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Communiqué OMS/26
19 février 1998
L'OMS N'A PAS CEDE A DES PRESSIONS POLITIQUES LORS DE LA PUBLICATION D'UN RAPPORT SUR LE CANNABIS
Contrairement à ce que prétend l'hebdomadaire New Scientist dans son dernier numéro, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) n'a pas cédé à des pressions politiques visant à exclure d'un récent rapport une analyse indiquant que le cannabis serait moins dangereux que l'alcool ou le tabac.
Ce document, intitulé "Cannabis: A health perspective and research agenda" a été publié à la suite de la réunion d'un groupe d'experts sur les effets de l'utilisation du cannabis sur la santé, qui s'est tenue à Genève en 1995.
Les informations contenues dans le rapport final résument et reflètent les aspects des documents de travail qui ont été considérés comme scientifiquement fondés. La section 13 évoque l'analyse des possibilités de comparer des drogues licites telles que l'alcool et le tabac avec le cannabis. Cependant un consensus s'est manifesté pour considérer qu'en raison du manque d'études épidémiologiques fiables, de telles comparaisons relevaient davantage de la spéculation que de la science.
Il n'y a donc eu aucune tentative de dissimuler la moindre information, car la décision de ne pas inclure une telle comparaison dans le rapport final n'a reposé que sur un jugement purement scientifique et n'a rien eu à voir avec des pressions politiques.
L'OMS est préoccupée par les conséquences négatives pour la santé de toutes les substances psycho-actives, indépendamment de leur statut légal. On sait qu'il y a dans le monde 1,1 milliard de fumeurs de tabac et que 3,5 millions en meurent chaque année. On sait également que l'alcool fait au moins 750 000 morts par an et cause des dommages énormes à la société. En ce qui concerne le cannabis, de telles estimations globales ne sont pas possibles en raison du manque d'informations fiables. Il est évident toutefois que l'utilisation du cannabis provoque un certain nombre de problèmes de santé et qu'une augmentation de son utilisation ne ferait qu'aggraver la situation.
Le document de travail intitulé « A Comparative Appraisal of the Health and Psychological Consequences of Alcool, Cannabis, Nicotine and Opiates Use », dont les conclusions n'ont pas été retenues dans le rapport final, contenait des contradictions et des conclusions ne reposant sur aucune base scientifique. On y lit par exemple : « .Nous n'avons pas tenté d'évaluer ce que serait les risques du cannabis pour la santé si la prévalence de son utilisation était proche de celles de l'alcool et du tabac. Tout ce que l'on peut dire de manière relativement sûre est que si la prévalence de l'utilisation de cannabis augmente pour atteindre les niveaux du tabagisme et de la consommation d'alcool son impact sur la santé publique augmentera. Il est impossible de dire avec précision dans quelle mesure. »
Or les auteurs terminent leur article en disant : « Il y a de bonnes raisons d'affirmer que (le cannabis) n'est pas susceptible de rivaliser sérieusement avec l'alcool et le tabac en termes de risque pour la santé publique, même si les consommateurs de cannabis devenaient aussi nombreux que ceux qui boivent de l'alcool ou fument du tabac. »
Tant le document de travail que le rapport lui-même sont disponibles sur demande à la Division de la Santé mentale et de la Prévention des Toxicomanies à l'OMS, Genève, téléphone (41 22) 791 4791.
Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Philippe Stroot, Cordonnateur des Relations avec les Médias, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 25 35. Télécopie : (41 22) 791 48 58. Email strootp@who.int
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