Press Release

 

Communiqué OMS/45
3 juin 1998

 

 DES EXPERTS DE L'OMS REEVALUENT LES RISQUES QUE LES DIOXINES FONT COURIR A LA SANTE

Une quarantaine de spécialistes venus de 15 pays se sont réunis au siège de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Genève du 25 au 29 mai 1998 dans le cadre d'une consultation sur les risques que les dioxines font courir à la santé. Depuis l'incident de Seveso en 1976, la chronique est régulièrement défrayée par ce groupe de substances chimiques organiques persistantes, dont les effets réels sont particulièrement difficiles à cerner. On y retrouve aussi bien les dibenzodioxines polychlorées (PCDD), que les dibenzofuranes polychlorés (PCDF) ou les biphényles polychlorés (PCB). La plus toxique de ces substances paraît cependant être la tétrachloro-p-dibenzodioxine (TCDD), dont on a mis en évidence la toxicité au niveau de l'épiderme, puisqu'elle provoque notamment le chloracné, une maladie de la peau chronique et défigurante.

Ces substances sont omniprésentes dans le sol, les sédiments et l'air. Elles sont produites involontairement lors de processus thermiques mettant en présence du chlore et des substances organiques. Elles peuvent aussi être produites par l'activité des volcans, par définition incontrôlable, ainsi que par les incendies de forêts, mais les principales sources d'émission susceptibles d'être contrôlées sont les incinérateurs de déchets.

Au cours des dernières années, le Centre européen de l'OMS pour la santé et l'environnement a coordonné, en collaboration avec le Programme international sur la Sécurité chimique (PICS) des recherches sur ces différentes substances, afin d'évaluer leurs risques pour la santé publique, ainsi que d'envisager des mesures de prévention et de contrôle de l'exposition de la population à ces substances.

Lors d'une précédente réunion tenue en décembre 1990 à Bilthoven, aux Pays-Bas, les experts de l'OMS avaient fixé la dose journalière admissible à 10 picogrammes par kilogramme de poids corporel (un picogramme est égal à un millionième de millionième de gramme) pour la tétrachloro-p-dibenzodioxine (TCDD), réputée la plus dangereuse.

Depuis, des données épidémiologiques nouvelles sont apparues , notamment en ce qui concerne les effets sur le développement neurologique et endocrinien. C'est ce qui a incité l'OMS à réunir la consultation qui vient de se tenir à Genève, afin de réévaluer la dose journalière admissible. Au terme de débats fournis et animés, les experts réunis à Genève sont tombés d'accord sur une nouvelle dose journalière admissible entre 1 et 4 picogrammes par kilogramme de poids corporel. Les spécialistes ont toutefois reconnu que des effets subtils pouvaient déjà se produire, dans la population des pays développés, aux niveaux actuels de contamination, qui sont de l'ordre de 2 à 6 picogrammes par kilogramme de poids corporel. Ils ont donc recommandé que tout soit mis en oeuvre pour réduire autant que possible l'exposition de la population à ces substances.

Les documents ayant servi de base à cette consultation traitaient des effets cancérogènes et non-cancérogènes sur les humains et sur les animaux, des risques pour les jeunes enfants, des mécanismes d'action, de l'exposition de la population humaine aux dioxines et autres composés de même nature, ainsi que des moyens actuels d'évaluation des risques dans les différents pays.

"Les données récentes concernant les niveaux d'exposition démontrent que les mesures prises dans un certain nombre de pays pour contrôler les émissions de dioxine se sont traduites depuis quelques années par une diminution substantielle de la dose absorbée", a souligné le Dr Maged Younes, Chef de l'unité Evaluation des risques et Méthodologies au sein du Programme OMS de Promotion de la Sécurité chimique. "Cette tendance est mise en évidence par une diminution marquée des niveaux de dioxine dans le lait humain, comme l'a révélé une étude menée par le Centre européen de l'OMS pour la santé et l'environnement , les diminutions les plus fortes étant observées dans les zones qui connaissaient auparavant les concentrations les plus élevées."


Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Philippe Stroot, Coordonnateur des Relations avec les Médias, OMS, Genève, Tél: (41 22) 791 2535. Télécopie : (41 22) 791 4858. E-mail: strootp@who.ch , ou le Dr Maged Younes, PICS, Genève, Tél: (41 22) 791 3574, Télécopie: (41 22) 791 4848, E-mail: younesm@who.ch , ou le Dr F.X. Rolaf van Leeuwen, ECEH, Bilthoven, Tél: (31 30) 22 95 307, Télécopie: (31 30)22 94 252, E-mail: rle@who.nl

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