Press Release
Communiqué OMS/6

16 janvier 1998

 

LA CENT UNIEME SESSION DU CONSEIL EXECUTIF DE L'OMS COMMENCE SES TRAVAUX LUNDI

La cent unième session du Conseil exécutif de l'Organisation mondiale de la Santé commence ses travaux le lundi 19 janvier 1998 sous la présidence du Professeur Abdelhamid Aberkane (Algérie).

Le Conseil exécutif comprend 32 membres* originaires des pays suivants : Algérie, Allemagne, Angola, Argentine, Australie, Bahreïn, Barbade, Bénin, Bhoutan, Botswana, Brésil, Burkina Faso, Burundi, Canada, Chypre, Croatie, Egypte, Emirats arabes unis, Honduras, Iles Cook, Indonésie, Irlande, Japon, Norvège, Oman, Pays-Bas, Pérou, Pologne, République de Corée, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Sri Lanka et Zimbabwe.

Le Conseil aura un ordre du jour chargé au cours des deux prochaines semaines, les points les plus importants étant l'examen de la politique de la santé pour tous pour le XXIe siècle, les réformes à l'OMS et la proposition d'un nouveau Directeur général de l'OMS. Le nom de la personne proposée pour le poste de Directeur général, après un vote en séance privée, devrait être annoncé le mardi 27 janvier. La proposition du Conseil exécutif sera ensuite examinée par l'Assemblée mondiale de la Santé en mai 1998.

La nouvelle politique de la santé pour tous pour le XXIe siècle, sur la base de ce qui a déjà été réalisé, oriente l'action et la politique pour la santé à tous les niveaux et définit les priorités et les cibles mondiaux. Avant tout, cette politique tient compte des changements spectaculaires que le monde a connus au cours des vingt dernières années. Elle est le fruit de consultations approfondies avec les Etats Membres de l'OMS et à l'intérieur même des Etats  un processus indispensable à l'engagement en faveur de la politique. Si les progrès en matière de santé ont été considérables au cours des dernières décennies (l'espérance de vie à la naissance est passée de 46 ans dans les années 50 à 65 ans en 1995 et la lutte contre les maladies a permis de réduire sensiblement la mortalité de l'enfant), certains écarts en matière de santé entre les pays et à l'intérieur même des pays se sont accrus. Les tendances concernant l'incidence de certaines maladies sont inquiétantes. Toute une série de problèmes environnementaux et sociaux viennent aggraver les problèmes de santé. La pauvreté reste une cause majeure de sous-nutrition et de morbidité. Elle contribue à la propagation des maladies, affaiblit l'efficacité des services de santé et entrave le ralentissement de la croissance démographique.

Parmi les autres points que le Conseil devra examiner figurent les suivants :

 

Maladies émergentes et autres maladies transmissibles : résistance aux antimicrobiens

Sur la question des maladies émergentes et des autres maladies transmissibles, le Conseil examinera le problème mondial de la résistance aux antimicrobiens qui est en train de devenir rapidement un sujet de préoccupation majeur pour la santé publique. L'utilisation toujours croissante des antimicrobiens chez l'homme, chez l'animal et dans l'agriculture a permis un renforcement sans précédent de la résistance des micro-organismes. Les antimicrobiens sont utilisés pour combattre des affections réelles ou redoutées chez l'homme, mais pas uniquement chez l'homme : plus de la moitié des antimicrobiens dans certains pays sont employés dans l'élevage et la pisciculture et dans d'autres aspects de l'agriculture, ce qui ne fait qu'accroître la probabilité de voir apparaître une résistance. Les bactéries propagent très efficacement la résistance. Dans certains pays, des antibiotiques de mauvaise qualité (mauvaise formulation, mauvaise fabrication, ou dont les dates de péremption ont été dépassées) sont encore vendus et utilisés comme médicaments. Il arrive que des médecins, sous la pression de leurs malades, prescrivent des antimicrobiens en l'absence d'indications appropriées. Par ailleurs, les malades n'observent pas bien les ordonnances et oublient leur traitement ou l'interrompent prématurément, créant ainsi pour les microbes un environnement idéal dans lequel s'adapter et survivre.

 

Lutte contre les maladies non transmissibles

Le Conseil doit aborder le problème mondial des maladies non transmissibles qui sont à l'origine de près de la moitié du nombre estimé des décès en 1996 - 52 millions. Les maladies non transmissibles ne sont pas seulement un problème de nantis, puisqu'elles provoquent 40 % des décès dans les pays en développement. Beaucoup de ces pays sont confrontés à la "transition épidémiologique", c'est-à-dire aussi bien aux maladies infectieuses qu'aux maladies non transmissibles. On dénombre par exemple dans ces pays environ les deux tiers des décès dus aux maladies cardio-vasculaires (64 %), aux cancers (60 %) et aux pneumopathies obstructives chroniques (66 %). De nombreuses études effectuées ces quarante dernières années dans différentes parties du monde ont clairement fait ressortir les facteurs de risques multiples de l'apparition des principales maladies non transmissibles et établi le lien avec des modes de vie malsains et un environnement pollué.

 

Stratégie d'assainissement pour les communautés à haut risque

Parmi les questions concernant l'environnement, le Conseil examinera une nouvelle stratégie d'assainissement pour les communautés à haut risque. L'assainissement est universellement accepté comme indispensable à la santé, mais, près des deux tiers de la population des pays en développement ne disposent pas de moyens satisfaisants d'élimination des excréta, et le nombre des personnes mal desservies augmente. L'accroissement rapide de la population, l'urbanisation et l'entassement, en l'absence de services d'assainissement, se traduisent par des environnements de plus en plus pollués et un risque accru d'épidémies : il suffit de songer aux récentes épidémies de choléra et de peste survenues ces dernières années. Des services d'assainissement adéquats, de même qu'un approvisionnement suffisant en eau saine, une bonne hygiène personnelle et des aliments non contaminés permettront de faire disparaître presque complètement ce risque.

 

Changement climatique et santé – participation de l'OMS au programme d'action interinstitutions sur le climat

Un autre point relatif à l'environnement qui est inscrit à l'ordre du jour concerne le changement climatique et la santé. Les variations climatiques accrues entraîneront une surcharge pour les programmes de santé publique dans la plupart des pays. Les maladies infectieuses et transmises par des vecteurs risquent de s'étendre à de nouvelles zones géographiques. Une réduction des émissions de gaz à effet de serre entraînera des avantages immédiats pour la santé publique du fait de la réduction des niveaux de pollution atmosphérique due à l'utilisation des combustibles fossiles. L'OMS doit contribuer au programme d'action pour le climat, adopté par le programme climatologique mondial en 1996. Le programme d'action pour le climat répond à la nécessité de coordonner les programmes techniques et scientifiques afin d'aider les pays à mieux faire face aux problèmes liés au climat qui touchent la santé, l'environnement et le développement.

 

Maladies tropicales

Le Conseil examinera les progrès accomplis en vue d'éliminer deux maladies tropicales majeures, à savoir la lèpre et la maladie de Chagas. Depuis 1991, l'année où l'Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution concernant l'élimination mondiale de la lèpre en l'an 2000, d'importants progrès ont été accomplis dans le monde entier et le nombre des cas déclarés a diminué de 76 %. Le nombre des pays d'endémie est passé de 122 en 1985 à 55 en 1997. Entre 1995 et 1997, l'OMS a obtenu et fourni des médicaments destinés à la polychimiothérapie qui ont permis de soigner plus de 2,3 millions de malades dans 52 pays d'endémie.

Dans le monde, la maladie de Chagas est la troisième maladie tropicale après le paludisme et la schistosomiase. Elle est provoquée par un parasite, Trypanosoma cruzi, transmis à l'homme par des insectes. La maladie, qui sévit du Mexique au sud de l'Argentine, touche 16 à 18 millions de personnes, mais c'est le quart de la population de l'Amérique latine - 100 millions de personnes environ - qui est exposé au risque de la maladie. Les pertes économiques pour le continent consécutives aux décès prématurés et aux incapacités atteignent quelque US $8,2 milliards chaque année. Les pays d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud collaborent pour éliminer la transmission de la maladie de Chagas d'ici la fin de l'an 2010.

Parmi les autres points également inscrits à l'ordre du jour du Conseil, on peut mentionner la nutrition du nourrisson et du jeune enfant, la tuberculose, la prévention de la violence et la coopération avec les organisations non gouvernementales.


 * Les membres du Conseil sont désignés par leur propre pays pour un mandat de trois ans, à titre personnel. Le Conseil est renouvelé par tiers chaque année.


Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent contacter M. Valery Abramov, Communication pour la santé et Relations publiques, OMS, Genève. Tél. (41 22) 791 2543, télécopie (4122) 791 4858. E-mail abramov@who.ch

Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS: http://www.who.ch//


       © WHO/OMS, 1998  |   Concept