moustiques et de nombreuses espèces différentes peuvent servir de vecteur. Les être humains se contaminent également au contact du sang ou des liquides physiologiques des animaux infectés, lors de l'abattage ou de la manipulation des ftus avortés. Le risque de contamination interhumaine par contact direct semble très faible.
L'OMS ne recommande pas de restreindre les voyages au Kenya, la région touchée étant à l'écart et éloignée des centres touristiques que sont Nairobi, Mombasa et les parcs.
Informations connexes:
Epidémie au Kenya: L'OMS ne Recommende pas de Restreindre les Voyages (30 décembre, 1997)
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