Press Releases 1999

Bureau de l'Information

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/44
27 août 1999
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TURQUIE: LE RETABLISSEMENT DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D'EAU ET D'ASSAINISSEMENT ET DES SYSTEMES DE SURVEILLANCE DEVIENT CRITIQUE POUR COMBATTRE LES RISQUES DE MALADIE

Dix jours après le violent tremblement de terre qui a fait plus de 12000 victimes, laissé quelque 200 000 sans abri et détruit les infrastructures sur environ 5000 kilomètres carrés, le plus urgent est maintenant de rétablir les services de distribution d'eau et d'assainsissement, a déclaré aujourd'hui l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Les autres priorités seraient notamment de mettre en place des systèmes de surveillance des maladies infectieuses, de rétablir les services de santé de base et d'assurer des prestations de santé mentale. Les soins aux blessés continuent de mobiliser toutes les ressources des infrastructures sanitaires existantes, bien que le nombre de ces patients devrait maintenant aller déclinant. A plus long terme, la priorité devrait désormais aller à la remise en état des réseaux de distribution d'eau et d'égouts, à la remise en route des programmes de vaccination et à la gamme complète des services de soins de santé primaires, en particulier de santé maternelle, indique l'OMS.

En revanche, le risque d'épidémies de maladies infectieuses est très limité. "En plus de 20 années de travail à la suite de catastrophes naturelles, l'OMS n'a jamais rencontré d'épidémie liée à ce genre d'évènement," a insisté le Dr Lindsay Martinez, Directeur du Département Maladies transmissibles: surveillance et action, à l'OMS.

De plus, il est très peu probable que des maladies comme le choléra apparaissent dans la région pour la simple raison que l'agent pathogène Vibrio cholerae n'est pas présent dans l'environnement et n'a pas été observé en Turquie depuis près de 30 ans, a dit le Dr Martinez. "D'autres maladies, comme la fièvre typhoïde, dont on peut observer des cas sporadiques dans bien des endroits, peuvent par ailleurs se manifester sans qu'ait lieu une catastrophe comme un tremblement de terre. La présence d'un ou plusieurs cas isolés, même maintenant, ne signifie pas qu'une épidémie se prépare."

Les vraies menaces sont les maladies transmises par l'eau, à cause du manque d'eau potable, et les infections respiratoires aigües, à cause du surpeuplement. En conséquence, "nous devons veiller, tant que les réseaux de distribution d'eau et d'égouts n'auront pas été reconstruits, à faire en sorte que la population de la région soit approvisionnée en eau potable en quantités suffisantes et, sinon, nous assurer que les gens savent qu'il faut d'abord faire bouillir l'eau ou la désinfecter avec du chlore," a dit le Dr. Martinez.

Par ailleurs, les inondations et les fortes pluies pourraient entraîner une augmentation du nombre des cas de maladies diarrhéiques ordinaires. Aussi, un système adéquat et bien établi de surveillance des maladies est-il jugé essentiel. La possibilité d'utiliser des installations d'assainissement, de disposer d'eau potable et d'avoir une bonne hygiène individuelle réduira le risque de maladies diarrhéiques à un minimum.

Un dispositif d'alerte précoce en cas d'apparition et de propagation de maladies a déjà été mis en place à Izmit par les United States Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et l'Agence du développement international des Etats-Unis d'Amérique (USAID). L'OMS recommande que d'autres postes de surveillance soient installés dans toute la région sinistrée pour que soit rapidement signalé tout risque de maladie infectieuse, en particulier parmi les personnes qui n'ont plus de logement.

"Nous avons collaboré intensément avec le Ministère turc de la santé. Au cours des semaines à venir, nous travaillerons avec le ministère à la reconstruction des services de santé de base dans les zones touchées et nous nous occuperons durablement d'assurer des prestations de santé mentale," vient de dire à son retour de Turquie le Dr Eric Noji, du Département Secours d'urgence et action humanitaire de l'OMS.

Une autre priorité pour les mois (et les années) à venir sera la mise en place de services adéquats de réadaptation et de physiothérapie. En effet, après le tremblement de terre qui a frappé l'Arménie en 1988 et fait dans les 40 000 morts, des centaines de blessés sont restés marqués à vie par des incapacités musculo-squelettiques ou neurologiques exigeant des soins spécialisés et coûteux - ce qui n'est pas sans poser de problèmes pour des systèmes de santé aux ressources déjà limitées.


Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Gregory Hartl, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 44 58. Télécopie : (41 22) 791 48 58. E-Mail: hartlg@who.int

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