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Communiqué OMS/10 19 janvier 1998
OUVRANT LA 101EME SESSION DU CONSEIL EXECUTIF DE L'OMS, LE DR NAKAJIMA SOULIGNE "L'IMMENSITE DE LA TACHE QUI RESTE A ACCOMPLIR"
Lors de l'ouverture de la 101ème session du Conseil Exécutif de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Hiroshi Nakajima, Directeur général de l'OMS a rappelé dans son allocution que 1998 est une année particulière pour l'Organisation. " L 'OMS a cinquante ans cette année. Alors que nous célébrons ce 50ème anniversaire, nous pouvons tirer une fierté légitime des nombreux acquis qu'ensemble nous avons obtenus pour la santé de tous les peuples du monde. En même temps, pleinement conscients de nos responsabilités vis-à-vis des générations présentes et futures, nous devons évaluer les nouveaux défis pour la santé dans le monde, nous assurer que nos politiques et nos structures sont bien adaptées et quelles permettront de répondre aux attentes des populations que nous servons. "
Il a souligné que durant ses cinquante années d'existence, l'Organisation a affronté des problèmes qui restent d'importants domaines de préoccupation pour l'Organisation et ses 191 Etats Membres. La vaccination, les maladies infectieuses et parasitaires, la malnutrition, l'hygiène et l'assainissement, les infrastructures sanitaires de base, l'éducation et la formation des personnels de santé, ainsi que le développement ou la reconstruction des services de santé, restent les principales priorités de l'OMS. "Mais l'ampleur des défis auxquels nous devons faire face, de même que nos approches, ont considérablement changé," ont déclaré le Dr Nakajima.
Les programmes de vaccination ont connu des changements spectaculaires au cours des cinquante dernières années. En 1974 encore, la couverture mondiale contre les maladies de l'enfance était d'à peine 5%. Vingt ans plus tard, elle a atteint 80%. Entre-temps, le monde a été le témoin de la plus grande victoire jamais obtenue dans le domaine de la santé publique, avec l'éradication de la variole, proclamée en 1980. Actuellement, l'OMS mène la lutte mondiale contre la poliomyélite et est en passe de débarrasser le monde de cette maladie invalidante d'ici l'an 2000. La rougeole et le tétanos du nouveau-né sont les prochains candidats à l'élimination. L'Initiative des vaccins de l'Enfance met l'accent sur la mise au point de vaccins polyvalents à la fois plus faciles à utiliser et d'un coût abordable".
Un certain nombre de maladies tropicales battent en retraite. Entre 1985 et 1996, la prévalence mondiale de la lèpre a été réduite de 82%. L'incidence mondiale de la dracunculose qui se comptait en millions de cas est tombée à 130 000 cas seulement. L'onchocercose a été éliminée dans 11 pays d'Afrique occidentale et 1,5 million de personnes précédemment infestées ne risquent plus la cécité. Lancée en 1991, l'élimination de la transmission de la maladie de Chagas progresse de façon remarquable en Amérique latine.
Evoquant la situation actuelle sur le front des maladies infectieuses, le Dr Nakajima a souligné: "Il y a 50 ans il semblait aller de soi que science et technologie étaient synonymes de progrès et que le progrès était irréversible. Aujourd'hui, de telles certitudes ne sont plus possibles face à l'émergence de nouveaux agents infectieux, de nouveaux risques environnementaux pour la santé et de résistances aux médicaments. Nous assistons à des flambées de maladies telles que la peste, le choléra, la dysenterie, les infections à E. coli 0-157, les fièvres hémorragiques virales du type dengue, ebola, Hanta, fièvre jaune, vallée du Rift, les méningites bactérienne et virale, les encéphalopathies spongiformes transmissibles et, plus récemment, la grippe de type aviaire A(H5N1) chez l'être humain.
Les maladies non transmissibles telles que le cancer, les maladies cardiovasculaires, le diabète et les troubles mentaux augmentent partout et sont une cause majeure de souffrance et d'incapacité. Parmi les nombreux facteurs qui influencent l'apparition de ces maladies, le Dr Nakajima a mis en évidence le style de vie, les risques liés à l'environnement, la prédisposition génétique et le vieillissement général de la population mondiale. "Quantités de données épidémiologiques sur ces maladies ont été obtenues dans le monde grâce aux recherches coordonnées par l'OMS," a-t-il précisé. "Il existe des interventions et des stratégies d'un bon rapport coût-efficacité. Notre réussite dépendra de plus en plus de notre aptitude à convaincre le public de la nécessité d'adopter des modes de vie favorables à la santé".
Bien que l'OMS se soit intéressée dès le début aux questions liées à l'environnement, que l'on appelait alors l'hygiène du milieu, ce n'est qu'au cours de ces vingt dernières années que la salubrité de l'environnement s'est affirmée en tête des préoccupations avec des problèmes tels que "la pollution de l'air et de l'eau, le développement urbain et industriel, les risques professionnels, les changements climatiques, la sécurité chimique et la salubrité des aliments, qui sont l'objet de discussions passionnées dans le public et au niveau des gouvernements."
Envisageant le développement futur des services de santé, le Dr Nakajima a déclaré que s'ils "continueront d'exercer des activités de prévention et de lutte selon les méthodes classiques, ils devront aussi mettre en oeuvre les applications à la santé publique des connaissances et des technologies nouvelles, telles que la génétique, la biologie moléculaire, l'immunologie et l'imagerie diagnostique." "La science et la pratique médicales connaissent une évolution accélérée dans des domaines tels que les greffes d'organes, le génie génétique et la recherche éthique, qui ont des incidences éthiques et sociales majeures pour l'humanité. L'OMS offre un lieu de réflexion et de débats pour construire un consensus international pour toutes ces questions cruciales," a ajouté le Directeur général.
Se référant au processus de réforme de l'OMS, le Dr Nakajima a parlé de continuer à "privilégier une plus grande transparence et une efficacité accrue" de l'Organisation. "Les principaux éléments de la réforme que le Conseil examinera pendant cette session ont trait à l'examen de la Constitution et aux arrangements régionaux de l'Organisation mondiale de la Santé, ainsi qu'aux mécanismes révisés proposés pour la représentation et la coopération de l'OMS dans les pays."
Evaluant les cinquante premières années de l'OMS, le Dr Nakajima a déclaré qu'en tant qu'élément vital du système des Nations Unies "l'OMS a fait un travail considérable pour la santé et la paix dans le monde." Il a toutefois averti de "l'immensité de la tâche qu'il nous reste à accomplir," avant d'ajouter "cela doit nous inciter à agir avec une détermination renouvelée, à mobiliser nos ressources et notre énergie pour servir notre but commun qui est de rendre la santé accessible à tous."
Informations connexes:
La Cent unième Session du Conseil exécutif Commence ses Travaux Lundi (16 janvier, 1998)
Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent contacter M. Valery Abramov, Communication pour la santé et Relations publiques, OMS, Genève. Tel (41 22) 791 2543, télécopie (41 22) 4858. E-mail abramovv@who.ch
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