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Communiqué OMS/33 6 avril 1998
LA JOURNÉE MONDIALE DE LA SANTÉ SOULIGNE LE SCANDALE
DES 600 000 DÉCÈS MATERNELS ANNUELS
Il y a 50 ans jour pour jour que la Constitution de l'Organisation mondiale de la Santé est entrée en vigueur. En s'engageant à améliorer la santé de tous les peuples, les Etats Membres fondateurs ont aussi affirmé la nécessité de vouer une attention particulière à la santé de la femme et de l'enfant, et spécialement à celle de la mère. Il est donc très judicieux d'avoir retenu cette année la maternité sans risque comme thème de la Journée mondiale de la Santé.
La grossesse et l'accouchement sont des événements marquants de la vie d'une femme et dans celle d'une famille. Source fréquente d'espoir et de joie, l'attente d'un enfant peut aussi être à l'origine de craintes, de souffrances et même de mort. Tous les jours, 1600 femmes au minimum meurent de complications de la grossesse et de l'accouchement. Le bilan annuel est d'au moins 585 000 décès maternels.
En outre, plus de 50 millions d'autres femmes connaissent au cours de la grossesse ou lors de l'accouchement des complications souvent à l'origine de problèmes de santé débilitants à long terme.
Si elle n'est pas une maladie, la grossesse n'en comporte pas moins des risques pour la santé et la survie de la femme en plus des risques pour l'enfant auquel elle donne naissance. Ces risques existent dans le monde entier. Dans les pays développés, ils n'entraînent que très rarement la mort ou une incapacité car chaque femme enceinte a accès à des soins spéciaux pendant la grossesse et lors de l'accouchement. Ce n'est pas le cas toutefois dans beaucoup de pays en développement où chaque grossesse reste le point de départ d'un voyage vers l'inconnu dont de nombreuses femmes ne reviennent jamais.
"Cela ne peut plus durer", déclare le Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé, le Dr Hiroshi Nakajima. "Nous savons ce qu'il faut faire pour arriver à la maternité sans risque et les ressources nécessaires peuvent être obtenues. Les femmes enceintes ont besoin de soins particuliers qui ne sont ni très perfectionnés, ni très coûteux. Un investissement d'à peine US $3 par personne permettrait d'éviter la plupart de ces décès et incapacités aussi bien de la mère que du nouveau-né. La femme a besoin de soins particulièrement au moment critique de la naissance pour que l'accouchement soit un événement sans danger et source de joie."
Le scandale des décès maternels n'est pas seulement une question de santé mais aussi de justice sociale. Les risques que courent les femmes en mettant au monde un enfant ne relèvent pas de la simple malchance ou de désavantages naturels évitables mais plutôt d'injustices auxquelles les sociétés se doivent de mettre fin par le système politique, sanitaire et juridique.
"La Journée mondiale de la Santé 1998 s'est fixé pour but d'encourager les pays à examiner de près" la place des femmes dans la société, notamment en ce qui concerne l'accès aux ressources, à l'éducation et aux soins de santé lorsqu'elles en ont le plus besoin. Il faut absolument associer au mouvement les familles, les communautés et les sociétés dans leur ensemble, et aussi bien le secteur public que le secteur privé", ajoute le Dr Nakajima.
Les communautés du monde entier s'associent pour commémorer la Journée mondiale de la Santé en organisant toute une série de manifestations. Beaucoup mettent l'accent sur le rôle de la famille pour contribuer à la maternité sans risque. Toutes soulignent qu'un engagement national énergique est une condition préalable du succès.
L'Asie et l'Afrique subsaharienne les plus touchées
Près de 90% des décès pendant la grossesse et l'accouchement surviennent en Asie et en Afrique subsaharienne, 10 % environ dans les pays en développement d'autres régions et moins de 1 % dans les pays développés. Dans beaucoup de pays en développement, une proportion des décès de femmes en âge de procréer située entre un quart et un tiers résulte de complications de la grossesse ou de l'accouchement.
De toutes les statistiques sanitaires suivies par l'Organisation mondiale de la Santé, celles de la mortalité maternelle offrent les écarts les plus importants entre pays développés et en développement. Ainsi, la mortalité maternelle est environ 18 fois plus importante dans les pays en développement que dans les pays développés alors que pour la mortalité infantile la variation est du simple au septuple.
Morbidité
Pour chaque femme qui meurt, beaucoup d'autres souffrent de problèmes de santé débilitants à plus long terme à la suite de complications de la grossesse ou de l'accouchement - prolapsus utérin, fistule, incontinence, rapports sexuels douloureux et stérilité notamment. Jusqu'à 300 millions de femmes sont actuellement concernées par ces problèmes.
Jusqu'à 80 000 femmes par an sont victimes d'une fistule & c'est-à-dire une perforation de la filière génitale qui permet le passage d'urine ou de matières fécales de la vessie ou du rectum, provoquant une incontinence permanente. Entre 500 000 et 1 million de femmes vivent actuellement avec une fistule sans avoir accès à un traitement médical approprié. Une grande partie de ces femmes rejetées par leur époux et leur famille et chassées de chez elles deviennent des exclues.
La dystocie, une des complications les plus fréquentes, peut entraîner des lésions nerveuses permanentes et une atteinte musculaire des pieds et des jambes; dans les cas les plus graves, elle conduit à une infirmité.
Faits et chiffres supplémentaires
On compte dans le monde 430 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes - 480 dans les pays en développement mais 27 seulement dans les pays développés. En Afrique, une femme sur 16 décéde de causes liées à la grossesse contre 1 sur 65 en Asie, 1 sur 130 en Amérique latine et 1 sur 1800 dans l'ensemble des pays développés.
Outre les décès maternels, la majorité des mortinaissances 1) et décès de nouveau-nés pourraient être évités par une amélioration de la santé maternelle, une nutrition adéquate et des soins judicieux pendant la grossesse et l'accouchement. Chaque année, on compte près de 8 millions de mortinaissances et décès de nouveau-nés provoqués en grande partie par les mêmes facteurs que les décès et incapacités maternels - à savoir le mauvais état de santé de la mère, les soins inadéquats de la mère et du nouveau-né et des conditions d'hygiène qui laissent à désirer.
Chaque année 60 millions de naissances ont lieu en présence d'un membre de la famille ou d'une accoucheuse traditionnelle sans formation, ou alors sans aide aucune. Seulement 53% des accouchements dans les pays en développement se font en présence de personnel qualifié - médecin, sage-femme ou autre agent de soins obstétricaux.
Moins de 30% des femmes dans les pays en développement bénéficient de soins après la naissance de l'enfant, alors que c'est justement pendant le postpartum que les décès sont les plus nombreux. Dans les pays ou zones très pauvres, la proportion ne dépasse pas 5%, alors que dans les pays développés elle est de 90%.
Des millions de femmes dans les pays en développement n'ont pas accès à des soins adéquats pendant la grossesse. Seulement 65% des femmes de ces pays reçoivent des soins prénatals au moins une fois pendant la grossesse - 63% en Afrique, 65% en Asie et 73% en Amérique latine et dans les Caraïbes - alors que 97% des femmes des pays développés en reçoivent, généralement à plusieurs reprises.
1) Mortinaissances, morts foetales après la 28ème semaine et décès de nouveau-nés jusquau septième jour suivant la naissance.
Dossier d'information sur la Journée Mondiale de la Santé http://www.who.ch/whday/1998/jms98_table.html
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Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent prendre contact avec l
'OMS à Genéve : Chris Powell, Division de la Promotion de la Santé, de l'Education et de la Communication pour la Santé, OMS, Genève. Tel: (41 22) 791 2888. Fax (41 22) 791 4858, E-mail: powellc@who.ch et Ms C. Abou-Zahr, Maternité sans Risque, OMS, Genève. Tel: (41 22) 791 3367.Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information peuvent être obtenus sur Internet à la page d
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