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Communiqué OMS/85
12 novembre 1998DIABETE ET DROITS DE L'HOMME
14 novembre 1998 - Journée mondiale du Diabète
"La possession du meilleur état de santé qu'il est capable d'atteindre constitue l'un des droits fondamentaux de tout être humain quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale" Constitution de l'OMS A l'occasion de la Journée mondiale du Diabète, placée cette année sous le thème du diabète et des droits de l'homme, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la Fédération internationale du Diabète ont souligné les inégalités frappantes d'accès aux soins de santé auxquelles doivent faire face les quelque 120-140 millions de diabétiques que compte la planète.
Si le thème du diabète et des droits de l'homme a été choisi cette année, c'est pour promouvoir les droits des diabétiques aux soins de santé, a l'information, à l'éducation et à l'égalité des chances en matière d'emploi, ainsi que pour marquer l'Année des Droits de l'Homme, qui commémore le cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.
L'OMS et la Fédération Internationale du Diabète ont également mis l'accent sur la nécessité urgente de préparer les services nationaux de santé à l'augmentation prévue du nombre de diabétiques qui pourrait bien doubler d'ici 2025. Selon les estimations de l'OMS, cette augmentation va surtout concerner les pays en développement où elle pourrait atteindre 150% à 170%.
Face à l'augmentation rapide du nombre des diabétiques dans les pays en développement, l'OMS et la Fédération ont souligné la nécessité urgente de développer les programmes nationaux de lutte contre le diabète en réorganisant les systèmes de soins de santé et en réexaminant les priorités.
Comme l'a souligné le Dr Hilary King, chargé de la question à l'OMS à Genève, "le droit des diabétiques aux soins médicaux suppose un diagnostic précoce et une prise en charge adéquate, la disponibilité d'insuline et de médicaments oraux pour le dosage de la glycémie et des conseils en matière de régime alimentaire et d'exercice physique. Mais d'abord et surtout, il faut que les soins médicaux soient abordables et facilement accessibles."
Aujourd'hui déjà, le diabète absorbe une part croissante des budgets nationaux de la santé. A titre d'exemple, en Tanzanie en 1989-1990, sur un budget total des soins de santé de US $47.2 millions, les dépenses dues aux soins ambulatoires pour les diabétiques étaient estimées à US $2.7, l'approvisionnement en insuline absorbant a lui tout seul US$800 000.
Indispensable à la survie de certains diabétiques et nécessaire pour maintenir une glycémie proche de la normale chez d'autres, l'insuline reste sous-utilisée dans de nombreux pays en développement. Or une récente analyse révèle qu'actuellement 3 % seulement des diabétiques des pays en développement suivent une insulinothérapie contre 13 % dans les pays développés, pour des raisons complexes qui vont de certaines idées reçues dénuées de fondement à des pénuries chroniques.
Comme l'a expliqué le Dr King, ces pénuries chroniques peuvent être dues non seulement au financement insuffisant du secteur de la santé, mais aussi à des achats inappropriés, une distribution peu efficace et un stockage inadéquat. Dans bien des pays en développement, on trouve de l'insuline dans les centres urbains, à un certain prix, mais pas du tout dans les campagnes, car il n'y a pas de réseaux de distribution ou de moyens de stockage adéquats.
Les diabétiques ont droit à l'éducation et à l'information pour améliorer la qualité de leur vie. L'éducation et l'information sont indispensables pour surmonter les idées fausses très répandues concernant l'insuline. Par exemple, on croit souvent que l'injection d'insuline est une forme de toxicomanie et il arrive qu'on refuse de l'utiliser même quand elle est disponible gratuitement. Des informations fiables fournies par une source respectée sont nécessaires pour mettre les choses au point et rétablir la vérité.
Pour Maria L. de Alva, Présidente de la Fédération internationale du Diabète, "la sensibilisation du public et la compréhension constituent des facteurs majeurs dans le dépistage et le diagnostic précoces du diabète. La formation des professionnels doit également être améliorée pour que le diabète soit diagnostiqué plus rapidement par les professionnels des soins de santé et pour qu'on puisse apprendre aux diabétiques à se prendre en charge eux-mêmes dans toute la mesure du possible".
Au même titre que les autres maladies non transmissibles majeures comme les maladies cardio-vasculaires, le cancer et les affections respiratoires chroniques, le diabète devrait devenir au cours du prochain quart de siècle l'une des premières causes mondiales d'incapacité et de décès.
Coparrainée par l'OMS et la FID depuis 1991, la Journée mondiale du Diabète permet de mieux sensibiliser le public, les professionnels et les responsables politiques à cette maladie.
Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Igor Rozov, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 25 32. Télécopie : (41 22) 791 48 58. Email : rozovi@who.ch
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