Press Release

 

 

Communiqué OMS/20

30 janvier 1998

 

APPEL DU CONSEIL EXÉCUTIF EN FAVEUR D' UN RENFORCEMENT DE LA LUTTE CONTRE LA RÉSISTANCE AUX ANTIMICROBIENS

 

La résistance aux antimicrobiens - c'est-à-dire la résistance des agents pathogènes à l'antibiothérapie  - a considérablement augmenté ces dernières années. La résistance accrue à ces médicaments de dernier recours devient rapidement un sujet de préoccupation majeure pour la santé publique.

De plus, la résistance est un problème mondial qui touche aussi bien les pays développés que les pays en développement et le phénomène se propage à la faveur des voyages internationaux. Le traitement des infections résistantes est de plus en plus difficile à cause du coût exorbitant des nouvelles générations des antimicrobiens « de nouvelle génération » ou d'une absence totale d'antimicrobiens efficaces.

Conscient de ce problème, le Conseil exécutif de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à sa cent unième session, a instamment demandé aux Etats Membres et à l'OMS de renforcer les efforts de lutte contre la résistance croissante aux antimicrobiens.

Le Conseil exécutif a prié le Directeur général : d'accroître le soutien aux pays dans leurs efforts de lutte contre la résistance aux antimicrobiens; d'aider à l'élaboration de politiques nationales viables concernant l'usage rationnel des antimicrobiens; de mettre en place des systèmes d'information pour rassembler et échanger les données concernant l'usage des antimicrobiens et la résistance de certains agents pathogènes ; et d'encourager les efforts de recherche et de mise au point de nouveaux antimicrobiens.

Le Conseil exécutif a également instamment prié les Etats Membres : d'encourager la mise en place de systèmes de surveillance pour dépister les agents pathogènes résistant aux antimicrobiens; d'élaborer des programmes éducatifs sur l'usage approprié des antimicrobiens; d'améliorer les pratiques suivies dans ce domaine afin d'éviter la propagation des infections et donc celle des germes pathogènes résistants; de renforcer la législation pour lutter contre la fabrication, la vente et la distribution d'antimicrobiens de contrefaçon; et de prendre des mesures pour contrôler la délivrance d'antimicrobiens et de leur utilisation tant dans la production alimentaire que dans l'élevage.

Parmi les infections les plus touchées par la résistance aux antimicrobiens figurent les infections respiratoires aiguës (IRA), la méningite bactérienne, la diarrhée et la dysenterie bactérienne, les gonococcies, les infections nosocomiales, la tuberculose, le paludisme, les helminthiases intestinales et le VIH.

La prévalence du phénomène varie beaucoup entre les pays et à l'intérieur des pays, de même que d'un agent pathogène à l'autre. Pour les IRA et la méningite bactérienne par exemple, on observe une résistance de Streptococcus pneumoniae à la pénicilline dans 12 à 55% des cas; pour la dysenterie bactérienne, une résistance de shigella à l'ampicilline est constatée dans 10 à 90 % des cas et au cotrimoxazole dans 5 à 95 % des cas; en ce qui concerne les gonococcies, Neisseria gonorrhoeae résiste à la pénicilline dans 5 à 98% des cas; quant aux infections nosocomiales, le staphylocoque doré (multirésistant) résiste à la méticilline dans plus de 30% des cas; enfin on observe une pharmacorésistance primaire dans 2 à 40% des cas de tuberculose.

Aujourd'hui, fort peu de pays ont un dispositif national efficace pour surveiller la résistance. Un grand nombre de projets de surveillance existent, mais la qualité des données obtenues varie; il n'existe aucune coordination entre les projets (même à l'échelon national) et les données obtenues aboutissent rarement à des mesures pratiques qui influencent la politique d'emploi des antibiotiques. Or, pour que le malade reçoive un traitement optimal contre l'infection, il faut que le médecin dispose d'informations à jour sur la prévalence de la résistance.


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