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Communiqué AMS/5
FIDEL CASTRO A L'ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE :
14 mai 1998LE COUT DES SOINS DE SANTE UNIVERSELS EQUIVAUT A 3 % DES DEPENSES MILITAIRES DANS LE MONDE
"Selon des estimations des Nations Unies, le coût de l'accès universel à des services de santé élémentaires s'élèverait à 25 milliards de dollars par an, soit 3 % des 800 milliards actuellement consacrés aux dépenses militaires" , a déclaré le Président cubain Fidel Castro devant les délégués et invités rassemblés pour célébrer le cinquantième anniversaire de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), à l'occasion de la Cinquante et Unième Assemblée mondiale de la Santé.Il participait à un forum de Chefs d
'Etat et de gouvernement ayant pour thème "La santé pour tous au XXIe siècle", en même temps que M. Tofilau Eti Alesana, Premier Ministre du Samoa, M. Henri Konan Bédie, Président de la Côte d'Ivoire, et Mme Ruth Dreifuss, Vice-Présidente de la Confédération suisse. Dans un monde où la croissance économique a été multipliée par six entre 1950 et 1997, pourquoi, a demandé M. Castro en guise de défi , "pourquoi 12 millions d'enfants de moins de cinq ans meurent-ils encore chaque année ? Pourquoi 200 millions d'enfants de moins de cinq ans souffrent-ils de malnutrition ? Pourquoi 250 millions d'enfants et d'adolescents travaillent-ils ? Comment se fait-il que 110 millions d'enfants n'aillent pas à l'école primaire ? "M. Castro a rappelé que 17 millions de personnes mouraient chaque année dans le monde "victimes de maladies infectieuses qui, pour la plupart, pourraient être soignées et, pour beaucoup, évitées moyennant un coût parfois inférieur à un dollar. Malgré les efforts déployés par l
'OMS et par l'UNICEF depuis 50 ans ... plus de 600 millions d'enfants et 25 millions de mères sont morts faute de soins médicaux" , a-t-il poursuivi.M. Castro a fait observer que, bien souvent, les prix des médicaments étaient hors de portée pour l
'écrasante majorité des patients des pays en développement. "Le contrôle des marchés et des brevets par les grandes sociétés multinationales leur permet de pratiquer des prix plus de dix fois supérieurs aux coûts de production" . Il s'est dit préoccupé par l'émergence de maladies infectieuses nouvelles et la réémergence de maladies anciennes. "Si nous ne parvenons pas à vaincre le SIDA, c'est le SIDA qui sapera les bases de nombreux pays du tiers monde où aucun patient ne peut s'offrir les traitements disponibles, dont le prix de revient s'élève à 10 000 dollars par personne et par an ..." .S
'exprimant au nom de tous les pays africains, M. Henri Konan Bédie, Président de la Côte d'Ivoire, a déclaré que "à l'aube du XXIe siècle, la santé occupe une place stratégique." Il a fait observer que "le continent africain a été frappé à la fois par la crise économique et financière la plus grave de son histoire et par des conflits fratricides accentuant la pauvreté de ses populations." En Afrique, les problèmes de santé publique prennent des proportions alarmantes. Le poids des endémies traditionnelles s'est considérablement alourdi depuis quelques années avec l'apparition de nouvelles maladies infectieuses. L'urbanisation rapide a favorisé toutes sortes de nouveaux facteurs issus de l'environnement qui influencent la santé. "L'Afrique est en outre confrontée, plus que partout ailleurs, aux ravages de la pandémie du SIDA qui fauche littéralement nos jeunes générations les plus productives. La pandémie a déjà fait régresser presque partout l'espérance de vie des Africains d'une bonne décennie" , a déclaré M. Bédie. Cependant, malgré toutes ces difficultés, les pays africains, en coopération avec les institutions des Nations Unies, oeuvrent ensemble pour garantir au continent un avenir plus sain. "L'inégalité devant la santé est souvent le reflet et la conséquence des inégalités sociales" , a déclaré Mme Ruth Dreifuss, Vice-Présidente de la Confédération suisse, dans son allocution devant l'Assemblée. Elle a appelé l'attention sur le fait que, "malgré le niveau de santé en Suisse, nous faisons le même constat que l'Organisation mondiale de la Santé dans le contexte international : l'égalité des chances continue d'être menacée" . Elle a énuméré un nombre croissant de facteurs de risque dans la société : absence de sécurité d'emploi, précarité des réseaux d'aide sociale et détérioration de l'environnement. "Nous avons l'avantage de pouvoir nous appuyer sur les conceptions et les solutions pratiques proposées par l'Organisation mondiale de la Santé dans sa nouvelle stratégie de la santé pour tous, et en particulier sur les propositions qui visent à assurer un développement durable des systèmes de soins de santé", a déclaré Mme Dreifuss. En conclusion, la Vice-Présidente de la Confédération suisse a réaffirmé l'engagement de son pays en faveur d'une "politique de santé qui a pour ambition une société plus équitable".Prenant la parole devant l
'Assemblée de la Santé au nom des pays insulaires du Pacifique, qui ont beaucoup en commun, M. Tofilau Eti Alesana, Premier Ministre du Samoa, a déclaré en substance : "L'OMS a joué et continue de jouer un rôle très important dans notre développement sanitaire, en particulier dans les domaines de la formation des ressources humaines et de l'appui technique ". Le poids des maladies transmissibles se fait encore sentir dans toute la région du Pacifique. L'OMS a apporté une aide précieuse dans la lutte contre le paludisme, la dengue et la filariose. "Pour rester bien portants, protéger la santé de leur famille et préserver la salubrité de l'environnement, les gens ont besoin de connaissances, d'informations et de compétences" , a conclu M. Tofilau Eti Alesana._________________________________________________________
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