Communiqués de presse 1999

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Communiqué OMS/99/16
23 mars 1999

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Journée mondiale 1999 de la tuberculose :

Le rapport de l'OMS montre que la riposte mondiale à l'épidémie est insuffisante

Le Directeur général de l'OMS demande un engagement politique pour arrêter la tuberculose. « Nous devons agir maintenant sous peine de voir la tuberculose résistante à la polychimiothérapie se développer, » a averti le Dr Gro Harlem Brundtland

Washington DC : La tuberculose résistante à la polychimiothérapie se développe et on dénombre chaque année 8 millions de nouveaux cas de TB. Cette maladie constitue le plus grand facteur de mortalité chez les jeunes femmes et elle tue à elle seule autant que toutes les causes de mortalité maternelle réunies. Pourtant, seulement 16 % des cas infectieux de tuberculose dans le monde reçoivent le traitement recommandé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

« Face à l'épidémie mondiale de la tuberculose, nous sommes arrivés à la croisée des chemins, déclare le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS. Soit nous réagissons maintenant et luttons contre cette maladie, soit nous continuons comme si de rien n'était et nous laissons les souches de TB résistantes à la polychimiothérapie se développer. Nous avons un traitement, à nous d'inciter le monde à s'en servir. »

Les succès spectaculaires observés dans de nombreux pays avec le traitement antituberculeux recommandé par l'OMS, DOTS (Direct Observation Treatment, Short-course : traitement de brève durée sous surveillance directe) montrent que la propagation de la TB et l'émergence de la résistance à la polychimiothérapie peuvent être stoppées, ainsi que l'affirme le 1999 WHO Global Tuberculosis Report (Rapport mondial 1999 de l'OMS sur la tuberculose — en anglais seulement) qui paraît aujourd'hui. Mais, à cause de l'insuffisance de la riposte mondiale à l'épidémie, des « zones sensibles » de résistance à la polychimiothérapie apparaissent, notamment en Europe de l'Est.

Face à ce défi, l'OMS a lancé l'Initiative Halte à la tuberculose en partenariat avec la Banque mondiale, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et un groupe croissant d'organisations non gouvernementales luttant pour stopper cette maladie. L'Initiative travaille à renforcer la lutte antituberculeuse en étendant cette coalition au-delà du secteur de la santé, à donner à la TB une place plus importante dans les agendas politiques et sanitaires et à accroître de manière significative les investissements dans la lutte.

Tandis que le nombre des malades bénéficiant du DOTS a augmenté de 10 à 20 % par an au cours des quatre dernières années — soit 100 000 cas infectieux supplémentaires traités chaque année — il faudrait que ce chiffre atteigne 250 000 pour réaliser l'objectif prévu pour 2005, selon le Rapport 1999.

Les objectifs mondiaux fixés en 1993 consistaient à dépister 70 % de tous les cas infectieux et à traiter 85 % de ces cas en l'an 2000 avec la thérapie recommandée par l'OMS, mais l'action n'a pas été suffisamment énergique pour y arriver. Désormais, l'OMS demande instamment un effort concerté pour endiguer la TB d'ici 2005.

La stratégie DOTS recommandée par l'OMS associe cinq éléments : l'engagement politique, le dépistage des cas par l'examen au microscope des frottis d'expectorations, le traitement de brève durée sous surveillance directe (DOTS), un approvisionnement régulier en médicaments et des systèmes de suivi. Une fois que les cas infectieux ont été dépistés grâce aux services de microscopie, les agents sanitaires et communautaires, ainsi que des bénévoles formés, observent et enregistrent que les patients ingèrent bien les doses nécessaires de médicaments antituberculeux et ils documentent la guérison des malades.

Une riposte énergique s'impose en particulier en Asie et en Europe de l'Est pour y arrêter la propagation de la tuberculose et l'apparition des formes polychimiorésistantes. Selon le Rapport mondial 1999 de l'OMS sur la tuberculose, c'est en Asie que l'on observe le plus grand nombre de cas privés d'accès à un traitement de qualité, notamment au Bangladesh, en Inde, en Indonésie, au Pakistan et aux Philippines. « Le DOTS peut activer le renforcement des services sanitaires dans ces régions et attirer une plus grande attention sur la santé des populations démunies », déclare Richard Skolnik de la Banque mondiale.

En Russie, la proportion élevée d'échecs thérapeutiques, imputable à un programme antituberculeux inadapté, a laissé le champ libre à de hauts niveaux de polychimiorésistance. Les études révèlent déjà que celle-ci a atteint des taux spectaculaires dans ce pays, notamment dans les prisons, et dans d'autres Etats de l'ex-URSS.

En Afrique, où un tiers des patients sont également infectés par le VIH, on signale également de faibles taux de guérison. Le VIH/SIDA représente une difficulté importante pour les pays africains visant à réaliser l'objectif d'un taux de guérison de la TB de 85 %.

De son côté, la Chine a mis en place un programme efficace de lutte antituberculeuse qui couvre une moitié du pays depuis six ans et permet d'y obtenir des taux de guérison dépassant 95 %. En 1997, les régions chinoises ayant adopté le DOTS en 1991 évitaient plus de trois quarts des décès que la TB aurait pu provoquer. Il n'en reste pas moins que la moitié du pays n'a toujours pas accès à cette stratégie et le défi consiste désormais à maintenir les programmes déjà en place et à les étendre à l'ensemble du pays.

Trois des pays les plus touchés par la TB, l'Inde, l'Indonésie et les Philippines, ont démontré qu'ils pouvaient obtenir des taux élevés de réussite thérapeutique, mais qu'il leur fallait progresser davantage dans l'extension de la couverture par la stratégie DOTS. Sans un développement accéléré dans ce domaine, ils courent aussi le risque d'une propagation incontrôlée de la tuberculose polychimiorésistante.

« Peu d'initiatives sanitaires dans le monde entier se sont développées aussi rapidement que la stratégie DOTS, qui s'attache à dépister et à guérir les nouveaux cas infectieux de TB afin de diminuer la transmission, estime le Dr Nils Daulaire, Président du Global Health Council dont le Siège se trouve à Washington. Toutefois, ce développement n'a pas été suffisamment rapide pour arrêter efficacement la propagation de la tuberculose. »

« Le Rapport 1999 démontre que l'on réussit à guérir la TB sur tous les continents. Mais nous devons faire bien davantage, exhorte le Dr Arata Kochi, Directeur à l'OMS de Maladies transmissibles, Prévention et lutte. Nous sommes dans une situation semblable à celles que nous connaissions pour la vaccination infantile au début des années 1980 : la solution technique était sous la main, le nombre critique de personnes formées était atteint, mais la couverture restait faible à 20 %.

« Avec l'engagement politique et un large soutien social, la couverture vaccinale est passée de 20 à 80 % entre 1984 et 1990. Nous devons consentir le même effort pour mobiliser un vaste appui et renforcer l'accès au DOTS. Nous devons agir maintenant pour stopper l'apparition de nouvelles souches polychimiorésistantes. Les programmes de lutte mal gérés induisent l'apparition de ces souches qui pourraient rendre la maladie incurable. »

« Il nous faut développer les partenariats et l'engagement politique pour atteindre les populations les plus vulnérables, déclare le Dr Brundtland. Nous avons la possibilité d'arrêter la TB maintenant et de gagner la course contre la chimiorésistance. Mais plus nous attendons, plus la tâche devient difficile et coûteuse à mesure que les souches de bacilles résistantes aux médicaments antituberculeux apparaissent. »

La journée mondiale de la tuberculose (le 24 mars) commémore le jour où, en 1882, le Dr Robert Koch a annoncé qu'il avait découvert le bacille tuberculeux.


Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Gregory Hartl, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 44 58. Télécopie : (41 22) 791 48 58. E-Mail: hartlg@who.int

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