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Communiqué OMS/86
16 novembre 1998PUBLICATION DE LA PREMIERE ANALYSE MONDIALE DU POIDS DE LA MORBIDITE LIE A L'ACTIVITE SEXUELLE ET A LA REPRODUCTION
Deux experts de l'OMS, le Dr Christopher Murray et le Dr Alan Lopez, viennent de publier Health Dimensions of Sex and Reproduction.* Pour la première fois, les auteurs de cet ouvrage s'attachent à quantifier à l'échelle mondiale le poids de la morbidité lié à l'activité sexuelle et à la reproduction. Ils expriment, en années de vie corrigées de l'incapacité (DALY), le fardeau de la mortalité prématurée et celui de l'incapacité.
Même en appliquant les définitions les plus restrictives, les auteurs ont constaté que la mauvaise santé génésique reproductive représente 5 à 15 % du fardeau mondial de la maladie. Les décès et l'incapacité sont surtout liés à la grossesse et à l'accouchement, aux maladies sexuellement transmissibles, dont le VIH/SIDA, et aux cancers des organes reproducteurs. En outre, des projections sur dix ans pour la période 1990-2000 donnent à penser que la mauvaise santé génésique demeurera une cause majeure de mortalité et d'incapacité dans le monde.
Dans l'ouvrage Health Dimensions of Sex and Reproduction, troisième volume de la série Global Burden of Disease and Injury, les auteurs se sont efforcés, pour la première fois, de calculer la part du poids de la morbidité qui résulte de rapports sexuels non protégés. Les calculs effectués montrent que, dans le monde en 1990, l'activité sexuelle risquée a été à l'origine de plus d'un million de décès (2 % de tous les décès d'adultes dans le monde) et de près de 50 millions d'années de vie corrigées de l'incapacité perdues (3,5 % du total des DALY perdues).
Les auteurs ont défini les rapports sexuels protégés comme étant des rapports consensuels avec un partenaire qui n'est infecté par aucun agent pathogène sexuellement transmissible et impliquant l'utilisation de contraceptifs appropriés pour éviter une grossesse, à moins que le couple n'essaie intentionnellement d'avoir un enfant.
Les personnes les plus durement touchées sont les nourrisons, qui sont affectés par la santé génésique de leur mère, et les adultes en âge de procréer (de 15 à 44 ans). Chez les femmes en âge de procréer, 12 % des décès et 15 % des années de vie perdues résultent de rapports sexuels non protégés. En Afrique subsaharienne, ces proportions s'élèvent respectivement à 26 % et 30 %. Ces chiffres élevés ne sont toutefois pas l'apanage de l'Afrique, car en Inde, en Amérique latine et dans les Caraïbes, les rapports non protégés sont aussi responsables d'une large part du fardeau total.
Bon nombre des conséquences les plus graves des rapports sexuels non protégés (infections génitales hautes, cancer du col, stérilité et répercussions des avortements non médicalisés) frappent les femmes. Ce fardeau est non seulement extrêmement lourd chez la femme, mais, jusqu'à une date assez récente, il était aussi relativement peu connu. Cependant, étant donné qu'une forte proportion des infections à VIH résulte de rapports sexuels non protégés, le fardeau est aussi comparativement élevé chez l'homme.
Les rapports non protégés sont un facteur de risque important pour la mortalité et l'incapacité liées à l'activité sexuelle et à la reproduction, mais ils ne sont nullement le seul facteur en cause. Même une grossesse désirée et un accouchement peuvent être dangereux pour les femmes, car le manque de soins appropriés peut nuire à leur santé et à celle de leurs enfants. A l'échelle mondiale, les causes maternelles représentent environ la moitié du fardeau total de la maladie imputable à la mauvaise santé génésique. Une large part du fardeau maternel est due à des complications obstétricales telles que l'hémorragie grave, l'infection et la dystocie d'obstacle. Ce fardeau est cependant évitable, car il existe des interventions de santé publique relativement simples et présentant un rapport coût/efficacité satisfaisant.
L'analyse présentée dans Health Dimensions of Sex and Reproduction frappe le lecteur par le fait qu'elle met en évidence le jeune âge auquel intervient une large part du fardeau de la maladie imputable à la mauvaise santé génésique. Cet ouvrage montre clairement qu'il ne suffit pas de mesurer la morbidité en comptant seulement le nombre de décès pour bien saisir l'ampleur du problème. Les années de vie corrigées de l'incapacité (DALY) sont utilisées dans cette analyse pour mesurer le fardeau de la maladie, parce qu'elles tiennent compte à la fois de l'âge auquel la maladie survient et du temps vécu avec une incapacité due à un problème de santé génésique. Les DALY sont donc préférables aux simples indicateurs de mortalité utilisés précédemment.
"Cela fait presque cinq ans que la Conférence internationale sur la population et le développement est parvenue à un consensus au sujet de la notion de santé en matière de reproduction. Ce volume montre que s'ils doivent encore être précisés, les risques pour la santé reproductive sont nombreux et constituent une préoccupation majeure en santé publique", a fait observer le Dr Julio Frenk, Directeur exécutif du groupe organique OMS Bases factuelles et Information à l'Appui des Politiques de Santé.
Health Dimensions of Sex and Reproduction est le troisième volume de la série Global Burden of Disease and Injury, qui est publiée par la Harvard School of Public Health pour le compte de l'OMS et de la Banque mondiale. Le volume IV The Global Epidemiology of Infectious Diseases et le volume V The Global Epidemiology of Non-Communicable Diseases devraient paraître dans le courant de l'année prochaine.
* Health Dimensions of Sex and Reproduction: the Global Burden of Sexually Transmitted Diseases, HIV, Maternal Conditions, Perinatal Disorders and Congenital Anomalies, publie sous la direction de Christopher J L Murray et d'Alan D Lopez, ISBN 0-674-38335-4.
Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à l'OMS à Genève, à Gregory Hartl, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 44 58. Télécopie : (41 22) 791 48 58. E-Mail: hartlg@who.ch
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