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Communiqué OMS/58
7 août 1998
EMBARGO. NE PAS PUBLIER NI DIFFUSER AVANT LE 7 AOUT 00.01 H GMT
LE LEVONORGESTREL EST PLUS EFFICACE ET A MOINS D'EFFETS SECONDAIRES QUE LA METHODE YUZPE POUR LA CONTRACEPTION DU LENDEMAIN
Dans un article publié le 8 août dans le journal The Lancet, des chercheurs travaillant pour le Programme Spécial de Recherche, de Développement et de Formation à la Recherche en Reproduction humaine (HRP), sous l'égide du PNUD, du FNUAP, de l'OMS et de la Banque mondiale, confirment que l'utilisation du lévonorgestrel seul est plus efficace pour la contraception du lendemain et a beaucoup moins d'effets secondaires que la méthode Yuzpe, actuellement la plus employée pour ce type de contraception.
Selon le Dr Paul Van Look, Directeur de HRP, "Les grossesses non désirées représentent un problème important dans le monde car elles se terminent souvent par des avortements non médicalisés, qui sont responsables du décès de 80 000 femmes par an et provoquent des pathologies permanentes et débilitantes chez des dizaines de milliers d'autres. Notre étude confirme qu'un produit existant, ayant passé tous les tests nécessaires, peut être utilisé pour éviter facilement et en toute innocuité un grand nombre de ces grossesses non désirées."
Le lévonorgestrel est un dérivé synthétique de la progestérone. Il est l'un des deux principes actifs associés dans les pilules contraceptives orales. Pour la contraception du lendemain, on administre deux comprimés à 12 heures d'intervalle, chacun contenant 0,75 mg de lévonorgestrel.
La méthode Yuzpe, utilisée actuellement, a été élaborée au début des années 1980. Elle repose sur une modification de la prise de contraceptifs oraux associés, c'est-à-dire de pilules contraceptives contenant un strogène et un progestatif. On administre aussi deux doses à 12 heures d'intervalle, chaque dose renfermant 100 microgrammes d'éthinylestradiol, un strogène synthétique, et 0,5 mg de lévonorgestrel.
L'étude publiée dans The Lancet s'est déroulée sous l'égide de HRP dans 21 centres répartis dans le monde entier et elle a porté sur 1998 femmes. Il s'agissait de comparer l'efficacité des deux méthodes (Yuzpe et lévonorgestrel) lorsque le traitement est instauré dans les 72 heures suivant un rapport sexuel non protégé. Toutes les femmes recrutées avaient demandé à bénéficier de la contraception du lendemain à la suite d'un seul rapport sexuel non protégé. Chacune d'entre elles a reçu soit le lévonorgestrel, soit la méthode Yuzpe et l'étude s'est déroulée en double aveugle, ni les médecins, ni les femmes ne sachant quel traitement leur avait été administré.
Le taux moyen d'échec, c'est-à-dire le pourcentage de femmes qui se sont retrouvées enceintes malgré le traitement, a été plus élevé pour le groupe qui avait suivi la méthode Yuzpe : 3,2 % contre 1,1 % pour celles qui avaient pris du lévonorgestrel. Le calcul du nombre des grossesses qui auraient pu avoir lieu si aucun traitement n'avait été administré a montré que le lévonorgestrel a évité 85 % des grossesses non désirées contre 57 % pour la méthode Yuzpe.
Pour les deux groupes de femmes, plus le traitement a été instauré rapidement, plus le taux de grossesses a été faible. Par exemple, pour les femmes ayant commencé leur traitement dans les 24 heures, le lévonorgestrel a évité 95 % des grossesses qui se seraient produites en l'absence de traitement, contre 77 % pour la méthode Yuzpe. Parmi celles ayant commencé leur traitement entre 25 et 48 heures plus tard, le taux de succès pour le lévonorgestrel a été de 85 % contre seulement 38 % pour la méthode Yuzpe. Après 48 heures, les taux sont de plus de 60 % pour le lévonorgestrel contre 38 % pour la méthode Yuzpe.
Outre sa plus grande efficacité, le lévonorgestrel a également été beaucoup mieux toléré. Les femmes ont fait état des mêmes effets secondaires avec les deux méthodes : nausées, vomissements, vertiges, fatigue, céphalées, douleur des seins au toucher, faibles douleurs abdominales. Néanmoins, chacun de ces effets secondaires a été signalé moins fréquemment par les femmes prenant du lévonorgestrel. La différence était importante et significative sur le plan statistique pour les nausées, les vomissements, les vertiges et la fatigue. Par exemple, la moitié des femmes ayant suivi la méthode Yuzpe ont signalé des nausées contre un quart pour celles qui avaient pris du lévonorgestrel. De plus, 20 % des femmes ont eu des vomissements avec la méthode Yuzpe, contre seulement 6 % pour les autres.
Le Dr Helena von Hertzen, médecin à HRP, relève que : "Cette étude a clairement montré que le lévonorgestrel est bien supérieur à la méthode Yuzpe tant du point de vue de l'efficacité que de la tolérance pour les utilisatrices. Nous croyons que ces résultats persuaderont les services de santé qui proposent déjà la contraception du lendemain de donner du lévonorgestrel à la place ou en plus de la méthode Yuzpe. Ils pourraient également inciter ceux qui ne fournissent pas encore la contraception du lendemain à envisager cette possibilité."
Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Jitendra Khanna, Programme spécial de Recherche, de Développement et de Formation, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 3345. Télécopie : (41 22) 791 4171. Email : khannaj@who.ch
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