Communiqué de presse 1998

 

Communiqué de presse OMS/50
7 juillet 1998

DES CHEFS D'ETAT SE JOIGNENT A L'OMS POUR COMBATTRE L'ULCERE DE BURULI

Des chefs d'Etat, des ministres de la santé, des scientifiques et des organisations internationales ont signé hier une déclaration de portée mondiale par laquelle ils s'engagent à combattre l'ulcère de Buruli. Il s'agit d'une affection mycobactérienne rebelle aux antibiotiques qui est en train d'apparaître dans plusieurs régions du monde, provoquant des ulcérations dévastatrices, principalement chez la femme et l'enfant.

Lors d'une réunion internationale qui s'est tenue à Yamoussoukro - au centre d'une région de Côte d'ivoire où l'endémicité est l'une des plus fortes - plus de 100 participants venant de plus de 20 pays ont signé la Déclaration de Yamoussoukro sur l'ulcère de Buruli. Au nombre des signataires figurent les chefs d'Etat et les ministres de la santé du Bénin, de Côte d'Ivoire et du Ghana, le ministre de la santé du Togo, le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et des représentants de l'Australie, de la Belgique, des Etats-Unis d'Amérique, de la France, de la Guinée, de la Guyane française, de l'Italie, de l'Ouganda, de la Papouasie-Nouvelle Guinée, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de la Suisse et du Zimbabwe.

"Si nous sommes tous réunis ici, c'est parce que nous sommes concernés par l'ulcère de Buruli, que nous nous préoccupons du sort des victimes de cette maladie dévastatrice et que nous avons pris l'engagement de coopérer étroitement pour la combattre" a déclaré le Dr Hiroshi Nakajima, Directeur de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), lors de la signature. "Au moment où nous entamons la lutte contre cette maladie, c'est une tâche considérable qui nous attend."

Les signataires de la Déclaration ont pris l'engagement de mobiliser les ressources nécessaires à la mise en place de programmes de lutte contre l'ulcère de Buruli dans les pays d'endémie. Les participants de ces pays se sont également engagés à intensifier l'action contre la maladie dans le cadre des soins de santé primaires, à en assurer le traitement chirurgical aux premiers stades et à améliorer durablement les programmes d'éducation sanitaire dans ce domaine.

La Déclaration de Yamoussoukro charge l'OMS de prêter assistance aux pays d'endémie dans leur lutte contre la maladie, d'établir un calendrier de recherche et de trouver les ressources financières nécessaires à la mise en oeuvre de l'Initiative mondiale contre l'ulcère de Buruli (GBUI). Cette initiative a pour but de coordonner les activités de recherche et de lutte. Grâce à la recherche - en vue notamment de produire un vaccin - il devrait être possible de mettre au point un traitement économique de cette maladie. La mise au point d'un médicament permettrait un traitement médical non effractif. A l'heure actuelle, le traitement est purement chirurgical et hors de portée des malades de la plupart des pays touchés. Qui plus est, il n'existe pas, la plupart du temps, de moyens chirurgicaux appropriés dans les zones d'endémie.

La maladie - qui, estime-t-on, vient au troisième rang des affections mycobactériennes après la tuberculose et la lèpre - détruit la peau et les tissus sous-cutanés et provoque des lésions déformantes, notamment au niveau des membres. Les complications peuvent être graves en l'absence de traitement et conduire à la perte des yeux, des seins, à des amputations et autres invalidités permanentes. On ne sait pas beaucoup de choses de cette pathologie, notamment touchant son mode de transmission chez l'homme et les malades qui se présentent dans les centres de soins en sont déjà à un stade avancé de la maladie. La plupart vivent en milieu rural, à proximité de cours d'eau ou de terrains marécageux.

La réunion, qui a lieu du 6 au 8 juin, a été organisée en collaboration avec le gouvernement de la Côte d'Ivoire sous le patronage conjoint de l'OMS, de la Nippon Foundation, de l'Association française Raoul Follereau, de la Damien Foundation et de l'Equipe d'aide humanitaire.

"L'incidence de l'ulcère de Buruli connaît une progression rapide en Afrique de l'Ouest. Presque tous les pays situés le long du golfe de Guinée sont désormais touchés" a indiqué le Dr Ebrahim Samba, Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique. "On ne peut pas encore chiffrer les pertes économiques provoquées par la maladie, mais il est certain que si on n'intervient pas avec l'urgence que nécessite la situation, elle aura de graves conséquences sur le plan social et économique pour les pays d'Afrique de l'Ouest."

En Côte d'Ivoire, on a dénombré environ 10 000 cas depuis 1978 et dans certains villages, la proportion de malades peut atteindre 16%. Au Bénin, c'est 2 300 cas qui ont été enregistrés depuis 1989. Au Ghana, la proportion de malades parmi les villageois de certaines régions atteint 22%.

L'ulcère de Buruli a été observé pour la première fois chez des agriculteurs d'Australie (où il est connu sous le nom d'ulcère de Bairnsdale). En fait, on en avait décrit des cas dès 1897. Des cas ont été signalés dans les pays suivants: Angola, Australie, Bénin, Bolivie, Cameroun, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Ghana, Guinée, Guyane française, Inde, Indonésie, Libéria, Malaisie, Mexique, Ouganda, Papouasie-Nouvelle Guinée, Pérou, République démocratique du Congo, Sierra Leone, Soudan, Sri Lanka, Suriname et Togo.

 

Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à l'OMS à Genève, à Gregory Hartl, Communication pour la Santé et Relations Publiques, Téléphone: (41 22) 791 4458. Télécopie : (41 22) 791 4858. E-Mail: hartlg@who.ch Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil http://www.who.ch/

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