Press Release

Communiqué OMS/46
9 juin 1998

COMBLER LES PRINCIPALES LACUNES
DE LA RECHERCHE
SUR L'ANTIBIORESISTANCE

 

Les fluoroquinolones constituent un important groupe d'antibiotiques - faisant partie des quinolones - qui sont destinés à lutter contre la maladie chez l'homme et l'animal. Il est cependant possible que leur utilisation pour le bétail contribue à accroître la résistance de bactéries présentes dans les aliments (comme Campylobacter et Salmonella) qui peuvent infecter l'homme. Les fluoroquinolones sont importants pour la lutte contre les infections invasives à Salmonelles et à Campylobacter et un accroissement de la résistance de ces bactéries est donc un sujet de préoccupation.

Selon le Dr David Heymann, Directeur de la Division des Maladies émergentes et autres Maladies transmissibles - Surveillance et Lutte (EMC) de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), "jusqu'ici on ne dispose guère d'indications précises concernant les effets sur la santé humaine de l'emploi des fluoroquinolones pour le bétail, mais on s'inquiète des conséquences potentielles pour la santé humaine d'un accroissement et d'une propagation de la résistance. Il est donc indispensable de poursuivre les recherches et de réunir d'autres données".

L'OMS a donc convoqué une réunion sur les effets médicaux de l'emploi des quinolones chez les animaux destinés à l'alimentation, au Siège de l'OMS à Genève du 2 au 5 juin. La réunion, à laquelle ont pris part plus de 60 experts de la santé humaine et animale, a conclu que les travaux de recherche futurs devaient principalement mettre l'accent sur : la détermination de l'ampleur de l'emploi des quinolones à des fins autres que la médecine humaine; l'amélioration des données épidémiologiques sur l'apparition et la persistance de la résistance chez l'animal et l'homme ainsi que de sa propagation entre espèces animales et sujets humains; la mise au point de techniques de surveillance spécialement destinées à obtenir de telles données; la détermination des mécanismes et des niveaux de résistance aux quinolones d'importants agents pathogènes zoonosiques et l'importance de ces niveaux de résistance du point de vue du risque pour la santé humaine; la mise au point de stratégies d'emploi raisonnable chez l'animal pour avoir un maximum d'effets thérapeutiques et un minimum de risques d'apparition d'une résistance; la mise au point de solutions de rechange comme les vaccins au lieu de l'emploi d'antimicrobiens pour la prévention des maladies chez l'animal.

A la suite de l'introduction des fluoroquinolones dans plusieurs pays, on a vu apparaître chez des animaux destinés à l'alimentation des Salmonelles avec une sensibilité réduite aux fluoroquinolones ainsi que des Campylobacter résistants. Bien qu'on n'ait fait état d'aucun cas humain, les experts craignent des échecs thérapeutiques chez des sujets humains infectés par des salmonelles à sensibilité réduite. Les experts ont également noté qu'avec l'emploi des fluoroquinolones chez l'homme, les agents pathogènes de l'homme ont commencé à présenter des souches résistantes et, dans plusieurs situations, la résistance a entraîné une limitation de l'emploi thérapeutique de cette sorte d'antibiotique pour des maladies graves telles que les gonococcies et la fièvre thyphoïde.

Sans être utilisés comme activateur de croissance, les fluoroquinolones servent actuellement au traitement de maladies chez l'animal dans de nombreux pays et sont parfois utilisés pour leur prévention. Mais les données concernant leur emploi qui sont disponibles jusqu'ici restent fragmentaires et leur diffusion relève souvent des fabricants. Il est donc difficile d'établir des corrélations entre l'emploi des quinolones et l'apparition d'une résistance. L'OMS et les participants de la réunion ont salué l'initiative de la COMISA (Consultation mondiale de l'Industrie de la Santé animale) à la réunion du 2 au 5 juin qui a fourni des données sur les ventes et la quantité des principaux fluoroquinolones dans plus de 30 pays.

Les experts venus de 18 pays ont demandé que l'OMS collabore avec l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et l'Office international des Epizooties (OIE) pour recueillir des données, normaliser les méthodes à employer pour les tests et mettre au point un code de pratique pour l'emploi raisonnable des antimicrobiens chez les animaux destinés à l'alimentation. Les participants ont également demandé à l'OMS de veiller à privilégier les intérêts de la santé publique dans un tel code de pratique.


Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à l'OMS à Genève, à Gregory Hartl, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 44 58. Télécopie : (41 22) 791 48 58. E-Mail: hartlg@who.int

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