Press Release

 Communiqué OMS/36
1er mai 1998

 

L'HEPATITE C: 170 MILLIONS DE PERSONNES INFECTEES DANS LE MONDE ET TOUJOURS PAS DE VACCIN

La pandémie actuelle d'hépatite C constitue un problème majeur de santé publique. Des taux de prévalence de 0,5% à plus de 10% ont été relevés dans des échantillons de population tout autour du monde* , comme l'ont indiqué les experts qui se sont réunis au Siège de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) du 27 au 29 avril. On estime à plus de 170 millions le nombre des personnes qui souffrent actuellement de la maladie dans le monde, a déclaré le Dr Daniel Lavanchy, de la Division des Maladies émergentes et autres Maladies transmissibles - Surveillance et Lutte (EMC) à l'OMS.

De plus, les informations sur le lien entre des maladies infectieuses comme l'hépatite C et le cancer sont de plus en plus nombreuses: on estime maintenant que chez environ 80% des malades en phase aiguë, l'infection va évoluer vers la chronicité et que près de 20% de ces malades chroniques feront une cirrhose qui, dans 1 à 5% des cas, dégénérera à son tour en carcinome hépatocellulaire (cancer du foie) au bout d'une dizaine d'années.

Et le problème continue d'empirer, en particulier dans les pays en développement. Des cas nouveaux continuent d'apparaître à la suite de transfusions de sang dans lequel on n'a pas recherché la présence du virus, de l'emploi de matériel non stérilisé dans les hôpitaux et pour les injections et, dans certains cas, de rapports sexuels non protégés. Il est donc important d'arrêter la propagation de la maladie, ont souligné les experts.

Il n'existe toujours pas de vaccin bien que les recherches se poursuivent et qu'un vaccin expérimental fasse actuellement l'objet d'essais cliniques préliminaires. La vaccination active contre l'hépatite C sera peut-être possible au début du siècle prochain mais en attendant, il faut absolument empêcher que la maladie ne s'étende.

Les groupes jugés particulièrement exposés devraient être les cibles prioritaires d'activités de prévention, ont conclu les experts. Dans les pays développés comme dans les pays en développement, les groupes les plus exposés sont notamment les utilisateurs de drogues par voie intraveineuse, les receveurs de sang non testé, les hémophiles, les malades dialysés et les personnes qui ont de nombreux partenaires sexuels avec lesquels elles ont des rapports non protégés. Dans les pays en développement, les personnes soumises à des scarifications rituelles et à la circoncision courent également un risque quand ces opérations sont faites avec des instruments non désinfectés.

Les experts sont convenu que les activités de prévention devraient comporter le dépistage de tous les donneurs de sang et d'organes partout dans le monde, l'information des agents de santé sur la façon dont se contracte et se transmet l'hépatite C, et des séances d'éducation, dans les écoles et ailleurs, sur la maladie, ses effets et les moyens d'en interrompre la propagation.

Il serait également urgent d'avoir des renseignements plus précis sur le nombre des personnes qui ont été infectées par le virus de l'hépatite C ainsi que sur les coûts et les avantages comparés de différents programmes de prévention. Les données mondiales sur les infections nouvelles et chroniques sont insuffisantes ou incomplètes; la plupart proviennent d'études sur des donneurs de sang ou d'autres enquêtes épidémiologiques limitées, et peuvent difficilement être extrapolées à des populations entières.

On n'a pas encore pu expliquer correctement comment ou pourquoi certains virus ou facteurs liés à l'hôte font, ou pas, que le porteur de la maladie développe ensuite une cirrhose et un cancer du foie, ont déclaré les experts. Toutefois une meilleure connaissance de l'épidémiologie de l'hépatite C permettrait aux pays d'orienter plus efficacement leurs activités de prévention et d'utiliser au mieux les ressources disponibles.

L'agent étiologique de l'hépatite C n'a été mis en évidence qu'en 1989**. Son identification et la caractérisation ont permis de comprendre le rôle essentiel qu'il joue dans les hépatites post-transfusionnelles et la raison pour laquelle il a tendance à provoquer une infection persistante: l'exposition percutanée (à travers la peau) au sang est le mode prédominant de transmission de l'hépatite C. Dans les pays développés, on estime que 90% des cas d'hépatite C surviennent chez les toxicomanes, ou ex-toxicomanes, par voie intraveineuse et chez les personnes ayant reçu du sang ou des produits sanguins non testés, par exemple les hémophiles. Dans les pays en développement, les principaux modes de transmission sont semble-t-il les injections faites avec du matériel non stérile et les transfusions de sang non testé.


* Voir le Relevé épidémiologique hebdomadaire, les numéros du 7 mars et du 14 novembre 1997, pour les taux de prévalence par pays.

** Pour plus d'informations sur l'hépatite C, voir l'aide-mémoire de l'OMS n° 164.


Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à l'OMS à Genève, à Gregory Hartl, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 44 58. Télécopie : (41 22) 791 48 58. E-Mail: hartlg@who.int

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