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| Communiqué de presse OMS/67 12 novembre 1999 |
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SENSIBILISER,
COMBATTRE LA STIGMATISATION, Le Dr Brundtland présente les nouvelles stratégies mondiales de l'OMS pour la santé mentale. Elle voit dans la pauvreté un obstacle majeur au bien-être mental. Beijing, 12 novembre 1999. Afin d'alléger le "poids" des troubles mentaux et des maladies neurologiques, qui affectent actuellement quelque 400 millions de personnes dans le monde, le Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Gro Harlem Brundtland, a annoncé ici aujourd'hui le lancement des nouvelles stratégies mondiales pour la santé mentale. Ces stratégies visent à améliorer la couverture et la qualité des soins psychiatriques et neurologiques dans le monde, en particulier dans les pays en développement. L'OMS pense atteindre ces objectifs à l'aide d'un certain nombre de mesures qui seront énergiquement soutenues tant dans les pays en développement que dans les pays industrialisés. Avant tout, l'Organisation doit sensibiliser davantage le grand public, les professionnels de la santé et les décideurs dans le domaine de la santé publique à l'importance relative des troubles mentaux et neurologiques en tant que problèmes majeurs ajoutant à la charge mondiale de morbidité. Cette charge a été récemment précisée au moyen d'une nouvelle unité de mesure - les "années de vie ajustées sur l'incapacité (DALY)" - élaborée conjointement par l'OMS, la Banque mondiale et l'Université de Harvard. Les DALY mesurent la charge globale d'une maladie en rapprochant, d'une part, les années de vie potentielle perdues par suite d'un décès prématuré dû à la maladie et, d'autre part, les années de vie productive perdues du fait de l'incapacité résultant de la maladie. "Pour la santé mentale, les DALY ont mis en lumière une réalité critique et montré que les troubles psychiatriques et neurologiques figuraient parmi les problèmes les plus importants ajoutant à la charge mondiale de morbidité," a déclaré le Dr Brundtland à Beijing lors d'une conférence de presse. "En 1998, on estimait que ces troubles représentaient près de 12% des décès et de la perte de productivité dues à toutes les maladies et tous les traumatismes dans le monde, le taux estimatif étant de 23% dans les pays à haut revenu et de 11% environ dans les pays à revenu faible ou moyen. En 2020, si des mesures ne sont pas prises d'urgence, la part de ces pays pourrait atteindre 15%" a-t-elle déclaré. D'après les estimations de la charge mondiale de morbidité de 1990, cinq des dix grandes causes d'incapacité dans le monde, dans les pays industrialisés comme dans les pays en développement, sont des problèmes mentaux: épisodes dépressifs sévères, schizophrénie, troubles affectifs bipolaires, dépendance alcoolique et troubles obsessionnels-compulsifs. Pour les estimations des DALY de 1998, les épisodes dépressifs sévères figurent en cinquième place sur cette liste. En 2020, si la tendance actuelle se maintient, ces troubles arriveront en deuxième position. L'épisode dépressif sévère est étroitement lié au suicide, la plupart des personnes qui font une tentative de suicide étant aussi cliniquement déprimées. Dès lors que le suicide et les tentatives de suicide sont pris en compte, la charge de morbidité associée à la dépression augmente de façon assez significative. En dépit du fait que près de 70% des Etats Membres de l'OMS ont une liste actualisée de médicaments essentiels, médicaments psychotropes compris, un tiers de la population mondiale n'y a pas accès. En Afrique, une personne sur deux seulement a accès à ces médicaments. La situation est particulièrement grave dans les zones rurales où les antidépresseurs, les anticonvulsivants et les antipsychotiques sont rarement disponibles. Le Directeur général de l'OMS a souligné que les méthodes traditionnelles utilisées pour attribuer un rang de priorité aux problèmes de santé, normalement en fonction de la mortalité et de la prévalence d'une maladie, présentaient des limites importantes. Le nombre des décès, a-t-elle indiqué, ne tenait pas compte des cas d'issue non mortelle de la maladie, tandis que les taux de prévalence ne tenaient pas compte de la gravité ni de la durée des incapacités dues aux maladies. Il s'ensuit que, depuis de nombreuses années, le poids des troubles psychiatriques et neurologiques est sous-estimé. Cela, a dit le Dr Brundtland, a des conséquences évidentes sur les allocations budgétaires et la planification des politiques. En sensibilisant davantage l'opinion à l'importance des problèmes mentaux, l'Organisation mondiale de la Santé espère relever le profil de la santé mentale dans les programmes politiques, sanitaires et de développement des gouvernements de ses 191 Etats Membres, des organisations internationales et des organisations non gouvernementales nationales et internationales. L'OMS combattra aussi la stigmatisation sociale, les idées fausses et la discrimination associées aux troubles neuropsychiatriques et elle soutiendra les droits des malades mentaux, a souligné le Dr Brundtland. "Il arrive très souvent, dans de nombreux pays, que des personnes atteintes de troubles neuropsychiatriques souffrent doublement: d'une part sous l'effet de la maladie même et d'autre part du fait de la stigmatisation et de la discrimination sociales qu'elle suscite. A cet égard, tous les pays sont des pays en développement," a déclaré le Directeur général de l'OMS. En décembre 2001, nous célébrerons le 10ème anniversaire des Principes pour la protection des personnes atteintes de maladie mentale et pour l'amélioration des soins de santé mentale, adoptés en 1991 par l'Assemblée générale des Nations Unies. Le Dr Brundtland a proposé de saisir cette occasion pour adopter des mesures concertées destinées à favoriser la mise en uvre de ces principes, y compris, par exemple, l'élaboration d'une Convention internationale sur les droits des personnes atteintes de troubles mentaux. Un autre objectif important des nouvelles stratégies de l'OMS pour la santé mentale est l'amélioration des taux de traitement des troubles psychiatriques et neurologiques. Même dans les économies de marché dotées de systèmes de soins de santé développés, on estime que 35% seulement des malades souffrant, par exemple, de dépression sont soignés. La situation est particulièrement inquiétante dans les pays en développement - qui regrouperont environ 80% de la population mondiale d'ici à 2020. En Inde, par exemple, 20% des personnes souffrant de schizophrénie ou d'épilepsie sont soignées par rapport à 80% dans les pays à économie de marché. Dans les pays d'Afrique sub-saharienne, on estime à 5% environ les taux de traitement de la dépression. Dans les régions touchées par une catastrophe ou une guerre, la situation est pire encore. Il ne suffira pas de sensibiliser l'opinion pour accroître ces taux de traitement, a souligné le Directeur général. Il faudra privilégier non pas, comme c'est le cas actuellement, les grands établissements psychiatriques spécialisés, qui sont d'ordinaire concentrés en milieu urbain et constituent aujourd'hui la principale source de traitement, mais des services de santé mentale communautaires plus efficaces desservant à la fois les zones urbaines et, plus particulièrement, les zones rurales. L'Organisation mondiale de la Santé, a dit le Dr Brundtland, encouragera aussi une utilisation plus étendue des interventions efficaces et des médicaments essentiels d'une utilité avérée contre les troubles psychiatriques et les maladies neurologiques. En Chine, par exemple, un projet de démonstration a montré que des interventions familiales simples, associées à une pharmacothérapie, pouvaient considérablement améliorer le ratio coût-bénéfice du traitement des personnes atteintes de schizophrénie. L'épilepsie peut être soignée efficacement avec du phénobarbital - médicament sûr et économique, encore difficile à trouver dans de nombreux pays en développement. Les nouvelles stratégies continueront enfin à surveiller la santé mentale dans le monde. L'OMS, a dit son Directeur général, en est au stade final de la planification de l'Enquête sur la santé mentale 2000. Cette enquête sera mise en uvre dans 19 pays, dont la Chine (provinces de Beijing, Guangzhou et Shanghaï), pour recueillir des données sur les troubles et incapacités mentaux et physiques, la perte d'emploi, les facteurs de risque et sur la fourniture et l'utilisation des services et des médicaments. Le Dr Brundtland a également annoncé que l'OMS avait mis au point et lançait des campagnes mondiales axées sur la prévention de la dépression/du suicide, la schizophrénie et l'épilepsie. Ces campagnes importantes feront appel à des ONG nationales et internationales clefs, des organisations professionnelles, des établissements universitaires et la société civile. L'annonce de ces campagnes, a-t-elle souligné, repose sur la notion selon laquelle la "santé mentale" va au-delà de la simple absence de trouble mental ou neurologique. Pour l'OMS, le bien-être mental fait partie intégrante de la santé mentale. Le Dr Brundtland voit dans la pauvreté un obstacle majeur à ce bien-être mental. "Plus de trois milliards de personnes - soit la moitié de la population mondiale - restent pauvres et ont moins de deux dollars par jour pour vivre. Sur ce nombre, 1,3 milliard a moins de un dollar par jour pour vivre. En 2025, sous l'effet de l'accroissement démographique, ces chiffres pourraient atteindre respectivement quatre milliards et près de deux milliards," a-t-elle observé. "Le monde s'est fixé pour cible de réduire de moitié le nombre de pauvres absolus d'ici à 2015. La tâche est de taille. Il faut que les pays riches fassent preuve d'un peu de décence et paient une part équitable pour remettre à flot le milliard d'exclus. Quatre seulement des pays les plus riches - Pays-Bas, Danemark, Norvège et Suède - s'acquittent de leur obligation de verser au moins 0,7% de leur PIB au profit de l'aide au développement. La contribution moyenne parmi les pays les plus riches est en passe d'atteindre un plancher record de 0,2%.Je trouve cela dommage, et tous les groupes de la société civile qui sont engagés en faveur du développement devraient demander des comptes à leurs dirigeants," a déclaré le Dr Gro Harlem Brundtland. Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Igor Rozov, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 25 32. Télécopie : (41 22) 791 48 58. Email : rozovi@who.ch Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil http://www.who.ch/ |
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Communiqués
1999 | Note
à la presse 1999 |
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