Press Release

Communiqué OMS/80
4 novembre 1998

LE DIRECTEUR GENERAL ET LES PAYS AFFECTES PAR L'OURAGAN MITCH LANCENT UN APPEL A L'AIDE INTERNATIONALE

Le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Dr George Alleyne, son Directeur régional pour les Amériques (OMS/AMRO), ainsi que des représentants des cinq pays d'Amérique centrale dévastés par l'ouragan Mitch ont lancé aujourd'hui à Genève un appel à l'aide internationale pour faire face aux besoins humanitaires immédiats et restructurer à plus long terme le secteur de la santé.

Mitch, qui est la pire tempête tropicale du siècle dans le bassin Atlantique, a fait au moins 3000 morts à Belize, au Guatemala, au Honduras, au Nicaragua et au Salvador. Près de 3000 personnes sont portées disparues, au moins sept cent cinquante mille ont été déplacées et plus de 3,3 millions d'habitants de la région sont affectés par l'ouragan.

L'ouragan Mitch a interrompu les programmes de santé publique, contaminé l'eau de boisson, compromis les conditions sanitaires et, dans son sillage, ouvre la porte à une prolifération des moustiques vecteurs de maladies. Tous ces facteurs réunissent les conditions d'une propagation des maladies transmissibles et une réaction internationale s'impose d'urgence pour éviter que la santé des populations de la région ne se détériore rapidement, a averti l'OMS. En outre, l'ouragan a dévasté l'infrastructure sanitaire et les installations de santé qui subsistent ne seront probablement pas capables de faire face à une augmentation considérable du nombre des patients.

« Ensemble, les gouvernements du Canada, de la Suède et des Etats-Unis d'Amérique ont déjà consacré 1,3 million de US$ aux efforts de secours, mais il en coûtera bien davantage pour reconstruire les systèmes de santé de manière plus durable», a souligné le Dr Brundtland. « Nous sommes reconnaissants pour la réponse généreuse qu'a déjà suscitée l'appel lancé par AMRO, mais nous devons élargir cet appel au monde entier et demander aux bailleurs de fonds de répondre non seulement aux besoins humanitaires d'urgence mais aussi de penser au moyen terme».

Aujourd'hui l'OMS a lancé un appel pour un montant de US$ 10 millions destinés aux secours sanitaires d'urgence, montant qui sera réévalué en fonction des nouveaux besoins éventuels. Des fonds étaient nécessaires d'urgence pour procéder à une réparation immédiate des hôpitaux et centres de santé affectés par l'ouragan, pour établir des systèmes de surveillance afin de détecter des maladies telles que la dengue, la diarrhée, le choléra et d'autres, ainsi que pour acheter des fournitures sanitaires, des insecticides, des conteneurs d'eau et du chlore.

« Il s'agit d'une catastrophe majeure. Nous n'avons jamais pensé qu'elle prendrait de telles proportions », a déclaré son Excellence Alvaro Montenegro, l'Ambassadeur du Nicaragua à Genève. « L'infrastructure du pays a été détruite, même dans la capitale, Managua ».

« Le nord, l'est, le sud et l'ouest du pays ont été affectés. L'infrastructure a été détruite, surtout les ponts. Nous avons besoin de davantage d'aide de la part de l'OMS et nous aimerions que l'Organisation soit présente au Honduras, » a déclaré Mme Fabiola Licona, de la Mission du Honduras à Genève.

Les Ambassadeurs du Guatemala et du Salvador, leurs Excellences Luis Alberto Padilla et Victor Manuel Lagos Pizzati, ont également indiqué que leurs pays respectifs avaient été frappés par l'ouragan. "Il est possible que nous soyons moins touchés que le Nicaragua et le Honduras, mais notre infrastructure est détruite partout», a confirmé l'Ambassadeur Padilla.

«L'OMS/AMRO a collaboré avec nos Ministères de la Santé et des Affaires étrangères pour élaborer des stratégies de préparation aux situations d'urgence. Sans le travail de l'OMS/AMRO, les dégâts infligés par l'ouragan auraient été beaucoup plus graves », a déclaré l'Ambassadeur Pizzoti.

Les autorités nationales de santé des cinq pays, assistés par le Programme de Secours d'urgence et de Préparation aux catastrophes de l'OMS/AMRO, ont envoyé des missions d'évaluation rapide de la situation sanitaire dans les zones affectées, dans les 48 heures après le passage de l'ouragan. Les équipes d'évaluation ont recommandé que cinq activités soient mises en oeuvre d'urgence dans une région où le quart de la population à été déplacé et un tiers isolé de tout. Ces activités ont consisté à mettre sur pied un système d'alerte précoce et de réponse aux épidémies, à procéder à une réparation minimum de quelques hôpitaux et dispensaires de soins de santé primaires clés, à prendre des mesures de lutte contre les vecteurs ainsi que dans le domaine de l'eau et de l'assainissement, et à acheter localement des fournitures médicales.

« AMRO a été prié d'assumer la coordination des mesures prise pour faire face à la catastrophe ainsi que pour en atténuer les conséquences sanitaires. Le Bureau régional de l'OMS s'assure l'appui d'épidémiologistes et d'experts en matière de lutte contre les vecteurs, et applique le système de gestion des approvisionnements d'urgence (SUMA) afin d'assurer une distribution rationnelle des secours dans les zones affectées», a déclaré le Dr Alleyne. « Afin que ce système fonctionne sans accroc, il est important que les donateurs veillent à n'envoyer que les fournitures dont les responsables nationaux confirment eux-mêmes avoir besoin ».

Face à cette crise, l'OMS collabore étroitement avec le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires. (OCHA).


Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à l'OMS à Genève, à Gregory Hartl, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 44 58. Télécopie : (41 22) 791 48 58. E-Mail: hartlg@who.int

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