Press Release

Communiqué OMS/67
2 octobre 1998

LA SUSPENSION DE LA VACCINATION CONTRE L'HEPATITE B NE SE JUSTIFIE PAS SUR LE PLAN SCIENTIFIQUE

Le 1er octobre 1998, le Secrétariat d'Etat français à la Santé a annoncé sa décision de suspendre la vaccination systématique contre l'hépatite B des adolescents dans les collèges français, tout en maintenant la vaccination des nourrissons et des adultes à haut risque. Cette décision s'explique par le fait que, malgré l'absence de toute preuve scientifique établissant une relation causale, l'on ne peut exclure que la vaccination contre l'hépatite B puisse révéler ou faciliter la survenue d'atteintes démyélinisantes du système nerveux central (ADSNC) telles que la sclérose en plaques, et fait suite à des pressions énormes exercées par des associations hostiles à la vaccination, largement relayées par les médias.

Avec le concours de spécialistes extérieurs en neurologie, épidémiologie, immunologie et santé publique, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a attentivement examiné les éléments scientifiques permettant de déterminer si le vaccin anti-hépatite B peut entraîner des maladies démyélinisantes comme la sclérose en plaques. L'OMS estime que les données scientifiques disponibles ne permettent pas de mettre en évidence une association causale entre la vaccination anti-hépatite B et des affections démyélinisantes du système nerveux central, y compris la sclérose en plaques.

Plus d'un milliard de doses de vaccin anti-hépatite B ont été utilisées depuis 1981 avec un niveau exceptionnel d'innocuité et d'efficacité et le vaccin est efficace à 95 % pour prévenir l'apparition de l'état de porteur du virus de l'hépatite B. Le vaccin anti-hépatite B est le premier vaccin dirigé contre un cancer humain majeur, car ce sont les porteurs chroniques du virus qui sont le plus exposés au décès par cirrhose du foie et cancer du foie.

Reconnaissant l'utilité considérable du vaccin anti-hépatite B, l'Assemblée mondiale de la Santé a recommandé en 1992 que tous les pays intègrent ce vaccin dans leurs programmes de vaccination systématique. A ce jour, une centaine de pays ont inscrit la vaccination anti-hépatite B dans leurs programmes nationaux de vaccination et de nombreux pays industriels ont entrepris de vacciner également les adolescents.

Même si la France entend poursuivre la vaccination des nourrissons et des adultes à haut risque, l'OMS craint que la décision du Gouvernement français n'entraîne une perte de confiance du public dans ce vaccin et que d'autres pays ne décident eux aussi de suspendre cette vaccination ou de retarder l'introduction du vaccin anti-hépatite B. Or il existe plus de 350 millions de porteurs chroniques de l'hépatite B qui courent un risque élevé de cirrhose du foie ou de cancer du foie. Arrêter la vaccination se traduirait par une augmentation considérable de ce chiffre.

Il existe des précédents  par exemple, celui du vaccin DTC (diphtérie, tétanos, coqueluche)  où des hypothèses non fondées et émanant de milieux hostiles à la vaccination ont entraîné une perte de confiance de l'opinion publique dans un vaccin et une baisse de la couverture vaccinale, avec pour conséquence des millions de cas de coqueluche et des centaines de décès dans plusieurs pays.

L'OMS recommande vivement à tous les pays qui utilisent déjà de façon systématique le vaccin anti-hépatite B dans le cadre de leurs programmes de vaccination nationaux de continuer à le faire et aux pays qui n'utilisent pas encore le vaccin de commencer à le faire dès que possible. 


Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à l'OMS à Genève, à Gregory Hartl, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 44 58. Télécopie : (41 22) 791 48 58. E-Mail: hartlg@who.int

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