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Communiqué OMS/39
18 mai 1998
ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE :
LES MALADIES NON TRANSMISSIBLES SONT UNE PRIORITE MONDIALERéunie la semaine passée à Genève, l'Assemblée mondiale de la Santé, le plus haut organe de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), a adopté une résolution capitale sur les maladies non transmissibles.
La résolution invite l'OMS ainsi que ses Etats Membres et autres parties intéressées à élaborer une stratégie de lutte contre cette catégorie d'affections qui représentent un fardeau de plus en plus lourd à l'échelle planétaire - cancers, maladies cardio-vasculaires, diabète sucré, maladies respiratoires chroniques et autres affections dégénératives.
Depuis un quart de siècle, l'OMS insiste sur l'importance de programmes nationaux, régionaux et mondiaux pour combattre les maladies non transmissibles et assure le leadership technique en matière de prévention. Mais ce n'est que depuis peu qu'on mesure pleinement les ravages de plus en plus grands que font les maladies non transmissibles dans le monde.
La hausse des revenus, une meilleure alimentation et l'offre de services de santé publics essentiels ont contribué à accroître l'espérance de vie à la naissance, progrès particulièrement sensible dans les pays en développement. A cela s'ajoute l'évolution des modes de vie qui se traduit,par une fréquence fortement accrue des maladies non transmissibles. Cette tendance est particulièrement préoccupante dans les pays en développement, où vivent environ 80 % de la population mondiale et où ces maladies frappent des sujets jeunes, dont beaucoup meurent prématurément.
Il suffit de regarder les statistiques sur la mortalité pour mesurer l'ampleur du problème dans le monde. Les maladies non transmissibles sont responsables d'au moins 40 % de la totalité des décès dans les pays en développement et de 75 % dans les pays industrialisés, où les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité, le cancer venant en troisième position.
Les statistiques sur la mortalité ne donnent cependant qu'une idée partielle du fardeau social et économique des maladies non transmissibles dans le monde : beaucoup de ces maladies mortelles sont aussi invalidantes. Les maladies dégénératives des os et des articulations, par exemple, sont parfois à l'origine du quart des affections invalidantes et viennent ainsi en tête de toutes les causes courantes d'incapacité physique.
Le traitement des maladies non transmissibles coûte cher. Le diabète sucré, dont sont atteints quelque 143 millions de personnes dans le monde, monopolise en moyenne 8 % environ du budgets santé des pays industrialisés.
En valeur absolue, les principales maladies non transmissibles - maladies cardio-vasculaires, cancer, diabète, maladies respiratoires chroniques et troubles héréditaires - tuent chaque année environ 25 millions de personnes dans le monde, dont les deux tiers dans les pays en développement.
Sur les 40 millions de décès enregistrés dans les pays en développement en 1997, 15,2 millions étaient dus aux principales maladies non transmissibles. D'après les projections de l'OMS, d'ici 2020, les trois quarts environ de tous les décès survenant dans le monde en développement seront imputables aux maladies non transmissibles. Le plus lourd fardeau ne sera donc plus celui des maladies infectieuses, mais celui des maladies non transmissibles.
C'est en Asie que cette évolution est la plus rapide. En Asie du Sud-Est, par exemple, où l'espérance de vie à la naissance se situe autour de 63 ans, les maladies cardio-vasculaires sont devenues la deuxième cause de mortalité et près de 1000 personnes meurent chaque jour du cancer. En Inde, en Indonésie et en Thaïlande, jusqu'à 15% de la population souffrent d'hypertension. Le diabète peu courant dans les zones rurales, est aussi répandu chez les citadins que dans les pays industrialisés.
En Afrique, les taux d'hypertension montent en flèche, de même que la prévalence du diabète. La plupart du temps, ces deux maladies ne sont pas soignées. Le rhumatisme articulaire et les cardiopathies rhumatismales sont une cause majeure de décès prématuré et sont à l'origine d'un tiers des cardiopathies soignées à l'hôpital.
La Région de la Méditerranée orientale offre de nombreux exemples de pays en pleine transition épidémiologique, qui se caractérise par une augmentation des taux d'obésité conjuguée à une fréquence croissante des maladies du système circulatoire et du diabète.
Malgré ces statistiques, les experts de l'OMS pensent que l'on peut réduire sensiblement le fardeau des maladies non transmissibles. Ils estiment, par exemple, que 50 % des maladies cardio-vasculaires et un tiers des cancers peuvent être prévenus. Ces estimations reposent sur des observations scientifiques apportant la preuve que les facteurs de risque, notamment le tabagisme, un régime alimentaire déséquilibré (riche en calories et en graisses saturées), le manque d'exercice physique et l'abus d'alcool interviennent souvent dans les maladies non transmissibles et peuvent être infléchis.
Dans sa résolution, l'Assemblée mondiale de la Santé demande que soit élaborée une stratégie permettant de réduire ces facteurs de risque dans l'ensemble de la population ainsi que dans les groupes particulièrement très exposés. Outre la promotion de la santé et la prévention de la maladie, cette stratégie englobera sur le dépistage précoce, le traitement et le réadaptation.
Cette stratégie devrait comprendre comme autres éléments essentiels l'inscription des maladies non transmissibles dans la liste des priorités des politiques nationales de santé publique ainsi que la collaboration et la coopération entre les ministères de la santé, les organisations non gouvernementales, le secteur privé et les groupes communautaires.
Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Igor Rozov, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 25 32. Télécopie : (41 22) 791 48 58. Email : rozovi@who.ch
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