Communiqué OMS/3 10 janvier 1998
LES VACCINS PEUVENT SAUVER 12 MILLIONS DE VIES PAR AN
DE NOMBREUX VACCINS NOUVEAUX POURRAIENT ÊTRE PROCHAINEMENT UTILISÉS
Le développement de nouveaux vaccins contre des maladies comme les diarrhées à rotavirus ou la pneumonie à pneumocoques chez le nourrisson et l'utilisation plus répandue des vaccins pas suffisamment employés, comme le vaccin antirougeoleux, peuvent sauver jusqu'à 12 millions de vies par an, notamment au stade des maladies infantiles. C'est ce qu'affirme le nouveau Plan stratégique de l'Initiative pour les Vaccins de l'enfance (IVE), qui est coparrainée par le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), l'Organisation Mondiale de la Santé et la Fondation Rockefeller.
"La vaccination est notre arme la plus puissante dans la guerre contre les maladies infectieuses, déclare le Dr J. W. Lee, Secrétaire exécutif de l'IVE. Nous devons l'employer pour protéger au maximum les enfants du monde."
Depuis l'effort destiné à obtenir qu'au moins 80 % des enfants du monde soient vaccinés, objectif qui a été atteint vers 1990, aucun nouveau vaccin n'a été introduit à grande échelle et le pourcentage des enfants vaccinés n'a pas augmenté de manière significative.
"Nous reconnaissons qu'il n'y a pas de solution simple à tous les problèmes. Nous devons plutôt faire appel à un ensemble d'approches nouvelles, qui s'intègrent simultanément", affirme John LaMontagne, Ph.D., Président du groupe spécial de l'IVE sur la planification stratégique. "Il faut en particulier que deux facteurs interviennent : les gouvernements doivent en plus grand nombre assumer l'entière responsabilité de l'extension de leurs programmes de vaccination et nous devons travailler dans le cadre d'une large collaboration avec les producteurs de vaccins, ce qui n'a jamais eu lieu auparavant."
# Sauver des millions de vies
On peut sauver jusqu'à quatre millions de vies en déployant complètement les vaccins existants mais pas suffisamment utilisés et dont les coûts vont de quelques centimes à quelques dollars la dose. Les maladies ciblées par ces vaccins sont la coqueluche, 350 000 morts par an ; la rougeole, 1,1 million ; l'hépatite B (HBV) 800 000 ; les infections à Hib (méningites et pneumopathies), 500 000 ; le tétanos, 500 000 ; la rubéole, 300 000 ; la fièvre jaune, 30 000 et d'autres.
De surcroît, plus de 8 millions d'enfants et d'adultes meurent chaque année de maladies évitables par les vaccins en cours de développement : les pneumonies à pneumocoques de l'enfant, 1,2 million ; les diarrhées à rotavirus, 600 000 ; les autres affections diarrhéiques, 2 millions ; les infections respiratoires virales aiguës, 400 000 ; le paludisme, 2 millions ; le VIH/SIDA, 2,3 millions. L'utilisation de ces vaccins interviendra d'abord dans les pays industrialisés mais le Plan renferme des stratégies pour qu'ils deviennent rapidement disponibles à des prix "abordables" dans tous les pays.
On pense que le développement et les essais de ces nouveaux vaccins C une des méthodes les plus efficaces de prévention des maladies infectieuses C seront achevés d'ici l'an 2005, selon le rapport sur la vaccination au 21e siècle "Managing Opportunity and Change : A Vision of Vaccination for the 21st Century" (en anglais seulement). Celui-ci établit que le nouvel effort de vaccination aurait un très bon rapport coût-efficacité. Il calcule que les dépenses de santé atteignent au niveau mondial environ 2 000 milliards de dollars des Etats-Unis par an, dont approximativement 10 milliards sont consacrés chaque année aux vaccins et seulement un milliard à la recherche sur les vaccins, c'est-à-dire pas plus de 0,05 % des dépenses totales pour la santé.
Le Plan repose sur la réussite de la délivrance des six vaccins de base pour les nourrissons C en fournissant aux pays en développement des vaccins à faible coût pour prévenir la polio, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la rougeole et la tuberculose. Travaillant ensemble depuis les années 1980, les organismes nationaux et internationaux, les organisations de service et les organismes privés de bénévolat dans le monde entier ont procuré la vaccination à environ 80 % des enfants dans le monde en développement. Deux à trois millions de vies ont ainsi pu être sauvées.
Le Dr Hiroshi Nakajima, Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé se félicite du Plan stratégique de l'IVE qui donne une suite au rapport OMS/UNICEF intitulé "Vaccins et vaccination : la situation dans le monde". Il déclare que Ale Programme mondial OMS des Vaccins et Vaccinations travaille déjà activement sur de nombreuses recommandations figurant dans le Plan stratégique de l'IVE et espère amplifier les actions déjà en cours".
# Fixer des cibles
"La façon dont le Plan stratégique de l'IVE aborde la lutte contre les maladies infectieuses diffère beaucoup de tout ce qui a été fait auparavant, dit Roy Widdus, Ph.D., Coordonnateur de l'IVE. Ce Plan fixe des cibles pour le développement et l'introduction de nouveaux vaccins et il appelle à investir pour que ceux-ci fassent rapidement l'objet d'une production et d'une utilisation efficace et à grande échelle. Il reconnaît en outre que dans un monde interdépendant, l'introduction d'un vaccin dans les pays industrialisés peut influer sur la disponibilité et le prix du même vaccin dans les pays en développement."
A côté des nouveaux vaccins, le Plan demande l'amélioration de ceux qui existent déjà:
- les rendre plus faciles à administrer, par exemple en association ou par voie orale ;
- diminuer leurs effets secondaires ;
- les rendre efficaces contre un plus grand nombre de maladies avec moins de doses.
Le Plan stratégique de l'Initiative pour les Vaccins de l'Enfance décrit les stratégies destinées à assurer l'approvisionnement, la qualité et la délivrance des vaccins, ainsi que leur développement. Il souligne que la responsabilité de vacciner les populations dans les pays en développement revient à leurs gouvernements. Il reconnaît également que le secteur privé doit devenir un partenaire de l'effort mondial pour développer et fournir les vaccins, au côté des organisations humanitaires internationales et des ONG (organisations non gouvernementales).
# La "Stratégie de répartition"
Un élément clef du Plan stratégique de l'IVE est la "stratégie de répartition" qui regroupe les pays en développement selon leur progrès économique et leur taille. Elle implique de cibler les pays qui, à court terme, auront toujours besoin d'une aide externe pour acheter et délivrer les vaccins. Cette répartition identifie également d'autres pays en développement, plus riches, qui devraient être autonomes. Il est probable que les sociétés produisant les vaccins adopteront une stratégie en matière de prix qui les rendra abordables pour les pays les plus démunis.
L'investissement mondial dans la recherche fondamentale, commencé il y a environ 50 ans, a désormais des retombées importantes en matière de disponibilité des nouveaux vaccins, ce qui est le principal changement pour transformer la lutte contre les maladies infectieuses. On s'attend à ce que le rythme de ces innovations s'accélère au cours du siècle prochain. En outre, l'augmentation des pharmacorésistances devient un problème majeur que les vaccins permettraient d'éviter.
"Nous devons tenir compte des progrès réalisés à ce jour et les appliquer à une série de buts spécifiques pour la prévention des maladies infectieuses, ce que l'on réalisera au mieux par une action coordonnée et concertée au niveau des différents segments du développement des vaccins et des infrastructures de délivrance", affirme M. LaMontagne.
# La lutte contre les maladies
Pour la lutte contre les maladies, le Plan stratégique recommande les objectifs suivants :
- Lutte mondiale efficace contre la rougeole, HBV, Hib et la rubéole en la mettant en uvre à grande échelle dans toutes les régions, au plus tard en 2005 ;
- Accélération du développement et de l'introduction des vaccins prioritaires nouveaux et améliorés qui diminueront le nombre des décès dus aux maladies infectieuses et accroîtront le nombre des maladies évitables par la vaccination ;
- Développement de vaccins et de techniques qui simplifient les programmes de vaccination en permettant l'administration par voie orale, ou par les muqueuses, ou en réduisant le nombre d'injections.
Pour de plus amples informations, veuillez prendre contact avec l'Initiative pour les Vaccins de l'Enfance, M233, 20 avenue Appia, CH-1211 Genève 27, Suisse, tél. : +41 22 791 4799 ; télécopie : +41 22 791 4888 ; courrier électronique : cvi@who.ch
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