Press Releases 1999

Bureau de l'Information

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/74
6 décembre 1999
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L'ÉFLORNITHINE NE SERA PAS ABANDONNÉE

La trypanosomiase africaine, ou maladie du sommeil, fait rarement les gros titres de la presse internationale mais, selon les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre), elle provoquerait autant de décès que le SIDA dans deux des provinces du plus grand pays d'Afrique centrale. On estime que 55 millions de personnes dans 36 pays africains au Sud du Sahara sont exposées au risque de contracter cette maladie.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS), avec son Programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales, a collaboré depuis vingt ans avec un grand laboratoire pharmaceutique, Hoechst Marion Roussel Inc., pour développer un médicament, l'éflornithine, qui traite et sauve les victimes de la trypanosomiase africaine.

Hoechst Marion Roussel et l'OMS ont signé aujourd'hui à Genève un accord de licence au Siège de l'OMS qui permet à celle-ci, en collaboration avec d'autres partenaires, d'organiser la production et la distribution du médicament.

Avec la signature de cet accord, l'OMS et ses partenaires cherchent activement des moyens de garantir que l'éflornithine restera disponible. Au début de l'année, elle a créé le Réseau contre la trypanosomiase africaine qui doit « surveiller la pharmacorésistance, ainsi que trouver et recommander des solutions pour traiter la maladie du sommeil ». L'un des groupes de travail du réseau — Disponibilité et accessibilité des médicaments — est présidé par une organisation non gouvernementale, Médecins sans frontières (MSF). Ce groupe a pour instruction entre autres « d'assurer la production, la commercialisation et l'homologation de l'éflornithine en Afrique et en Europe ».

Hoechst Marion Roussel procédera au transfert de technologie une fois que l'OMS aura trouvé dans le secteur privé un nouveau partenaire capable de produire l'éflornithine. Pendant ce temps, MSF et l'OMS sont en contact avec la communauté internationale des donateurs pour financer l'achat de stocks suffisants. Comme la grande majorité des personnes atteintes par la maladie du sommeil n'auront pas les moyens d'acheter ce médicament, un financement international est nécessaire. Le fait de trouver à l'avance les fonds pour l'achat facilitera la recherche d'un producteur.

« Le partenariat entre l'OMS, Hoechst Marion Roussel et MSF est un grand exemple des nouvelles coopérations concrètes entre le système des Nations Unies, le secteur privé et les organisations non gouvernementales pour combattre les maladies de la pauvreté », a observé le Dr David Heymann, Directeur exécutif à l'OMS de Maladies transmissibles.

M. André Rouvillois, l'un des Directeurs de Hoechst Marion Roussel, a exprimé au nom de son entreprise « la grande satisfaction de transférer les droits de brevet de l'éflornithine et les techniques de fabrication à l'OMS, car ceci est la conclusion logique de la longue collaboration entre Hoechst Marion Roussel et le Programme spécial OMS de recherche et de formation concernant les maladies tropicales qui a permis la mise au point de cette molécule pour le traitement de la maladie du sommeil ». Toujours au nom du laboratoire, il a également remercié l'OMS « de son esprit ouvert de collaboration, ainsi que les parties intéressées, notamment Médecins sans Frontières, qui contribueront à délivrer l'éflornithine aux patients démunis. »

Le traitement consiste à administrer par voie intraveineuse une dose toutes les 6 heures pendant 14 jours dans un cadre hospitalier et il revient actuellement à US $700 par patient. Sur les 16 pays notifiant régulièrement des cas de maladie du sommeil, 11 ont un produit national brut par habitant d'environ US $1 000. Dans de nombreux pays où sévit cette affection, le budget annuel total de la santé ne dépasse pas US $10 par habitant. L'Angola, l'Ouganda, la République démocratique du Congo et le Soudan sont les pays les plus touchés.

Il est extrêmement difficile d'obtenir des données crédibles. En 1998, la République démocratique du Congo a notifié 27 000 cas sur 350 000 selon les estimations. L'Angola en a notifié un peu moins de 8 000 alors que, selon des estimations indépendantes, il y en aurait 100 000. Dans de nombreux villages, la prévalence dépasse 50% et la maladie du sommeil devient alors habituellement la première cause de mortalité.

Des épidémies difficiles à maîtriser surviennent en l'absence de surveillance médicale suffisante. Affectant un grand nombre de personnes, elles entraînent des taux élevés de mortalité et elles ont de graves conséquences socio-économiques, lorsque de vastes zones fertiles se dépeuplent totalement. « La résurgence actuelle de la trypanosomiase africaine en Afrique centrale est comparable à ce que nous observions dans les années 1930, lorsque de grandes épidémies sévissaient, a déclaré M. Félix Kuzoe, expert à l'OMS de la trypanosomiase africaine. Cette situation est très préoccupante pour tous les gouvernements concernés, l'OMS et d'autres organismes d'aide internationale. 


Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent prendre contact avec Valery Abramov, OMS, Genève. Tel: (41 22) 791 2543, Fax (41 22) 791 4858. Email: abramovv@who.int

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