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| Communiqué de presse OMS/33 17 juin 1999 |
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L'OMS DONNE L'EVEIL DEVANT LA MENACE MICROBIENNE Selon un rapport récent, l'activité virale et bactérienne menace la sécurité nationale et ralentit la croissance économique Six pathologies sont responsables de la plupart des décès dans les familles et la population active WASHINGTON, D.C. - L'Organisation mondiale de la Santé a révélé aujourd'hui que le monde avait dangereusement sous-estimé la menace que font peser les bactéries et les virus sur la sécurité nationale et la croissance économique, et qu'il serait bientôt trop tard pour protéger les populations de ce risque. Selon un rapport mondial publié aujourd'hui par l'OMS, six pathologies infectieuses en tout sont responsables d'un décès sur deux chez les jeunes adultes en âge de travailler et les enfants dans le monde: SIDA, paludisme, tuberculose, rougeole, maladies diarrhéiques et infections aiguës des voies respiratoires telles que la pneumonie. En 1998, près de 90 pour cent de tous les décès dus à des maladies infectieuses chez les moins de 44 ans étaient imputables à ces six pathologies.
L'Organisation mondiale de la Santé donne aujourd'hui l'éveil aux gouvernements du monde entier, aux décideurs et au secteur privé pour qu'ils prennent des mesures contre les maladies infectieuses avant qu'il ne soit trop tard et pendant que sont encore réunies les conditions favorables qui nous permettent de nous protéger a déclaré le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS.
Le rapport de l'OMS, Eliminer les obstacles au développement et à la santé, indique que le coût des instruments pour la prévention des décès dus à chacune de ces six pathologies est actuellement inférieur à US $20 par personne exposée et, dans la plupart des cas ne dépasse pas US $0,35. Pourtant, ces maladies ont encore provoqué plus de 11 millions de décès en 1998. La guérison ou la protection d'une personne contre chacune de ces maladies coûte moins cher que quelques boîtes d'aspirine" a déclaré le Dr Brundtland. "En fait, il suffit d'à peine 35 cents pour barrer la route à la moitié de ces maladies mortelles, moins que pour acheter un quotidien." L'OMS craint que le monde n'ait bientôt plus la possibilité de mettre fin à ces épidémies moyennant des dépenses raisonnables car la pharmacorésistance, l'émergence de maladies nouvelles et l'intensification des voyages rendent la lutte de plus en plus difficile. Par suite d'une pharmacorésistance accrue, les médicaments antituberculeux sont devenus inefficaces chez 20 pour cent des malades dans certaines régions du monde. Deux des principaux antipaludiques sont désormais sans effet dans de nombreux pays d'Asie et un troisième n'est efficace que chez un malade sur deux. Des maladies nouvelles continuent en outre d'apparaître à un rythme accéléré dans tous les coins du monde. Le volume des voyages internationaux augmentant de 50 pour cent toutes les décennies, les chances d'endiguer les flambées épidémiques futures s'amenuisent. "Si ces tendances se maintiennent et que notre niveau d'action reste le même, nous pourrions bientôt perdre la capacité de freiner leur propagation internationale" a indiqué le Dr David Heymann, Directeur exécutif pour les maladies transmissibles à l'Organisation mondiale de la Santé. "Les maladies, à l'avenir, trouveront de multiples occasions nouvelles de se propager rapidement d'un continent à un autre. En même temps, la pharmacorésistance nous renvoie à une période de l'histoire où nous ne disposions pas des médicaments permettant de guérir certaines maladies." Selon le rapport de l'OMS, trois maladies - le paludisme, la tuberculose et plus récemment le SIDA - ont fait à elles seules six fois plus de victimes ces cinquante dernières années que toutes les guerres pendant la même période, victimes civiles et militaires incluses. Cependant, le financement des stratégies mises au point pour défendre le monde contre ces trois maladies représente moins de 2% des dépenses militaires mondiales. Le rapport de l'OMS décrit aussi les conséquences négatives des maladies infectieuses sur la croissance économique. Il montre que si la santé est souvent l'un des fruits du développement économique et de l'amélioration du niveau de vie, l'inverse aussi est souvent vrai; la lutte contre les maladies infectieuses élimine des obstacles à la croissance économique. "Les maladies infectieuses sont responsables de la moitié des décès qui touchent les familles - jeunes ouvriers, agriculteurs, cadres et commerçants - dans le monde, " a dit le Dr Brundtland. Comment une famille ou une communauté peut-elle réaliser son potentiel économique si elle doit supporter ce fardeau? Le développement économique et la santé vont de pair." Le rapport de l'OMS rappelle la nécessité d'un soutien politique accru face à la menace des maladies infectieuses. Cela inclut le renforcement de l'appui financier aux activités de lutte, de surveillance et de recherche, l'adoption par tous les pays des politiques de santé recommandées par l'OMS et la participation, au-delà du secteur de la santé, des autres secteurs publics à l'action menée pour prévenir et combattre les maladies infectieuses. Contrairement à nos ancêtres, il y a cent ans, qui étaient à la merci de la peste bubonique, de la syphilis, du choléra et d'autres maladies, nous connaissons aussi bien les causes de la plupart des épidémies qui nous affectent que leurs solutions," a dit le Dr Brundtland. "Comment l'histoire nous jugera-t-elle si notre lutte contre les maladies infectieuses échoue au début du prochain millénaire?" Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Jon Lidén, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 3982. Télécopie : (41 22) 791 4858. Email : lidenj@who.int Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS: http://www.who.int/ |
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Communiqués
1999 | Note
à la presse 1999 |
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