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| Communiqué de presse 28 octobre 1999 |
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PUBLICATION, PAR LES ORGANISATIONS DES NATIONS UNIES, D'UNE DECLARATION COMMUNE SUR LA REDUCTION DE LA MORTALITE MATERNELLE Quatre organisations des Nations Unies, actives dans la promotion de la santé de la femme, se sont unies pour lutter contre la mortalité maternelle en annonçant une déclaration commune sur les actions prioritaires à mener pour réduire le nombre de femmes mourant pendant la grossesse et à l'accouchement. Chaque année, près de 600 000 femmes, soit plus d'une par minute, meurent des complications associées à la grossesse et à l'accouchement. Ces mêmes complications entraînent en outre la naissance de trois millions d'enfants mort-nés et le décès de trois autres millions de nouveau-nés pendant la première semaine de vie. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et la Banque mondiale ont présenté aujourd'hui cette déclaration commune. Cette déclaration passe en revue trois domaines d'action essentiels :
La déclaration commune s'appuie sur 12 années d'expérience dans la mise en uvre des activités visant à assurer une maternité sans risque et de recherches sur l'efficacité des mesures destinées à réduire le nombre des décès maternels. Elle présente les causes de mortalité et énonce les actions prioritaires que les gouvernements et les sociétés doivent mener pour faire reculer la mortalité des mères et des nourrissons au cours de la prochaine décennie. « Cette déclaration reflète le consensus, qui existe entre les quatre principaux organismes dans ce domaine, sur la gravité et l'étendue du problème de la mortalité maternelle et sur les meilleurs moyens de la réduire, a déclaré le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS. Elle entraînera une meilleure harmonisation de notre travail au niveau des pays, ce qui permettra de sauver plus de vies. » L'un des fossés les plus larges et les plus inacceptables existant entre les pays développés et ceux en développement est celui qui touche à la mortalité maternelle : plus de 98% des décès maternels surviennent en effet dans les pays en développement. Dans les pays développés, on compte approximativement 27 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes chaque année, alors que, dans les pays en développement, le chiffre moyen correspondant, 480, est dix-huit fois plus élevé. Dans certains pays en développement, une femme sur 10 peut mourir de causes liées à la grossesse pendant qu'elle est en âge de procréer, contre une sur 4 000 dans les pays industrialisés. A l'occasion du dixième anniversaire de l'initiative pour la maternité sans risque, le Président de la Banque mondiale, M. James Wolfensohn, s'est interrogé : « Comment se fait-il qu'à l'aube d'un nouveau millénaire, dans un monde qui connaît une croissance économique et des progrès technologiques sans précédent, il y ait toujours un nombre alarmant de jeunes femmes qui meurent au cours de la grossesse et de l'accouchement et que nous n'intervenions pas ? » Il a indiqué qu'il estimait qu'une coalition d'acteurs internationaux et nationaux, s'unissant aux gouvernements, au secteur privé et à la société civile chacun s'appuyant sur ses forces respectives pouvait débarrasser le monde du fléau qu'est la mortalité maternelle élevée. Il a déclaré que, dans les dix années à venir, nous devions pour le moins veiller à changer de registre et passer de la « maternité sans risque » à la « maternité sauvée ». Les causes de la mortalité maternelle La déclaration politique commune fait remarquer que le statut social inférieur des femmes dans les pays en développement est un déterminant fondamental de la mortalité maternelle. Il limite en effet l'accès des femmes aux ressources économiques et à l'instruction de base, il les empêche de prendre des décisions éclairées sur la procréation, la santé et la nutrition. Une alimentation déficiente avant et pendant la grossesse entraîne un affaiblissement de la santé, des problèmes obstétriques et des issues défavorables aux grossesses, tant pour les femmes que pour leurs nouveau-nés. Environ 80% des décès maternels dans le monde résultent directement des complications survenant pendant la grossesse, l'accouchement et les six semaines qui suivent. Les cinq principales causes de mortalité maternelle sont les hémorragies (environ un quart de l'ensemble des décès), les infections, les troubles de l'hypertension, le travail dystocique et les avortements à risque qui, à eux seuls, peuvent être responsables de plus d'un tiers des décès maternels dans certaines régions du monde. Les 20% restants sont imputables à des pathologies préexistantes que la grossesse ou sa prise en charge aggravent. Parmi ces causes indirectes de mortalité maternelle, l'une des plus importantes est l'anémie. Le paludisme, l'hépatite, les cardiopathies et, de plus en plus dans certains contextes, le VIH/SIDA, sont d'autres causes indirectes importantes de mortalité maternelle. L'importance des compétences en obstétrique La déclaration commune établit que la présence en nombre suffisant de professionnels de santé, compétents en obstétrique et pouvant s'appuyer sur un service de transferts pour les complications, est un facteur essentiel pour éviter les décès maternels. Actuellement, 53% seulement des accouchements dans les pays en développement se déroulent en présence d'un professionnel de santé et 40% seulement dans un hôpital ou un centre de santé. Environ 15% des femmes enceintes présentent des complications avec risque mortel requérant des soins d'urgence. Dans 40% des grossesses, des soins professionnels sont requis en relation avec des complications. Les grossesses non désirées : un facteur de risque Pas moins de la moitié des grossesses ne sont pas prévues et un quart ne sont pas désirées. La prévention des grossesses non désirées constitue l'une des stratégies essentielles pour réduire la mortalité maternelle. Outre les services d'obstétrique et les possibilités de transfert, il faut donc assurer des services de planification familiale qui soient orientés sur les besoins des client(e)s et proposent un large éventail de méthodes contraceptives modernes et de conseils. « Tant que la femme, aux yeux des familles et de la société, ne sera rien d'autre qu'une mère et qu'elle ne sera ni respectée, ni valorisée suffisamment, un risque élevé continuera de peser sur les maternités, a déclaré le Dr Nafis Sadik, Directeur exécutif du FNUAP. Il faut éliminer la discrimination à l'encontre des femmes et des jeunes filles au niveau de la nutrition, des soins de santé, de l'instruction et des possibilités d'emploi, et garantir l'accès à la santé de la reproduction à l'aide de services et d'informations sur la planification familiale. » Sauver les enfants en aidant les mères Le décès d'une mère a des conséquences sur la famille, la communauté et la société dans son ensemble. Toutefois, les répercussions les plus immédiates et les plus graves pèsent sur les jeunes enfants. Pour près de la moitié, les décès de nouveau-nés sont imputables à des soins maternels insuffisants. On compte chaque année, dans la première semaine de vie, 3,2 millions de morts néonatales résultant le plus souvent de soins insuffisants ou inadaptés pendant la grossesse ou au cours de l'accouchement et des premières heures de la vie. « Nous ne ferons pas de nouveaux progrès dans la lutte contre la mortalité infantile si nous ne nous occupons pas des décès évitables qui surviennent dans les premiers jours de la vie. La grossesse sans risque pour toutes les femmes est le meilleur moyen de les éviter, a déclaré Carol Bellamy, Directeur exécutif de l'UNICEF. » Le Dr Brundtland, commentant le rôle de la société pour faire reculer la mortalité maternelle, a ajouté : « Nos sociétés doivent s'engager avec fermeté à tout mettre en uvre pour éliminer les risques liés à la grossesse et à l'accouchement. Nous tous, et en particulier les dirigeants politiques et les responsables sociaux dans les pays en développement, devons faire comprendre que la grossesse et l'accouchement peuvent et doivent être rendus plus sûrs. Les communautés doivent faire spécialement attention aux besoins des jeunes filles et des femmes en matière de nutrition et d'instruction, pour leur permettre de décider elles-mêmes du nombre d'enfants qu'elles désirent, du moment où elles les veulent et leur donner accès aux services de santé maternelle. » Cette déclaration commune exprime le consensus existant entre l'OMS, le FNUAP, l'UNICEF et la Banque mondiale et elle est un exemple de la finalité commune et de la complémentarité des programmes soutenus par ces quatre organismes et conçus pour réduire et éviter la mortalité et la morbidité maternelles et néonatales. Ce consensus permettra néanmoins à chacun de ces organismes de définir ses avantages comparatifs et d'organiser la complémentarité des efforts dans ce domaine. Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent prendre contact à l'OMS à Genève avec M. Jitendra Khanna, département Santé et recherche génésiques, OMS, Genève. Tél. (+41 22) 791 3345. Télécopie (+41 22) 791 4171. Courrier électronique : khannaj@who.ch ou Gregory Hartl, Bureau de Presse et des Relations publiques, tél. (41 22) 791 4458, télécopie (4122) 791 4858, courrier électronique : hartlg@who.ch. Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information, ainsi que d'autres informations sur le sujet, peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS : http://www.who.ch Pour plus d'informations sur le FNUAP, les journalistes peuvent s'adresser à France Donnay, administrateur technique, FNUAP Tél. : (212)-297-5232, Courrier électronique : donnay@unfpa.org. Il est possible d'obtenir des informations complémentaires à www.unfpa.org . Pour plus d'information sur l'UNICEF, les journalistes peuvent s'adresser à Yasmin Zaman, Tél. : (212) 326 7505, Télécopie : 212 326 7518, Courrier électronique : yzaman@unicef.org Pour plus d'informations sur la Banque mondiale, les journalistes peuvent s'adresser à Christopher Walsh au n° (202) 458-2710, (202) 262-3359 (portable), ou par courrier électronique : Cwalsh@worldbank.org |
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