Press Releases 1999

Bureau de l'information

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/99/WHA4
18 mai 1999
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AMARTYA SEN, LAUREAT DU PRIX NOBEL D'ECONOMIE DECLARE : "LA SANCTION DE L'INACTION PEUT ETRE LA MALADIE ET LA MORT"

Genève, 18 mai 1999 – Amartya Sen a déclaré aujourd'hui devant l'Assemblée mondiale de la Santé : "Le conservatisme financier doit être le cauchemar du militariste, et non pas du médecin, ni de l'enseignant, ni de l'infirmière hospitalière ».

Le Professeur Sen, éminent spécialiste indien dont les travaux ont permis une nouvelle compréhension des catastrophes qui frappent les membres les plus pauvres de la société, a reçu l'an dernier le Prix Nobel d'économie pour ses contributions à l'économie du bien-être, qui aident à expliquer les mécanismes économiques à l'origine des famines et de la pauvreté. Selon la citation du Prix Nobel 1998, Sen a redonné une dimension éthique au débat sur les problèmes économiques vitaux.

Cet économiste de 65 ans, qui a rejoint le Trinity College de Cambridge l'an dernier après avoir enseigné à l'Université Harvard, a dit que la croissance économique rapide a contribué à améliorer la santé dans certains pays où la croissance a une assise large et où les recettes sont utilisées pour développer l'enseignement des soins de santé et la sécurité sociale. Il a cependant fait observer que d'autres pays ont recours à un processus qui consiste à apporter un soutien social judicieux aux soins de santé, à l'éducation et autres activités sociales pertinentes pour améliorer les conditions de vie et réduire les taux de mortalité, même lorsque la croissance économique est modeste.

Grâce à ce processus, a-t-il poursuivi, "Malgré de faibles revenus, les habitants de Kerala (Inde), de Chine ou de Sri Lanka, ont une espérance de vie nettement supérieure à celle de populations beaucoup plus riches du Brésil, d'Afrique du Sud et de Namibie, sans compter le Gabon."

"Et pourtant, quand il s'agit de santé et de survie, il n'y a peut-être rien qui importe plus dans de nombreux pays pauvres du monde aujourd'hui que l'existence de services médicaux et de prestations de soins de santé", a déclaré le Professeur Sen. Citant une étude récente intitulée "Infections et inégalités : les fléaux de l'ère moderne", de Paul Farmer, il a ajouté, que grâce à sa détermination, le public peut apporter un changement considérable en remédiant à l'absence de services biomédicaux, indispensables pour combattre des maladies pouvant être traitées facilement comme le choléra et le paludisme ou des infections plus redoutables comme le SIDA et la tuberculose pharmacorésistante.

"Si l'allocation des ressources est systématiquement détournée vers les armes et armements, au lieu d'être orientée vers la santé et l'éducation, le remède réside dans un débat public éclairé sur ces questions et, en fin de compte, dans le rôle du public pour la recherche de meilleurs moyens afin d'assurer un bon niveau de vie plutôt que de moyens efficaces pour tuer", a déclaré le Professeur Sen devant les délégués à l'Assemblée de la Santé.

La question de l'affectation sociale des ressources économiques "ne peut être dissociée du rôle de la politique participative et de l'instauration d'une discussion publique éclairée", a-t-il ajouté.

"Le public ne doit pas se considérer simplement comme un patient, mais aussi comme un agent de changement. La sanction de l'inaction et de l'apathie peut être la maladie et la mort", a conclu le Professeur Sen.


Pour plus de amples informations, les journalistes peuvent prendre contact à l'OMS, à Genève, avec Daniel Epstein, Relations publiques. Téléphone (41 22) 917 6874 (pendant la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé) ou (41 22) 791 2584. Télécopie (41 22) 791 4858. Courrier électronique :  epsteind@paho.org.

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