Press Releases 1999

Bureau de l'Information

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/36
21 juin 1999
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LE DIRECTEUR GENERAL DE L'OMS INVITE A REFLECHIR A DE NOUVEAUX MOYENS D'ALLEGER LE FARDEAU DE LA DETTE

Le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS, s'est félicitée de la décision des dirigeants du G8 d'adopter un ensemble de mesures visant à alléger la dette des pays en développement. "Si les pays en développement doivent supporter 90% de la charge de la morbidité, ils n'ont accès qu'à 10% des ressources affectées à la santé."

Prenant la parole aujourd'hui à l'occasion de l'ouverture de la vingt-sixième conférence annuelle du Global Health Council à Arlington, Virginie (Etats-Unis d'Amérique), le Dr Brundtland a déclaré: "Je pense que les institutions financières devront appliquer de nouveaux critères lorsqu'elles examineront la question des nouveaux prêts ou de l'allègement de la dette. Ce n'est pas en posant des conditions reposant uniquement sur des indicateurs macro-économiques que l'on peut dire si un pays avance ou s'il régresse."

La santé est la clé pour interrompre le cercle vicieux pauvreté-malnutrition-dégradation de l'environnement. Un investissement judicieux dans la santé peut être beaucoup plus utile pour un pays que les maigres dividendes qu'il retire du tourisme ou de la construction de routes. En se concentrant sur les principales maladies de l'enfance, les pays pauvres parviendront à accroître l'espérance de vie. La supplémentation systématique en vitamine A dans la petite enfance peut permettre de réduire la mortalité de près de 25%.

"Les plus petites améliorations en matière de santé peuvent décupler les effets du développement", a déclaré le Dr Brundtland. Et lorsque les progrès en matière de santé sont importants, les retombées sont spectaculaires. "En Asie de l'Est", a-t-elle poursuivi, "l'espérance de vie a augmenté de plus de 18 ans au cours des 20 années qui ont précédé le plus spectaculaire décollage économique de l'histoire".

La création d'un mouvement social mondial en faveur de la santé aidera à atteindre l'objectif d'une réduction de moitié du nombre de pauvres d'ici 2015. Selon le Dr Brundtland, le rôle de la santé dans le développement doit être considérablement renforcé. La santé doit être placée résolument au coeur de notre action si nous voulons véritablement parvenir à un développement humain équitable.

Le sentiment qu'il est urgent de réduire sensiblement le nombre des personnes très pauvres est largement partagé. La tâche est énorme "plus d'un milliard d'individus ont été laissés pour compte lors de la révolution sanitaire du XXsiècle". "Il n'y aura pas de développement durable tant que l'on n'aura pas réduit considérablement la pauvreté et éliminé la pauvreté extrême."

"La pauvreté sape le développement. Elle constitue une atteinte aux droits de l'homme et à la dignité humaine. Elle est source d'instabilité politique et sociale." La plupart des conflits d'aujourd'hui ont pour origine la pauvreté et non les idéologies, a fait observer le Dr Brundtland.

Dans son discours, Le Dr Brundtland a appelé l'ensemble des partenaires travaillant dans le domaine du développement international et de la santé publique à unir leurs efforts au niveau mondial. "Le moment est venu de concilier rationalité et générosité", a-t-elle déclaré. "En faisant preuve d'idéal, de réalisme et d'engagement, nous pouvons obtenir, en dix ans, des résultats remarquables".

Parlant des principaux défis à relever en matière de santé au cours des dix prochaines années, le Directeur général de l'OMS a retenu les suivants :

La réduction de la morbidité et de la mortalité chez les plus défavorisés. Les femmes constituent 70% de la population pauvre et accomplissent largement leur part dans la prestation de soins de santé. Dans certaines régions d'Afrique, une femme sur 16 risque de mourir parce qu'elle ne reçoit pas les soins dont elle a besoin pendant la grossesse. Dans la plupart des pays d'Europe et d'Amérique du Nord, c'est une tragédie qui ne frappera qu'une femme sur 4000. On ne s'intéresse pas assez aux maladies infectieuses. En 1990, les partenaires bilatéraux, multilatéraux, non gouvernementaux ou des fondations ont versé un peu plus de US $800 millions pour aider les pays en développement à lutter contre ces maladies, ce qui représente moins de 2% du total des dons.

L'aptitude des systèmes de santé à contenir les menaces pour la santé résultant des crises économiques, d'une mauvaise hygiène du milieu et d'un comportement à risque. Le tabac est la principale cause de décès prématuré. "Il nous faut une vaste alliance contre le tabagisme, faisant appel à un large éventail de partenaires pour mettre un terme à l'augmentation incessante de la consommation mondiale de tabac", a déclaré le Dr Brundtland, en qualifiant cette action d'enjeu médical, culturel, économique et social.

Des systèmes de santé plus efficaces. Dans de nombreuses régions du monde, les systèmes de santé sont mal équipés pour faire face aux exigences actuelles, sans parler de celles qui nous attendent. Le développement du secteur sanitaire est une priorité pour l'OMS.

Le développement des connaissances. De meilleures connaissances permettent d'améliorer la santé. Les progrès scientifiques doivent déboucher sur des comportements favorables à la santé. "Si les gens arrêtent de fumer, c'est bien parce qu'on leur a montré, preuves à l'appui, que le tabac tuait", a conclu le Dr Brundtland.


Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent prendre contact avec Valery Abramov, OMS, Genève. Tel: (41 22) 791 2543, Fax (41 22) 791 4858. Email: abramovv@who.int

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