Press Releases 1999

Bureau de l'Information

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/66
23 novembre 1999
white_10x1p.jpg (1617 bytes)
 

LE SIDA N'EST PAS EN PERTE DE VITESSE

DEPUIS LE DEBUT DE L'EPIDEMIE, LE VIH A INFECTE 50 MILLIONS DE PERSONNES ET EN A TUE 16 MILLIONS

 

En Afrique, le nombre des femmes séropositives surpasse de 2 millions celui des hommes

Dans les pays de l'ex-Union soviétique, les taux d'infection ont doublé en deux ans à peine

Dans certaines régions, des efforts de prévention et des programmes de soins dynamiques démontrent leur efficacité

 

LONDRES, 23 novembre 1999 – Depuis le début de l'épidémie de SIDA, 50 millions de personnes ont été infectées par le VIH dans le monde, dont plus de 33 millions vivent encore et quelque 16 millions sont décédées : c'est un rapport publié aujourd'hui par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) qui l'annonce. Ce rapport, intitulé Le Point sur l'épidémie de SIDA – Décembre 1999, est publié peu avant la Journée mondiale SIDA, qui est observée chaque année le 1er décembre. Il précise encore que les décès dus au SIDA ont atteint cette année le chiffre record de 2,6 millions et que les nouvelles infections à VIH se poursuivent sans relâche, puisque quelque 5,6 millions d'adultes et d'enfants ont été infectés en 1999.

D'après Peter Piot, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, "dans une épidémie de cette ampleur, chaque nouvelle infection accentue l'onde de choc et a des incidences sur les familles, les communautés, les ménages et, de plus en plus, sur les entreprises et les économies. Le SIDA est devenu, pour de nombreux pays du monde, la menace numéro un pour le développement."

"Nous devons faire en sorte que les systèmes de santé soient en mesure de s'occuper du nombre croissant de personnes séropositives qui développent le SIDA. La lutte contre l'exclusion, l'accès aux soins de santé et à des mesures peu coûteuses telles que le traitement des infections opportunistes deviennent essentiels. L'OMS collabore avec les ministères de la santé partout dans le monde, afin d'assurer que des installations de santé et des ressources suffisantes sont mises à la disposition des millions de personnes chez qui le SIDA pourrait se déclarer dans les années à venir", a déclaré Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS.

Le SIDA se déclare chez une personne séropositive après des années d'infection, lorsque le VIH a affaibli le système immunitaire de l'organisme et accru sa vulnérabilité à la pneumonie, à la tuberculose, à la diarrhée, aux tumeurs et à d'autres maladies. Le nombre des personnes infectées par le VIH continue de grandir, c'est pourquoi le nombre des personnes qui tombent malades et meurent du SIDA va se multiplier.

En Afrique, le nombre des femmes séropositives surpasse de 2 millions celui des hommes

En Afrique subsaharienne – qui demeure l'épicentre de l'épidémie – de nouvelles données montrent clairement pour la première fois que les femmes infectées par le VIH sont plus nombreuses que les hommes. « Il y a dix ans, personne ne voulait nous entendre lorsque nous disions que le SIDA n'est pas uniquement une maladie d'hommes », a déclaré le Dr Piot. "Aujourd'hui, nous avons la preuve du terrible fardeau qui pèse sur les femmes d'Afrique."

  • Cinquante-cinq pour cent des adultes infectés en Afrique subsaharienne sont des femmes, ce qui signifie que l'on compte plus de six femmes séropositives pour cinq hommes séropositifs. L'ONUSIDA et l'OMS estiment qu'à la fin de 1999, 12,2 millions d'Africaines et 10,1 millions d'Africains entre 15 et 49 ans vivent avec le VIH.
  • Des études réalisées dans plusieurs pays ont montré que la probabilité que les jeunes Africaines de 15 à 19 ans soient séropositives était cinq à six fois plus élevée que celle qui est observée chez les garçons du même âge. La facilité de la transmission de l'homme à la femme par la voie sexuelle et les rapports sexuels avec des hommes plus âgés et infectés semblent contribuer à la vulnérabilité accrue des filles au VIH.

Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), plusieurs pays africains ont reculé dans l'Indicateur du développement humain, un classement organisé en fonction des niveaux de santé, de richesse et d'éducation. Pratiquement tous les grands changements dans ce classement peuvent être imputés au déclin de l'espérance de vie, conséquence du SIDA.

  • L'espérance de vie à la naissance en Afrique australe qui avait passé de 44 ans au début des années 1950 à 59 ans au début des années 1990 pourrait bien reculer à 45 ans entre 2005 et 2010.
  • Le PNUD estime que moins de 50% des habitants de l'Afrique du Sud en vie aujourd'hui peuvent espérer atteindre l'âge de 60 ans, comparés à une moyenne de 70% dans l'ensemble des pays en développement et de 90% dans les pays industrialisés.
  • D'après une enquête faite dans les entreprises agricoles du Kenya, la maladie et les décès ont déjà remplacé la retraite en tant que raison principale du départ des employés.

Et pourtant, même dans cette région dévastée, il y a des raisons d'espérer : plusieurs pays africains manifestent un engagement plus fort que jamais à lutter contre le SIDA. "Nous sommes aujourd'hui à un tournant dans l'histoire de l'épidémie du SIDA en Afrique. Dans tous mes déplacements, j'entends des leaders africains de premier plan parler du SIDA comme de la principale menace qui pèse sur le développement du continent", a encore dit le Dr Piot. "Cela me donne bien des raisons d'espérer que dans les années à venir, nous serons les témoins d'actions plus dynamiques et plus efficaces contre le SIDA dans un nombre toujours croissant de pays au sud du Sahara – des actions qui viendront compléter les programmes déjà mis en place."

La consommation de drogues injectables dans l'ex-Union soviétique à l'origine des plus fortes hausses du VIH dans le monde

Le rapport révèle en outre que la courbe de VIH la plus forte relevée dans le monde en 1999 a été enregistrée dans les nouveaux Etats indépendants de l'ancienne Union soviétique, où la proportion de la population vivant avec le VIH a doublé entre 1997 et 1999. Dans la région élargie comprenant ces pays et le reste de l'Europe centrale et orientale, le nombre des personnes infectées s'est accru de plus d'un tiers en 1999 seulement, pour atteindre un total estimatif de 360 000.

  • En Fédération de Russie, près de la moitié de toutes les infections à VIH notifiées depuis le début de l'épidémie ont été annoncées dans les neuf premiers mois de 1999.
  • A Moscou, dans les neuf premiers mois de 1999, le nombre des cas notifiés a été plus de trois fois supérieur à celui de toutes les années précédentes. Les villes entourant Moscou ont connu une augmentation encore plus forte du VIH, le nombre des infections notifiées étant cinq fois supérieur dans les neuf premiers mois de 1999 à celui observé pendant toutes les années précédentes.
  • Des études préliminaires indiquent que la consommations de drogues injectables se répand toujours davantage parmi les jeunes sans emploi dans un grand nombre des villes industrielles de la Fédération de Russie et de l'Ukraine. Le VIH ne se limite pas aux grandes régions métropolitaines russes ; dans la ville d'Irkoutsk, en Sibérie, près de 1300 infections ont été notifiées, la plupart en 1999.
  • La consommation de drogues injectables semble même solidement implantée parmi les écoliers russes. Un programme de proximité à l'intention des consommateurs de drogues à Saint-Pétersbourg a signalé que le nombre des clients âgés de moins de 14 ans s'était multiplié par 20 entre 1997 et le premier trimestre de 1999.

Dans certaines régions, des efforts de prévention et des programmes de soins dynamiques démontrent leur efficacité

L'OMS et l'ONUSIDA mentionnent également dans leur rapport certains des pays et des régions qui sont parvenus à contenir les nouvelles infections ou à améliorer le sort de ceux qui sont déjà infectés. Par exemple, on continue de recueillir des données indiquant que les programmes de prévention énergiques mis en place par la Thaïlande et les Philippines ont permis avec succès de réduire de manière durable le risque d'infection à VIH et d'abaisser ou de stabiliser les taux d'infection.

  • En Inde, les importants efforts qui ont été déployés pour mieux suivre l'évolution de l'épidémie, ont permis de tripler le nombre des sites de surveillance du VIH en 1998. On estime aujourd'hui que le total des infections à VIH dans le pays se monte à 4 millions environ – plus que dans n'importe quel autre pays, mais moins que ce que les estimations de surveillance laissaient penser auparavant. C'est pourquoi le nombre estimatif des infections à VIH en Asie a été revu à la baisse de 800 000.
  • Dans l'état indien du Tamil Nadu, la Société du SIDA s'est assuré le concours d'une agence de publicité pour encourager les comportements sexuels à moindre risque et elle a fait projeter des spots télévisés pendant les grandes manifestations sportives. Les rapports sexuels occasionnels chez les ouvriers des usines semblent avoir baissé de moitié entre 1996 et 1998, alors que l'emploi des préservatifs avec des partenaires occasionnels passait de 17% à 50%.
  • En Amérique latine, plusieurs pays offrent maintenant un traitement antirétroviral aux personnes infectées par le VIH. Le Brésil, par exemple, a dépensé environ 300 millions de dollars en 1999, pour dispenser ces médicaments à près de 75 000 personnes. Mais les responsables de la santé estiment que cette dépense considérable est partiellement compensée par les économies réalisées sur les frais d'hospitalisation et de soins médicaux pour ces malades ; le pays a ainsi économisé quelque 136 millions de dollars en frais de ce type entre 1997 et 1998.

"Fournir des soins à un nombre toujours croissant de personnes séropositives, alors que les systèmes de santé sont déjà surchargés n'est pas une tâche facile. Mais ces exemples témoignent de ce que les pays du monde entier peuvent faire en matière de prévention et de soins pour lutter contre l'épidémie. L'OMS a démontré que des modifications et des additions relativement peu coûteuses aux systèmes de santé pouvaient apporter de grands avantages aux personnes vivant avec le VIH. Chaque individu et chaque pays pourrait tirer leçons et profits de ces exemples", a déclaré le Dr Brundtland.

L'heure n'est pas à l'autosatisfaction

En présentant le rapport, le Directeur exécutif de l'ONUSIDA, Peter Piot, a de plus vivement conseillé aux pays industrialisés de renforcer leurs efforts de prévention. "L'heure n'est pas à l'autosatisfaction. La menace du VIH n'est écartée dans aucun pays. Nous avons même observé, en Amérique du Nord et en Europe occidentale, que l'existence de thérapies permettant de prolonger la vie pourrait contribuer à l'affaiblissement des comportements sexuels à moindre risque et cela, c'est tragique", a encore déclaré le Dr Piot.

"Si les médicaments antirétroviraux sont source d'espoir pour les nombreuses personnes séropositives qui ont la chance de pouvoir se les procurer, ils ne constituent pas une panacée et ne sont pas disponibles dans la plupart des pays du monde", a ajouté le Dr Piot. "Pour combattre le SIDA, il faut prévenir les nouvelles infections. Il nous faut pour cela davantage de ressources, afin de pouvoir appliquer les stratégies dont nous disposons aujourd'hui et mettre au point de meilleurs outils, par exemple des microbicides et un vaccin."

Et le Dr Brundtland d'ajouter, "La prévention est la meilleure stratégie pour gérer l'épidémie de SIDA à long terme, mais nous ne devons pas perdre de vue le fait que des millions de personnes sont infectées aujourd'hui. Pour elles, nous devons faire bien davantage afin d'améliorer l'accès aux soins de santé et aux dispositifs de soutien – y compris aux antibiotiques peu coûteux qui peuvent prolonger pendant de nombreux mois la vie de ceux qui sont déjà malades du SIDA, aux soins palliatifs qui contribuent à accroître le confort et à diminuer les souffrances, et aux services d'appui psychologique et social à l'intention des malades et de leurs familles. L'OMS et l'ONUSIDA continueront d'encourager l'industrie pharmaceutique à fournir à des prix abordables les nouveaux médicaments utilisés contre le VIH à ceux qui en ont besoin."


Pour plus d'informations, les journalistes peuvent s'adresser à Gregory Hartl, Bureau de la presse et des relations publiques, OMS, Genève, tél. : (41 22) 791 4458. Télécopie : (41 22) 791 4858. Courrier électronique : hartlg@who.int 

Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information, ainsi que d'autres informations sur le sujet, peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS : http://www.who.ch

 

Communiqués 1999    | Note à la presse 1999
Communiqués 1998  |  Aide-mémoire
Bureau de l'Information   | In English

Droits d'auteurs © WHO/OMS | Contact INF | Contact OMS


Organisation mondiale de la Santé