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Communiqué de presse OMS/52
13 juillet 1998ERADICATION DE LA POLIOMYELITE LA DERNIERE LIGNE DROITE EST EN VUE
Ainsi que l'a déclaré le Dr Bjorn Melgaard, Chef du Programme élargi de Vaccination de l'OMS, au terme d'une semaine de travaux au Siège de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Genève, "le compte à rebours de l'éradication mondiale de la poliomyélite en l'an 2000 a vraiment commencé: nous avons la carte, nous savons que nous sommes sur la bonne route, mais la dernière étape présente certains des obstacles les plus difficiles à surmonter. L'échec dans un seul pays signifie l'échec général. Nous devons cibler nos efforts sur les derniers pays d'endémie".
Les membres du Groupe consultatif technique mondial sur l'éradication de la poliomyélite réunis à Genève pour leur session d'évaluation annuelle ont fait part de leurs préoccupations devant la double menace funeste du manque de capitaux et de l'excès de confiance, qui ensemble peuvent remettre en cause les efforts de l'éradication au cours des dernières étapes de la campagne mondiale.
"Nous sommes pratiquement dans la dernière ligne droite", explique le Dr Bruce Aylward, responsable de l'initiative de l'éradication mondiale de la poliomyélite de l'OMS, "et nous avons vraiment besoin d'un second souffle pour terminer dans les délais. Il n'y a plus qu'une poignée de pays où la poliomyélite soit encore endémique. Le programme est déjà entièrement opérationnel, même en Afghanistan et en Somalie. Mais tant que tous les pays du monde sans exception n'ont pas été certifiés exempts de poliomyélite, nous ne pouvons mettre un terme à la vaccination systématique, ni commencer à profiter des avantages de l'éradication, à savoir une économie annuelle de l'ordre de US $1,5 milliard".
Le virus de la poliomyélite est encore répandu dans trois zones spécifiques où l'on trouve des pays étendus et densément peuplés : le Bangladesh, l'Inde, le Népal et le Pakistan en Asie du Sud; la République démocratique du Congo et le Nigéria en Afrique centrale et en Afrique de l'Ouest et l'Ethiopie; la Somalie et le Soudan dans la Corne de l'Afrique.
Les membres du Groupe consultatif technique ont fait observer qu'"au cours de la décennie qui s'est écoulée depuis le lancement de l'initiative, le nombre des cas déclarés a diminué de 90 %, un résultant d'autant plus remarquable si l'on considère le manque chronique de ressources humaines et financières pour mener à bien la tâche". Or, si l'on ne mobilise pas suffisamment de ressources en temps voulu, il sera impossible, insistent les experts, d'atteindre l'objectif de l'éradication.
Alors que la grande majorité des coûts de l'éradication sont supportés par les pays d'endémie eux-mêmes, pour la seule année 1999 il faut encore trouver US $150 millions de ressources extérieures supplémentaires. Il est particulièrement important de mobiliser les ressources supplémentaires pour les pays les plus pauvres, qui sont les plus touchés par le manque de capitaux.
Si l'on a besoin de fonds, ce n'est pas seulement pour acheter et fournir des vaccins antipoliomyélitiques. Depuis le début de l'effort mondial de l'éradication en 1988, plus de 110 pays ont mené des campagnes de vaccination de masse et la quasi-totalité des pays d'endémie ont lancé ou renforcé leur programme national de surveillance épidémiologique. Ces programmes sont d'autant plus importants que l'on se rapproche de l'objectif mondial de l'éradication.
Tant que les gouvernements ne sont pas en mesure de démontrer que la poliomyélite a été éradiquée dans les pays, la Commission mondiale indépendante pour la Certification de la Poliomyélite se trouve dans l'incapacité de mener à bien ses travaux. L'OMS et ses partenaires aident les derniers pays d'endémie à mettre sur pied des systèmes de surveillance épidémiologique fiables.
Il est difficile de surestimer l'importance de cette phase de la campagne d'éradication mondiale. Pour pouvoir certifier qu'un pays est exempt de poliomyélite, les épidémiologistes doivent étudier tous les cas de paralysie flasque aiguë, ce qui exige des laboratoires dotés de l'équipement voulu et un personnel compétent. La mise sur pied de la surveillance et de l'infrastructure de laboratoire nécessite à l'évidence un effort financier, mais c'est un effort qui en vaut la peine. Une fois que la poliomyélite aura disparu, les anciens pays d'endémie garderont un système de surveillance épidémiologique entièrement opérationnel qui sert déjà à la lutte contre d'autres maladies transmissibles.
A l'issue de ses travaux, le Groupe consultatif technique a fait la recommandation suivante : en raison des délais fixés pour l'effort d'éradication de la poliomyélite, le programme doit bénéficier d'une priorité absolue aussi bien à l'OMS, à l'UNICEF, dans les autres organismes des Nations Unies, auprès des autorités nationales, des partenaires, des organisations bilatérales et multilatérales et de la communauté mondiale. L'engagement au niveau le plus élevé dans toutes les organisations est indispensable pour éradiquer la poliomyélite.
L'éradication de la poliomyélite permettra non seulement d'éviter des millions de cas de paralysie et d'incapacité permanente, mais constituera aussi une victoire de la santé publique mondiale en démontrant que différents groupes dans le monde entier peuvent unir leurs forces pour atteindre un objectif commun. Le succès de cette initiative aura des conséquences importantes pour les autres initiatives de santé publique, le renforcement des services de santé nationaux et la crédibilité des organisations nationales et internationales.
Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à l'OMS à Genève, à Valery Abramov, Communication pour la santé et Relations publiques. Téléphone (41 22) 791 2543.Télécopie : (41 22) 791 4858. E-mail : abramovv@who.ch. Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil http://www.who.ch/
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