Communiqués de presse 1999

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Communiqué OMS/99/13
19 février 1999

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PREMIER VACCIN CONTRE
LE CANCER DU COL:

LE REVE DEVIENT REALITE

Selon les scientifiques qui participent cette semaine à une réunion de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur l'état actuel de développement des vaccins prophylactiques contre les infections humaines à papillomavirus, plusieurs candidats sont bien placés pour devenir le premier vaccin contre le cancer du col jamais produit par génie génétique. S'il se révèle efficace, ce vaccin sera le deuxième à permettre la prévention d'un important cancer humain (le premier étant le vaccin contre l'hépatite B qui permet de prévenir le cancer primitif du foie ).

Chez la femme, le cancer du col est le second par ordre d'importance après le cancer du sein. On en diagnostique environ 500 000 nouveaux cas chaque année. La mortalité est très élevée - près de 300 000 décès par an, dont 80 % dans des pays en développement.

Il existe un écart énorme dans l'incidence de ce cancer entre les pays développés et les pays en développement, écart qui est dû en grande partie aux possibilités de dépistage et de traitement offertes dans les pays industrialisés. La proportion de cancers féminins attribuables au virus du papillome humain (VPH) en général va de 3 à 5 % en Amérique du Nord et en Europe occidentale, mais en Amérique latine, en Asie du sud-est et en Afrique subsaharienne, elle atteint 20 à 24 %.

Le cancer du col est une maladie sexuellement transmissible due au papillomavirus humain. L'infection se produit habituellement au cours des premières années d'activité sexuelle, mais vingt ans peuvent s'écouler avant la formation d'une véritable tumeur maligne. Les scientifiques pensent que pratiquement tous les cancers du col sont dus à seulement quelques types de VPH.

C'est en 1983 qu'a été découvert le rôle joué par le VPH dans le déclenchement du cancer du col. Le Centre OMS de recherche sur le Cancer de Lyon (CIRC), en France, a été de ceux qui ont ouvert la voie aux études épidémiologiques et aux travaux de laboratoire nécessaires à l'élucidation de cette maladie. Une décennie plus tard, les chercheurs de plusieurs pays travaillent à la mise au point d'un vaccin prototype.

Les voies suivies sont différentes mais toutes reposent sur la construction par génie génétique de particules de type viral au moyen des protéines extérieures de structure du VPH. Ces particules ne sont pas infectieuses ni cancérogènes car elles ne renferment pas d'ADN. Certaines équipes tentent de créer un vaccin à usage prophylactique, tandis que d'autres font plutôt porter leurs efforts sur un vaccin thérapeutique destiné aux femmes déjà porteuses du virus. D'autres associent les deux démarches. Tous, cependant, sont confrontés à d'énormes obstacles. La réplication des papillomavirus humain n'est pas possible en culture cellulaire et le virus ne peut pas non plus être transmis à l'animal ; par ailleurs, l'expérimentation humaine est limitée du fait que lorsque sa virulence est intacte, le virus est cancérogène.

" Comme les papillomavirus présentent une organisation génétique analogue, les modèles animaux ont permis de connaître le virus humain et son interaction avec l'hôte dans les conditions naturelles "explique le Dr Alfred Jenson de l'Université Georgetown à Washington (Etats-Unis d'Amérique ). " Les résultats expérimentaux obtenus sur modèles animaux, de même que des observations récentes effectuées à l'occasion d'essais de phase I, incitent fortement à penser qu'un vaccin prophylactique peut empêcher l'apparition du cancer du col."

Les participants à la réunion de l'OMS sont convenus que, dans un souci de santé publique, c'est le vaccin prophylactique qui devait avoir la priorité. " La finalité d'un vaccin contre le papillomavirus humain est d'être prophylactique, même s'il est vrai qu'un vaccin thérapeutique serait aussi d'un intérêt considérable ", explique le Dr Teresa Aguado, Chef d'équipe par intérim du Programme de mise au point des vaccins, au Département OMS des Vaccins et autres produits biologiques. " Un vaccin prophylactique serait idéal pour une population jeune qui n'est pas encore sexuellement active, mais les personnes plus âgées en tireraient également profit ".

Etant donné la diversité des populations exposées au risque d'infection par le VPH, il est essentiel que les essais du vaccin portent également sur des populations représentatives afin qu'il soit valable partout dans le monde. Il est encore trop tôt pour décider sous quelle forme le vaccin sera présenté mais l'OMS préconise de faire des essais pour étudier diverses possibilités. Il a également été demandé à l'OMS d'établir des critères pour l'évaluation normalisée des résultats cliniques dans les essais d'efficacité.

L'OMS soutiendra également les équipes qui mènent ou préparent les études épidémiologiques et économiques nécessaires à l'exécution des essais de vaccination et en, fin de compte, à la diffusion générale du vaccin aux fins de la santé publique.

La mise au point et le lancement de vaccins contre le papillomavirus humain font partie intégrante de la politique suivie par l'OMS en faveur de la santé de la femme.

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Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à M. Valery Abramov, Relations publiques, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 2543. Télécopie : (41 22) 791 4858. Email : abramovv@who.ch

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