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Communiqué de presse OMS/49
1 juillet 1998L'ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE ORGANISE LA PREMIERE CONSULTATION INTERNATIONALE SUR L'INCONTINENCE
D'éminents spécialistes proposent de classer désormais ce trouble parmi les maladies et formulent des recommandations pour le traiter
Monaco - D'éminents spécialistes de toutes les régions du monde se sont réunis sous les auspices de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour entamer la procédure officielle de classification de l'incontinence parmi les maladies et attirer l'attention du public sur ses symptômes et les moyens de la prévenir. ll y a plus de 200 millions de cas d'incontinence urinaire dans le monde et la vie de ces personnes, qui trop souvent souffrent en silence d'un trouble qui leur gâche l'existence, en est profondément perturbée.
L'hyperactivité vésicale est l'une des causes les plus courantes et les plus pénibles de l'incontinence. Elle se caractérise par la fréquence des mictions (plus de 8 fois en 24 heures); leur urgence (besoin soudain et impérieux d'uriner) et la présence de fuites totalement incontrôlées lors d'un besoin urgent. L'autre grande cause d'incontinence tient à un dysfonctionnement uréthral: tout effort qui provoque une brusque augmentation de la pression abdominale (le fait de rire, d'éternuer ou de courir, par exemple) entraîne une perte involontaire d'urines.
"La modification qu'il est proposé d'apporter à la Classification internationale des Maladies (CIM), devrait permettre de donner aux étudiants en médecine un bon enseignement sur le problème de l'incontinence tout en faisant savoir qu'il s'agit d'une affection parfaitement curable que le corps médical doit prendre plus au sérieux "a déclaré le Dr Paul Abrams, Président de la Première consultation internationale sur l'incontinence (CII) et chirurgien consultant en urologie au Bristol Urological Institute (Southmead Hospital).
"Maintenant que l'on évoque ouvertement le problème de l'impuissance, la question de l'incontinence reste le seul véritable tabou du 20ème siècle" a poursuivi le Dr Abrams. "L'un des buts de cette réunion est de faire en sorte que ceux qui souffrent d'incontinence ne se sentent plus seuls - qu'ils sachent que ce besoin incessant et impérieux d'uriner et ces pertes d'urines qui sont si courants chez les personnes âgées ne sont nullement une fatalité et qu'il ne faut pas hésiter, en pareil cas, à consulter son médecin car il est en mesure de proposer un traitement efficace."
Cette consultation a non seulement pour objectif de faire prendre conscience du problème, mais encore de proposer des principes directeurs universels pour le traiter. En s'appuyant sur ces principes thérapeutiques universels, le personnel soignant - généralistes, urologues, obstétriciens, gynécologues ou infirmières - sera mieux en mesure d'informer et d'aider ceux qui souffrent d'hyperactivité vésicale ou d'incontinence en général. Pour reconnaître et traiter les millions de gens qui souffrent d'incontinence urinaire dans le monde, il est capital de pouvoir disposer de données normalisées et de principes thérapeutiques universels. Cette affection est si répandue, elle est vécue si honteusement et elle gâche à tel point l'existence de ceux qui en souffrent, que la Consultation a considéré comme l'une de ses finalités essentielles de la classer officiellement parmi les maladies.
Vingt-cinq commissions ont étudié le problème de l'incontinence sous tous ses angles, depuis sa prévalence dans le monde (de 10 à 47 % selon les estimations) jusqu'aux conséquences que cette affection peut avoir au niveau local, régional, national et mondial du point de vue économique ou eu égard à ses effets sur la qualité de la vie.
"L'Organisation mondiale de la Santé est heureuse de co-parrainer cette Première consultation internationale sur l'incontinence" a déclaré le Dr Alexandre Kalache, Responsable du Programme Vieillissement et Santé de l'OMS. "Alors même que nous poursuivons l'éradication d'un certain nombre de maladies, nous voyons apparaître, avec le vieillissement de la population qui touche de nombreux pays en développement, à l'instar de ceux du monde développé, des affections préjudiciables à la qualité de la vie. Des obstacles nouveaux vont se dresser devant les systèmes de soins et les soignants qui s'efforcent de prendre en charge ce genre de troubles. Toutefois, compte tenu des progrès réalisés dans le domaine des soins de santé, nous devrions être capables de les traiter afin de permettre à la population de vivre en bonne santé et de rester productive. Parmi tous ces troubles, s'il en est un qui est largement évitable et curable, c'est bien l'incontinence - ce n'est en tout cas plus une fatalité pour les personnes âgées." Et le Dr Kalache a conclu ses propos en indiquant que "en particulier, les problèmes qui sont à l'origine de millions de cas d'incontinence chez les femmes du monde en développement, peuvent être évités par l'amélioration des soins gynécologiques et obstétricaux."
Les résultats d'une enquête internationale rendus publics : une meilleure communication est nécessaire entre le médecin et son patient
Les résultats de la première enquête jamais entreprise sur ce sujet ont également été communiqués à l'occasion de cette Conférence. Ils indiquent qu'une meilleure communication entre le médecin et son patient pourrait améliorer le diagnostic et le traitement de l'incontinence. Ainsi, en interrrogeant plus de 2 500 généralistes aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, on a constaté que 96 % des praticiens sont persuadés que la gêne des patients et la méconnaissance du problème de l'incontinence constituent un sérieux obstacle à un diagnostic et à un traitement rapides de ce trouble.
Selon l'enquête, la plupart des médecins estiment que leurs malades tiennent pour vrais un ou plusieurs des mythes qui entourent l'incontinence urinaire. Les médecins ont également indiqué que la réaction la plus caractérisiques des malades à qui l'on révèle qu'ils souffrent d'incontinence n'est pas l'angoisse, mais le soulagement.
Le Comité d'orientation de la CII est composé de représentants éminents des sociétés savantes suivantes: Consultation internationale sur les affections urologiques (ICUD), Société internationale pour l'étude de l'incontinence (International Continence Society ), Union internationale contre le cancer (UICC), American Urological Association (AUA), Association européenne d'Urologie (AEU), Confederacion Americana de Urologia, Association japonaise d'Urologie et Fédération internationale de Gynécologie et d'Obstétrique (FIGO).
Pour plus de détails, les journalistes peuvent s'adresser au Dr Alexandre Kalache, Vieilissement et Santé, OMS, Genève. Téléphone (4122) 791 3404, Fax (4122) 791 4839, Courrier électronique : kalachea@who.ch
Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil http://www.who.ch/
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