Press Release

Communiqué OMS/48
26 juin 1998

 

MAINTENANT QUE LA POLIO EST SUR LE POINT D'ETRE ELIMINEE, LE RISQUE VIENT DES VIRUS CONSERVES DANS LES LABORATOIRES

Alors que l'Initiative lancée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en vue de l'éradication mondiale de la poliomyélite est sur le point d'aboutir, l'Organisation s'emploie à préparer "la vie après l'éradication" en demandant instamment à ses 191 Etats Membres de dresser une liste de tous les poliovirus conservés dans des laboratoires et autres établissements médicaux et de veiller au respect des mesures de sécurité.

Dix ans après le lancement de l'Initiative de l'Organisation mondiale de la Santé en vue de l'éradication mondiale de la poliomyélite, le nombre des cas déclarés est passé de 35000 à environ 4000 par an. Aujourd'hui, la polio n'est endémique que dans 52 des 215 pays ou territoires qui soumettent des déclarations à l'OMS. Si l'Initiative bénéficie d'un financement suffisant - il faudrait US$400 millions pour couvrir un déficit pour les trois ans à venir - elle devrait atteindre son objectif d'ici l'an 2000. Toutefois, alors que des régions entières de la planète sont libérées de la maladie - l'hémisphère occidental a été déclaré exempt en 1991, le Pacifique occidental est exempt depuis 15 mois et l'Europe l'est pratiquement - le deuxième risque majeur - après l'importation du virus - auxquels sont exposés les pays de ces régions est que le poliovirus ne s'échappe d'un laboratoire. En fait, après l'éradication mondiale de la poliomyélite, la vaccination sera interrompue et c'est la population mondiale tout entière qui sera exposée à ce risque.

Le Dr Jong Wook Lee, Directeur du Programme mondial OMS des Vaccins et Vaccinations (GPV), qui est le fer de lance de l'initiative, se veut rassurant: "les pays ne seront invités à interrompre la vaccination que lorsqu'il sera absolument certain que le virus ne circule plus. Quand aucun cas de poliomyélite ne surviendra plus, les seuls virus restants seront effectivement ceux que détiennent les laboratoires. Ils devront être détectés partout où ils risquent de se trouver, puis être confinés dans quelques établissements de haute sécurité."

Le Dr Bruce Aylward, médecin de GPV chargé de la mise en oeuvre de l'initiative au jour le jour, dit: "nous devons éviter que ne se reproduise ce qui s'est passé lorsque la variole a été éradiquée. En 1977, moins d'un an après la découverte (en Somalie) du dernier cas de variole transmise naturellement, une personne est décédée au Royaume-Uni après avoir été contaminée par un virus échappé d'un laboratoire proche." Mais, ajoute-t-il, "la polio n'est pas comme la variole une maladie très visible. Elle pourrait se propager silencieusement au sein d'une population non protégée et provoquer une catastrophe de santé publique de dimensions mondiales."

D'où l'urgence de préparer dès maintenant la "traque", puis le "confinement" des poliovirus dans des enceintes de haute sécurité. Cette semaine, l'OMS a adressé pour observations aux gouvernements de tous les Etats Membres un "Plan et calendrier d'action mondiale pour la manipulation sans danger et le confinement maximum en laboratoire des poliovirus sauvages et autres matériels potentiellement infectieux." Des exemplaires de ce projet de document ont également été envoyés pour observations aux établissements de recherche, sociétés scientifiques professionnelles et autres groupes et personnes concernés partout dans le monde.

Ce plan est en trois phases: avant l'éradication, après l'éradication et après l'arrêt de la vaccination antipoliomyélitique.

S'il est prévu que le plan débutera officiellement le 1er janvier 1999, la première phase, de pré-éradication, devrait commencer avant la fin de l'année. Tous les pays devront recenser et dresser la liste des laboratoires susceptibles de conserver des poliovirus sauvages (distincts des poliovirus vivants atténués utilisés pour la fabrication du vaccin antipoliomyélitique oral). Les laboratoires recensés comme étant susceptibles de détenir des poliovirus devront assurer un niveau minimum de manipulation sans danger de matériels infectieux ou potentiellement infectieux (sécurité biologique renforcée niveau-2, ou sécurité biologique-2/polio) et conserver les virus sous clef.

Ces laboratoires pourront se trouver dans des unités de production de vaccins, des hôpitaux, des universités, des établissements de santé publique, etc. Beaucoup sauront qu'ils conservent des virus pour des recherches ou à d'autres fins, mais certains risquent de ne pas se rendre compte que des poliovirus peuvent se trouver dans d'autres matériels conservés par eux, en particulier des échantillons de selles recueillis dans des endroits et à des époques où la poliomyélite sévissait.

Les recherches ne seront pas seulement axées sur le virus sauvage lui-même, mais aussi sur les souches virales fabriquées par génie génétique à partir de séquences de poliovirus et, bien sûr, les cellules infectées par ces souches ou leurs dérivés.

La deuxième phase, de post-éradication, commencera un an après qu'ait été détecté le dernier poliovirus sauvage. A cette époque, les laboratoires possédant des matériels contenant ou susceptibles de contenir des poliovirus devront choisir, soit de transférer leurs matériels infectieux à des enceintes de sécurité biologique maximum (niveau-4) désignées par l'OMS, soit d'inactiver ou de détruire les matériels suspects.

Plus tard, la troisième phase débutera dès que les vaccinations par le vaccin antipoliomyélitique oral auront cessé partout dans le monde. A ce moment là, tous les virus, que la souche soit sauvage ou vaccinale, devront être conservés dans des enceintes de confinement appropriées.

L'OMS demande à ce que soit revu et commenté le plan proposé. D'où la nécessité pour tous les pays de signer un plan définitif coordonné à l'échelle mondiale garantissant que l'éradication de la maladie sera suivie par l'éradication du risque de la voir réapparaître.


Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent prendre contact avec l'OMS à Genéve: Valery Abramov, OMS, Genève. Tel: (41 22) 791 2543, Fax (41 22) 791 4858. Email: abramovv@who.int

Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS: http://www.who.int/

Communiqués 1997 | Communiqués 1998 | Aide-mémoire
Communications et relations publiques   | In English

© WHO/OMS, 1998  |  Crédits |  Contact OMS