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28 janvier 1998
LA FIÈVRE DE LA VALLÉE DU RIFT EST LARGEMENT RÉPANDUE AU KENYA ET EN SOMALIE VOISINE
La fièvre de la vallée du Rift est largement répandue dans tout le Kenya et la Somalie voisine, surtout chez les animaux mais aussi chez l'homme. C'est ce qu'affirment des responsables de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) enquêtant sur la flambée épidémique dans les deux pays. Les décès sont estimés désormais entre 350 et 400, mais d'autres agents infectieux semblent être impliqués dans la plupart de ces décès. Ces décès se concentrent dans la province du Nord-Est du Kenya. Après un examen plus précis des chiffres concernant le sud de la Somalie, il semble que 80 morts puissent être attribuées à la fièvre hémorragique.
La fièvre de la vallée du Rift est largement répandue dans tout le Kenya et dans le sud de la Somalie, une répartition à laquelle on s'attendait car les oeufs infectés pas le virus, et pondus par les moustiques à l'occasion des inondations, éclosent dans de nombreux sites d'endémie. Après les fortes pluies de novembre, décembre et janvier en Afrique orientale, on peut s'attendre à voir réapparaître cette maladie dans les régions où il y a eu des cas les années précédentes. Les responsables de la santé humaine et vétérinaire dans les pays voisins touchés par les fortes pluies ont été alertés afin de redoubler de vigilance pour les notifications.
Un groupe spécial a été créé ; il se compose de représentants des ministères kenyans de la santé et de l'agriculture, ainsi que de représentants des organisations internationales ou non gouvernementales impliquées dans la lutte contre cette flambée. L'OMS, qui assure le secrétariat de ce groupe spécial, a instauré un système de surveillance pour les fièvres hémorragiques au Kenya et en Somalie. Des échantillons sont prélevés aussi bien chez l'homme que chez l'animal, puis envoyés à Nairobi pour analyse, à l'African Medical Research Foundation (AMREF) et au Kenya Medical Research Institute (KEMRI).
Des représentants des ministères kenyans de la santé et de l'agriculture, du siège de l'OMS à Genève, du bureau régional de l'OMS pour l'Afrique à Harare, des bureaux nationaux de l'OMS pour le Kenya et la Somalie, de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), du Programme alimentaire mondial, de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de Médecins sans Frontières et un coordonnateur des organisations non gouvernementales en Somalie ont participé aux réunions du groupe de coordination au sein du groupe spécial. Les membres de l'équipe ont présenté des rapports, notamment les responsables du ministère de la santé qui se sont rendus récemment dans les régions touchées, dont Garissa dans la province du Nord-Est. Les décès se sont produits en très grande majorité dans cette province éloignée, ainsi qu'en Somalie du sud.
En outre, le secrétariat reçoit régulièrement des rapports sur les cas suspects et inscrit ces informations dans une liste des rumeurs dont on se sert ensuite pour les enquêtes. Des équipes d'intervention, comprenant du personnel médical et vétérinaire, ont été organisées et se rendent sur les sites où des cas ont été signalés.
L'analyse épidémiologique des informations disponibles indique que, tandis que la fièvre de la vallée du Rift survient chez les habitants de ces régions et pourrait être responsable de quelques cas de fièvre hémorragique, elle n'est pas la seule à l'origine de la pathologie observée au cours de cette flambée. Le groupe de coordination reconnaît le besoin d'études complètes et bien élaborées et il va immédiatement demander aux institutions internationales l'assistance technique et le matériel nécessaires.
La rapidité de l'enquête sur les cas évolutifs est indispensable pour déterminer les autres causes de la maladie de cette flambée. L'accès insuffisant aux régions éloignées ou inondées par manque de transports aériens est le seul facteur important ayant entravé les investigations. Un appel est lancé aux autres organismes pour obtenir des hélicoptères.
Les recommandations pour la prévention de la fièvre de la vallée du Rift sont toujours en vigueur : elles consistent à éviter les piqûres d'insectes et le contact avec le cheptel malade. L'OMS ne recommande pas aux voyageurs de renoncer à se rendre au Kenya mais de se rappeler que la fièvre de la vallée du Rift est transmise par les moustiques. S'ils doivent aller dans des régions proches de celles où des flambées ont été signalées, il leur faut prendre des mesures de protection efficaces contre les insectes : porter des chemises à manches longues, des pantalons et utiliser des répulsifs et des moustiquaires. Les soins aux malades qui saignent doivent être effectués en prenant des précautions suffisantes. Des recommandations plus détaillées seront publiées lorsque seront connues les causes des autres maladies impliquées dans l'épidémie.
Informations connexes:La Poussée de Fièvre de la Vallée du Rift s'étend au Kenya 16 janvier, 1998)
Kenya: Virus de la Vallée du Rift détecté (6 janvier, 1998)
Epidémie au Kenya: L'OMS ne Recommende pas de Restreindre les Voyages (30 décembre, 1997)
Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à l'OMS à Genève, à Gregory Hartl, Communication pour la Santé et Relations publiques, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 4458. Télécopie : (41 22) 4858. E-ami hartlg@who.ch
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