Communiqués de presse 1999

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Communiqué OMS/99/11
17 février 1999

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50 ANS DE SURVEILLANCE DE LA GRIPPE: BEAUCOUP RESTE A FAIRE POUR METTRE FIN A CE POURVOYEUR DE MORT ORDINAIRE

 

Les épidémies de grippe tuent des milliers de gens chaque année et font des millions de malades. Il s'agit là d'un problème majeur de santé publique qui pèse lourdement sur la productivité économique en raison de l'absentéisme des malades. Depuis que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a institué la surveillance de la grippe, de grands progrès ont été accomplis dans la lutte contre cette maladie en suivant les flambées en cours et en se préparant aux saisons grippales à venir.

Quoi qu'il en soit, en ouvrant aujourd'hui une réunion de plus de 300 éminents spécialistes internationaux, afin de marquer le 50éme anniversaire du réseau OMS de surveillance de la grippe, le Directeur général de l'Organisation a souligné que l'on pouvait et que l'on devait faire encore plus pour réduire le tribut que la maladie prélève par le monde.

Les principaux enjeux concernent les vaccins antigrippaux, a indiqué le Dr Gro Harlem Brundtland. Il faut les rendre plus efficaces, faire en sorte qu'ils puissent bénéficier aux populations exposées au risque et surtout, que les bons vaccins soient distribués aussi universellement que possible.

"Notre objectif est clair: continuer à réduire la morbidité et la mortalité grippales, en particulier dans les régions du globe qui ne disposent que de maigres ressources. Nous avons été capables d'améliorer l'action que nous ne cessons de mener depuis ces cinquante dernières années. Nous devons maintenant veiller à ce que ces améliorations de la prévention et de la lutte dans le domaine de la grippe soient disponibles partout dans le monde au siècle prochain ; perspective durablement ancrée dans la stratégie de la santé pour tous," a poursuivi le Dr Brundtland.

Pendant les deux jours que va durer la réunion, les spécialistes internationaux rassemblés à l'OMS se pencheront sur les moyens d'améliorer la prévention et la lutte et feront le bilan des progrès réalisés jusqu'ici.

Pour la première fois, l'OMS va distribuer aux participants un "Plan contre la pandémie" soulignant les processus et les questions qu'il serait bon que l'OMS et ses Etats Membres examinent en vue de se préparer à une éventuelle pandémie de grippe.

"Le délai dont nous disposons - entre la première reconnaissance d'un nouveau sous-type et le début d'une véritable pandémie - peut être trop court. Trop court pour mettre au point un vaccin et l'utiliser. Tout le temps gagné en planification préalable sera déterminant face à la menace. Un Groupe spécial de lutte contre les pandémies sera mis en place à l'OMS pour préparer, entre les pandémies, les mesures appropriées, chaque fois qu'un virus capable de déclencher une pandémie est signalé, et pour surveiller le niveau de préparation supposé," a dit le Dr Brundtland.

Le Programme OMS mondial de surveillance de la grippe compte d'ores et déjà 110 centres nationaux de la grippe situés dans 83 pays, à quoi s'ajoutent quatre centres collaborateurs de référence et de recherche pour les virus, situés en Australie, aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni. Les participants vont s'attacher à renforcer le réseau mondial de surveillance en créant des centres nationaux de la grippe dans les pays qui n'en possèdent pas encore et en consolidant ceux qui sont déjà en place, mais dont l'activité a fléchi au fil du temps. Les spécialistes vont également rechercher les moyens de créer un système pour l'établissement des priorités en matière de maladie et de stimuler la recherche et la diffusion d'informations sur les meilleures méthodes à mettre en œuvre pour prévenir et combattre la grippe.

C'est Hippocrate qui le premier a décrit la maladie en 412 av. J.C. et les poussées de syndromes grippaux sont bien documentées depuis 1173. Depuis 1580, 31 pandémies - c'est-à-dire une épidémie à l'échelle planétaire - possibles de ce type ont été recensées, dont trois au XXe siècle, en 1918, en 1957 et en 1968. Une pandémie peut tuer jusqu'à 20 millions de personnes ( comme cela fut le cas lors de la pandémie de grippe espagnole en 1918-1920 ), mais au cours de ce siècle, les épidémies saisonnières ont fait plus de victimes - par suite de complications - que les pandémies.

La propagation d'une souche particulière de virus peut marquer le pas au cours d'une épidémie en extension, ce qui donne un répit pour la mise en place progressive de mesures préventives à mesure que la pandémie progresse.

"Nous devons reconnaître que le caractère imprévisible d'une pandémie de grippe et la rapidité et la gravité des conséquences en cas d'apparition d'une souche virale à tendance pandémique, justifie amplement que nous ne relâchions pas notre vigilance et que par une planification appropriée, nous nous préparions à mieux y faire face," a ajouté le Dr Brundtland. 


Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Gregory Hartl, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 44 58. Télécopie : (41 22) 791 48 58. E-Mail: hartlg@who.int

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