|
Communiqué OMS/63
14 septembre 1998
LE FARDEAU MONDIAL DU DIABETE
L'OMS prévoit une augmentation de 170 % du nombre de diabétiques dans les pays en développement d'ici 2025
D'après les prévisions, le nombre d'adultes affectés par diabetes mellitus entre 1995 et 2025 dans les pays en développement augmentera de 170 % passant de 84 à 228 millions de personnes. D'ici 2025, ces pays comprendront 76 % de tous les diabétiques, contre 62 % en 1995. Durant cette même période, le nombre des diabétiques vivant dans le monde développé augmentera de 41 %, passant de 51 à 72 millions.
On prévoit sur le plan mondial une hausse de 122 %, le nombre de personnes atteintes passant de 135 à 300 millions. Cette augmentation mondiale de plus du double sera le fait de l'accroissement et du vieillissement de la population, ainsi que de l'obésité, de régimes alimentaires malsains et de modes de vie sédentaires, facteurs étroitement associés à l'urbanisation et l'industrialisation.
Ces estimations figurent dans une étude publiée par Diabetes Care, une publication professionnelle qui fait autorité en la matière. Cette étude a été entreprise par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), en coopération avec le Prudential Center for Health Care Research basé à Atlanta aux Etats-Unis d'Amérique et l'Université du Michigan (Ann Arbor).
L'étude a associé des informations provenant d'une base mondiale de données relative au diabète, élaborée par l'OMS à des prévisions démographiques des Nations Unies afin d'estimer le nombre de diabétiques dans chaque pays du monde pour trois années précises : 1995, 2000 et 2025.
En 1995, les pays comptant le plus grand nombre de diabétiques étaient et selon les prévisions, le demeureront en 2025 : l'Inde (19 et 57 millions, respectivement), la Chine (16 et 38 millions) et les Etats-Unis d'Amérique (14 et 22 millions). On s'attend à ce que la plus grande augmentation constatée entre 1995 et 2025 le soit en Inde (195 %).
Pour 1995, parmi les dix premiers pays, figuraient la Fédération de Russie (9 millions), le Japon (6 millions), le Brésil (5 millions), l'Indonésie (5 millions), le Pakistan (4 millions), le Mexique (4 millions) et l'Ukraine (4 millions).
Pour 2025, si les prévisions démographiques actuelles se confirment, les dix premiers pays comprendront le Pakistan (15 millions), l'Indonésie (12 millions), la Fédération de Russie (12 millions), le Mexique (12 millions), le Brésil (environ 11 millions), l'Egypte (9 millions) et le Japon (environ 9 millions). Les prévisions concernant la Fédération de Russie sont difficiles en raison des changements sociaux en cours.
L'étude réalisée par l'OMS comprend également des estimations de la répartition par sexe, du rapport milieu urbain-milieu rural et de la répartition par âge de la population diabétique. En 1995, pour l'ensemble du monde, il y avait davantage de femmes que d'hommes diabétiques (73 millions contre 62 millions). Si le nombre excédentaire de femmes était prononcé dans les pays développés (31 millions contre 20 millions), les chiffres étaient remarquablement équilibrés dans les pays en développement (42 millions dans chaque cas). L'OMS estime que l'excédent de femmes diabétiques par rapport aux hommes dans le monde va diminuer d'ici l'an 2025 (159 millions contre 141 millions). Pour ce qui est des pays en développement dans leur ensemble, on prévoit un nombre considérablement plus élevé de diabétiques en milieu urbain qu'en milieu rural.
Les projections de l'OMS concernant la répartition par âge de la population diabétique intéressent tout particulièrement les économistes et planificateurs de la santé. Si les tendances actuelles persistent, d'ici 2025, la plupart des diabétiques des pays développés auront 65 ans ou plus, tandis que la majorité de ceux qui vivent dans les pays en développement seront dans le groupe d'âge des 45 à 64 ans. Cela signifie que d'ici moins de 30 ans quelque 170 millions d'hommes et de femmes résidant dans les régions en développement souffriront du diabète au cours des années les plus productives de leur vie.
"Ces estimations et projections vont certainement s'avérer des instruments puissants pour planifier des soins de santé et interventions de santé publique basés sur les faits dans nos Etats Membres", a fait observer le Directeur général de l'OMS, le Dr Gro Harlem Brundtland.
"Elles constituent une nouvelle preuve scientifique de la transition que connaît le monde actuellement, à savoir la transition entre maladies transmissibles et maladies non transmissibles. Au XXIe siècle, c'est dans les pays en développement que l'impact de cette transition sur les secteurs de l'économie et de la santé publique se fera le plus particulièrement sentir."
"Comme l'a demandé l'Assemblée mondiale de la Santé en mai 1998, l'OMS élabore actuellement une stratégie qui pourrait permettre de réduire le fardeau de la morbidité et de la mortalité prématurées dues aux grandes maladies non transmissibles, notamment au diabète, et de préparer les pays en développement à cette transition", a déclaré le Dr Brundtland.
Diabetes mellitus est une maladie chronique provoquée par une insuffisance héritée ou acquise de la production d'insuline par le pancréas. ou par l'inefficacité de l'insuline produite. Les complications comprennent notamment la rétinopathie diabétique, l'insuffisance rénale, les cardiopathies, la neuropathie diabétique, l'ulcération des pieds et l'amputation. Maladie non transmissible grave, diabetes mellitus requiert à lui seul 8 % environ en moyenne du budget de la santé total des pays développés.
Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Igor Rozov, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 25 32. Télécopie : (41 22) 791 48 58. Email : rozovi@who.ch
Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil http://www.who.ch/
Communiqués
1997 | Communiqués 1998 | Aide-mémoire © WHO/OMS, 1998 | Crédits | Contact OMS
|