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Communiqué WHA/8
16 mai 1998
CLOTURE DE LA CINQUANTE ET UNIÈME ASSEMBLÉE MONDIALE DE
LA SANTÉ À GENEVE
L'Assemblée mondiale de la Santé marquant le cinquantième anniversaire de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a terminé ses travaux aujourd'hui à Genève.
Les délégués des 191 Etats Membres de l'OMS ont examiné et adopté la Déclaration mondiale sur la santé reconnaissant que, "pour faire évoluer la situation sanitaire mondiale, nous devons donner effet à la 'politique de la santé pour tous pour le XXIe siècle' par la mise en oeuvre de politiques et de stratégies régionales et nationales appropriées". Les délégués ont proclamé dans la Déclaration que "en tant que communauté de nations, nous agirons ensemble pour faire face aux dangers communs qui menacent la santé et pour promouvoir le bien-être universel".
L'Assemblée a élu un nouveau Directeur général de l'OMS en la personne du Dr Gro Harlem Brundtland, ancien Premier Ministre norvégien dont le mandat de cinq ans commencera le 21 juillet prochain. Le Directeur général sortant, le Dr Hiroshi Nakajima, a présenté ses voeux au Dr Brundtland, soulignant aujourd'hui devant l'Assemblée que "ses dons, son expérience et ses convictions seront très précieux pour elle-même et pour l'OMS dans l'accomplissement de sa tâche". « Je sais, » a-t-il ajouté, « que l'Organisation va se retrouver dans de bonnes mains et que vous donnerez au Dr Brundtland tout l'appui dont elle aura besoin ».
Pour marquer le cinquantième anniversaire de l'OMS, un forum de chefs d'Etat et de gouvernement a été organisé sur le thème de la santé pour tous au XXIe siècle avec la participation du Vice-Président de la Confédération suisse, Mme Ruth Dreifuss, du Président cubain, M. Fidel Castro, du Président de la Côte d'Ivoire, M. Henri Konan Bédié, et du Premier Ministre du Samoa, M. Tofilau Eti Alesana.
Lors de la cérémonie annuelle de remise des distinctions, Mme Hillary Rodham Clinton, épouse du Président des Etats-Unis d'Amérique, a reçu le Prix de la Fondation des Emirats arabes unis pour la santé en reconnaissance de ses "contributions et réalisations dans le domaine de la santé et de la protection sociale". Les autres lauréats étaient : Mme Roselyn Mokgantsho Mazibuko (Afrique du Sud), le Dr Ahmed Abdul Qadr Al Ghassani (Oman) et le College des Sciences médicales de Gondar (Ethiopie).
Le rapport sur la santé dans le monde, 1998 "La vie au XXIe siècle une perspective pour tous" a été bien accueilli par les délégués qui l'ont examiné attentivement. Le sentiment général qui a prévalu était que, si l'Organisation pouvait être fière du bilan de ses cinquante premières années, il restait encore beaucoup à faire pour atteindre la "santé pour tous".
Ainsi que l'a déclaré le Dr Faisal Radhi Al-Mousawi (Bahrëin), Président de la Cinquante et Unième Assemblée mondiale de la Santé, "nous avons eu le privilège d'entendre un rapport optimiste sur la santé dans le monde qui met l'accent sur une amélioration encourageante de la situation sanitaire mondiale dans son ensemble. Ce résultat positif ne doit pas toutefois occulter les tâches énormes que nous devons encore accomplir pour réduire continuellement la morbidité et promouvoir la santé et le bien-être dans le monde entier en vouant une attention particulière aux pays et aux communautés les plus démunis".
Au cours des cinquante dernières années, l'espérance de vie moyenne est passée de 46 à 66 ans. La variole a été éradiquée. La poliomyélite est en passe d'être reléguée aux manuels d'histoire de la médecine. En outre, les perspectives sont bonnes d'éliminer la lèpre, la rougeole, la maladie de Chagas, la dracunculose, le tétanos néonatal et les carences en micronutriments. Mais les disparités en matière de santé restent criantes entre riches et pauvres.
Comme l'a fait observer le Dr Nakajima, "le nombre de décès parmi les moins de cinq ans, de 21 millions en 1955, est tombé à 10 millions en 1997, mais ce chiffre est encore beaucoup trop élevé. Dans certains pays qui représentent plus de 50 millions d'habitants, l'espérance de vie moyenne reste inférieure à 45 ans. Environ 585 000 femmes meurent encore chaque année des suites d'une grossesse, 99 % d'entre elles dans des pays en développement. Quant à la mortalité maternelle, une femme sur 1400 risque de mourir en Europe, une sur 65 en Asie et une sur 16 en Afrique."
L'un des points de l'ordre du jour les plus délicats avait trait aux modalités d'affection des crédits du budget de l'OMS. Le Conseil exécutif de l'OMS avait proposé une redistribution des ressources de programmes aux pays fondée essentiellement sur un indicateur du développement. Après deux journées de discussions houleuses, les délégués ont décidé qu'à l'avenir les budgets programmes seraient établis selon une méthodologie objective et transparente et que toute réduction que subirait une Région ne devrait pas dépasser 3 % par an sur une période de six ans. "Cette décision de l'Assemblée fera date", a déclaré le Dr Nimal Seripala de Silva, Président de la Commission.
L'Assemblée a adopté des résolutions sur divers sujets, notamment la lutte contre les maladies non transmissibles, les maladies émergentes et autres maladies transmissibles, la résistance aux antimicrobiens, les conséquences éthiques, scientifiques et sociales du clonage dans le domaine de la santé humaine, l'élimination mondiale du trachome cécitant, la promotion de la santé, la tuberculose, l'élimination de la transmission de la maladie de Chagas, l'élimination de la lèpre en tant que problème de santé publique et, enfin, l'action concertée de santé publique contre les mines antipersonnel.
S'agissant de la Décennie internationale des populations autochtones, l'Assemblée a adopté une résolution dans laquelle les Etats Membres de l'OMS sont instamment invités « à mettre au point et appliquer des plans d'action ou des programmes nationaux pour la santé des populations autochtones". Ils sont également invités à "respecter, préserver et maintenir les connaissances en matière de soins et de médecine traditionnels, en étroite coopération avec les populations".
S'agissant d'environnement, deux résolutions ont été adoptées, l'une sur la stratégie d'assainissement pour les communautés à haut risque et l'autre sur la protection de la santé contre les menaces liées aux changements climatiques et à l'appauvrissement de la couche d'ozone stratosphérique.
Une résolution en particulier, relative à la stratégie pharmaceutique révisée, a été renvoyée au Conseil exécutif de l'OMS pour examen plus approfondi à ses prochaines sessions en 1998 et début 1999.
Dans son allocution de clôture, le Dr Hiroshi Nakajima, Directeur général, qui fêtait aujourd'hui son soixante-dixième anniversaire, a rendu hommage aux délégués pour l'ardeur qu'ils ont mise à la tâche et l'esprit de respect mutuel dont ils ont fait preuve. "Tel est bien le sens des mots solidarité et démocratie : la recherche d'un consensus raisonnable où une communauté reconnaît pleinement les besoins et les convictions de chacun de ses membres."
Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Valery Abramov, Communication pour la Santé et Relations publiques, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 7912543. Télécopie : (41 22) 791 4858. Email : abramovv@who.ch.
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