Press Release
 

 

Communiqué OMS/28

4 mars 1998

 

109 PAYS SONT DESORMAIS

EXEMPTS DE DRACUNCULOSE

 

Lors de sa troisième réunion, qui a eu lieu récemment, la Commission internationale pour la Certification de l'Eradication de la Dracunculose a accordé la certification à 88 autres pays. Cela porte à 109 le nombre de pays, territoires ou zones certifiés exempts de transmission.

Réunie au Siège de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la CICED a estimé que dans des pays comme l'Egypte, où la dracunculose - une filariose appelée aussi dracontiase - avait été endémique par le passé, la transmission était désormais inexistante.

Les efforts déployés avec persévérance pour éradiquer la maladie ont permis de restreindre la transmission à 17 pays* , dont 16 en Afrique subsaharienne. Hors d'Afrique, le Yémen est le dernier pays où des cas aient encore été signalés en 1997. En Inde, l'endémie a perduré jusqu'à l'interruption de la transmission en août 1996 et depuis lors, aucun cas n'a plus été notifié. Pour le moment, le Kenya ne notifie que des cas importés, mais le risque de transmission locale demeure.

La maladie est due à une infestation par un ver parasite, Dracunculus medinensis, appelé aussi ver de Guinée ou filaire de Médine. Ce ver rond est le plus gros des parasites susceptibles d'infester les tissus humains. Au stade adulte, la femelle, qui porte de 1 à 3 millions d'embryons, peut mesurer jusqu'à 1 mètre de long et 2 mm de diamètre. La migration du parasite à travers les tissus de son hôte peut être à l'origine de douleurs intenses, notamment à proximité des articulations. La sortie du ver (dans 90 % des cas au niveau du pied) est marquée par la formation d'une lésion douloureuse, puis d'une phlyctène qui finit par s'ulcérer. Lorsque le ver perfore la peau, la douleur est intolérable et s'accompagne de fièvre, de nausées et de vomissements. Une invalidité partielle ou totale peut durer quelques semaines, dans des cas isolés, à plusieurs mois le plus souvent :

La maladie est transmise par contact avec de l'eau contaminée et comme 90% des personnes qui vivent dans les zones de cuvettes au sud du Sahara n'ont pour l'instant rien d'autre à boire qu'une eau rare et malsaine, elles s'exposent de ce fait à de graves affections, dont la dracunculose.

L'eau est rare dans les pays d'endémie; le seul point d'eau utilisable pour les besoins domestiques de toute une communauté se réduit souvent à une mare stagnante. Lorsqu'une personne est infestée, elle peut soulager la terrible sensation de brûlure causée par la sortie du ver en pénétrant dans le point d'eau. En même temps qu'elle apaise la douleur, l'eau fraîche provoque la contraction du ver femelle à la base de l'ulcération, entraînant l'expulsion de centaines de milliers d'embryons qui vont être ingérés par un minuscule crustacé, le cyclope.s'étant lui-même infecté, le crustacé joue alors le rôle d'hôte intermédiaire que l'Homme absorbe en buvant l'eau contaminée, perpétuant le cycle de la maladie.

Les éléments principaux de la stratégie adoptée par l'OMS pour éradiquer la dracunculose comprennent notamment : des systèmes de surveillance intégrée à base communautaire ; des mesures intensifiées d'isolement des cas ; le traitement des réseaux d'adduction d'eau (avec en particulier la filtration et le traitement de l'eau par des produits chimiques) et l'éducation sanitaire.

Selon le Dr Kazem Behbehani, Directeur de la Division Lutte contre les Maladies tropicales à l'OMS (CTD), "le ver de Guinée provoque des souffrances et des infirmités terribles dans les populations les plus défavorisées du monde. La maladie réapparaît chaque année au moment de la saison agricole. Elle frappe sans distinction enfants, femmes et hommes, handicappant les cultivateurs, empêchant les mères de famille de vaquer à leurs tâches quotidiennes et perturbant la scolarisation des enfants, mais il est possible de l'empêcher de devenir un fléau ".


Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Gregory Hartl, Communication pour la Santé et Relations publiques, OMS à Genève,. Téléphone : (41 22) 791 4458. Télécopie : (41 22) 791 4858. E-mail hartlg@who.ch

Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil http://www.who.ch/


       © WHO/OMS, 1998  |   Concept