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Communiqué OMS/91
4 décembre 1998SCHISTOSOMIASE UN FLÉAU SILENCIEUX QUI MENACE LE DÉVELOPPEMENT
Plus de 200 millions de personnes dans le monde souffrent de schistosomiase, une infection parasitaire qui, si elle n'est pas combattue, peut entraîner des pathologies des voies biliaires et urinaires et des cancers de la vessie. Plus de 20 millions de personnes, dont une grande majorité en Afrique, en ont déjà une infection chronique et, sur ce continent, cette maladie est endémique dans 48 pays.
La lutte contre ce fléau est simple mais l'intérêt a décliné au cours des dernières années. Se réunissant au Siège de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Genève, du 2 au 4 décembre, plus de 50 experts venus de 22 pays ont cherché les moyens de susciter une prise de conscience internationale du problème posé par la schistosomiase et d'atteindre un plus grand nombre de personnes infectées.
«Nous avons un médicament efficace, le praziquantel, qui détruit les schistosomes et les coûts du traitement ne dépassent pas 0,30 à 0,40 dollars des Etats-Unis. Cependant, à cause du nombre de personnes infectées, la plupart des pays en développement n'ont pas les moyens d'acheter des quantités suffisantes de médicaments. Souvent les systèmes de distribution n'existent pas non plus,» a déclaré le Dr Lorenzo Savioli, Chef de l'équipe de lutte de l'OMS contre la schistosomiase et les parasites intestinaux.
Il existe depuis longtemps une association entre le problème de la schistosomiase et l'expansion de l'agriculture dans les pays en développement. Chaque fois que l'on entreprend la construction d'une digue ou d'autres projets de développement agricole, le problème apparaît rapidement dans les zones adjacentes. Il existe un lien direct entre la présence de masses d'eau stagnantes, l'insuffisance des systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement et le développement de la schistosomiase endémique.
Certains pays, du Brésil à la Chine en passant par l'Egypte et le Maroc, ont pourtant montré que des mesures faciles à mettre en uvre peuvent maîtriser la schistosomiase et même l'éliminer des menaces qui pèsent sur la santé publique. Parmi les mesures ayant le mieux prouvé leur efficacité, on trouve le traitement répété des personnes vivant dans des régions de forte endémicité et le ciblage des enfants d'âge scolaire. Il est important de cibler les enfants dans la tranche d'âge de cinq à 15 ans, pour modifier les comportements et arrêter les effets de l'infection avant que des lésions permanentes ne surviennent. Il s'agit de la tranche d'âge la plus infectée, la plus susceptible de manifester les signes cliniques et, par conséquent, celle qui réinfecte les communautés.
La schistosomiase se transmet par les ufs de schistosomes libérés par les patients infectés lorsqu'ils défèquent ou urinent dans des puits, des lacs ou des circuits d'alimentation en eau.
Les participants ont également recommandé de développer des moyens d'assurer la délivrance et la distribution du praziquantel à bas prix, une prise en charge et un diagnostic corrects des cas cliniques, ainsi que l'évaluation rapide et la surveillance de la schistosomiase.
Les données scientifiques montrent qu'une dose unique de praziquantel peut faire régresser 90 % des lésions des voies urinaires chez les enfants d'âge scolaire après seulement six mois, tandis que le traitement régulier, administré aux enfants entre cinq et quinze ans, peut prévenir les conséquences à long terme à l'âge adulte. Mais même les personnes traitées au praziquantel, guéries de leur infection et débarrassées de leur maladie clinique, ont tendance à se réinfecter. Pour maintenir l'absence de symptômes dans les populations, des doses annuelles, ou même un traitement tous les deux ans dans les régions de faible transmission, sont nécessaires.
« Souvent, les gens ne réalisent pas la gravité de la schistosomiase parce que les conséquences n'apparaissent pas avant plusieurs années et, même alors, beaucoup ne se rendent pas compte du lien entre les deux. De surcroît, l'OMS éprouve parfois des difficultés à assurer l'appui international parce que nous ne disposons pas encore d'un vaccin contre le parasite. Une lutte efficace reste néanmoins possible avec la construction de systèmes corrects d'approvisionnement en eau et d'assainissement et des modifications des comportements, a ajouté le Dr Savioli. »
Les experts de l'OMS ont souligné que le besoin de renouveler le traitement à intervalle régulier, notamment chez les enfants d'âge scolaire, ne devait pas empêcher la communauté internationale de s'occuper de ce fléau. « Même si ne nous pouvons pas débarrasser le monde de ce parasite, nous pouvons guérir la maladie. Il est donc impératif que nous agissions dès maintenant pour sauver ces enfants des conséquences beaucoup plus graves qui les attendent à l'âge adulte si l'infection n'est pas soignée, a dit le Dr Savioli. Faute de les traiter, l'humanité se ridiculiserait, le développement en souffrirait dans de nombreux pays et nous manquerions à nos devoirs moraux. »
Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à l'OMS à Genève, à Gregory Hartl, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 44 58. Télécopie : (41 22) 791 48 58. E-Mail: hartlg@who.int
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