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Communiqué OMS/70
13 octobre 1998REUNION REGIONALE A HARARE POUR L'INITIATIVE AFRIQUE 2000
SUR L'APPROVISIONNEMENT EN EAU ET L'ASSAINISSEMENTUne réunion régionale pour l'initiative AFRIQUE 2000 sur l'approvisionnement en eau et l'assainissement a eu lieu à Harare (Zimbabwe), la semaine dernière, en présence de 95 spécialistes de 46 Etats africains et de représentants d'organismes de soutien extérieur et d'organisations non gouvernementales. La réunion a fait le point des progrès accomplis au niveau des pays dans l'application des recommandations de la Déclaration de Brazzaville de 1996. Cette Déclaration mettait l'accent sur la réponse apportée au niveau communautaire aux questions de planification et de ressources, sur la coopération interministérielle, sur l'appui extérieur fondé sur l'engagement de l'Etat et sur des plans réalistes, ainsi que sur le renforcement des capacités nationales d'éviter la dépendance.
La réunion de Harare a surtout débouché sur des recommandations concernant les problèmes cruciaux de développement du secteur de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement et sur un plan d'action. Les participants ont souligné que l'accès à l'approvisionnement en eau et à l'assainissement constituait un déterminant majeur de l'amélioration de la santé et du bien-être de la population africaine. A cet égard, ils ont exprimé leurs préoccupations devant le manque de fiabilité durable des services d'approvisionnement en eau et d'assainissement dans la Région africaine. De nombreux pays ont signalé qu'à tout moment plus de 40% des équipements d'approvisionnement en eau et d'assainissement en milieu rural ne sont pas opérationnels et qu'en milieu urbain les pertes d'eau dans les réseaux de distribution atteignent parfois 50 % ou plus.
Afin d'améliorer la situation, la réunion a recommandé aux pays africains d'intensifier leurs efforts visant à décentraliser le secteur de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement, ainsi qu'à promouvoir la gestion communautaire des services d'approvisionnement en eau et d'assainissement par la participation et par des initiatives de partage des coûts.
Les participants ont également recommandé aux responsables politiques et aux décideurs d'accorder une place prioritaire à l'approvisionnement en eau et à l'assainissement dans le cadre du plan national de développement de chaque pays. Ils ont prié l'OMS de continuer à accueillir le Secrétariat d'Afrique 2000 et d'aider les Etats Membres à mobiliser les ressources internationales nécessaires pour appliquer les recommandations et le plan d'action adoptés à la réunion. Dans ses remarques à la fin de la réunion, le Dr Ebrahim Samba, Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, a souligné que l'approvisionnement en eau et l'assainissement constitueront des composantes majeures de la Division de l'Hygiène du Milieu qui vient d'être créée au Bureau régional OMS de l'Afrique.
Le but de l'initiative AFRIQUE 2000, adoptée en 1993, était de créer une vision commune pour l'approvisionnement en eau et l'assainissement fondée en partie sur l'utilisation optimale des compétences et du matériel disponibles sur place pour faire face aux problèmes urgents en matière d'approvisionnement en eau et d'assainissement et aux besoins de tous les pays africains. L'initiative recommandait que ce soient les pays africains qui s'occupent en priorité de leur propre développement et se donnent les moyens d'agir à tous les niveaux; qu'ils forment des partenariats et favorisent la collaboration (aux niveaux local et extérieur) afin d'optimiser la mobilisation de toutes les ressources possibles pour le secteur de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement; et qu'ils favorisent le développement sur la base des compétences et des ressources locales.
A la fin de la Décennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement en 1990, la plupart des pays africains n'avaient pas réussi à atteindre les objectifs fixés pour la Décennie et c'est de ce constat qu'est née l'initiative. Seuls 288 millions d'Africains (45 % de la population) étaient approvisionnés en eau saine et 229 millions, soit à peine 36 % de la population, avaient accès à des moyens d'assainissement adéquats. Les projections pour l'an 2000 fondées sur les évaluations à moyen terme indiquent que le fossé entre les populations desservies et non desservies s'élargit. Si des efforts majeurs ne sont pas consentis immédiatement, il est probable que le nombre des Africains non approvisionnés en eau saine passera de 345 millions en 1990 à 447 millions en l'an 2000 et que moins d'un tiers des Africains auront accès à des moyens d'assainissement adéquats au début du siècle prochain.
Les conséquences pour la santé sont énormes. On estime que la moitié de la population africaine est toujours atteinte d'une ou plusieurs des six principales maladies associées à des équipements insatisfaisants en matière d'eau et d'assainissement (diarrhée, ascaridiase, dracunculose, ankylostomiase, schistosomiase et trachome). On compte chaque année en Afrique environ 3 millions de décès évitables d'hommes, de femmes et d'enfants à la suite de maladies liées à l'eau et l'assainissement, ce qui fait bien ressortir la nécessité urgente de trouver des réponses et des solutions nouvelles. Les indicateurs sociaux et sanitaires actuels en Afrique - espérance de vie à la naissance de 46 ans, taux de mortalité infantile de 125 pour 1000 naissances vivantes et taux de mortalité des moins de cinq ans de 200 pour 1000 naissances vivantes - seraient sensiblement améliorés si chacun avait accès à une eau saine et à des moyens d'assainissement adéquats dans la Région.
Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Philippe Stroot, Cordonnateur des Relations avec les Médias, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 25 35. Télécopie : (41 22) 791 48 58. Email strootp@who.int
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