|
JOURNÉE MONDIALE DU SIDA: 1er DÉCEMBRE
2000
LES PRESERVATIFS DOIVENT ETRE UTILISES PLUS SOUVENT
COMME MOYEN DE PLANIFICATION FAMILIALE, EN PARTICULIER LA OU SEVIT
L'EPIDEMIE DU SIDA
On appelle « double
protection » le fait de se protéger simultanément contre les
grossesses involontaires et les infections sexuellement transmissibles.
Les préservatifs, que l’on a longtemps considérés comme une
méthode de prévention des maladies, étaient à l’origine un moyen
de planification familiale. En fait, c’est le seul dispositif
efficace pour prévenir à la fois les grossesses non désirées et
les maladies sexuellement transmissibles, dont le VIH/SIDA. Aussi
évidents qu’ils puissent paraître, les préservatifs ne sont
pourtant pas utilisés aussi souvent que d’autres moyens de
contraception, notamment dans les régions où sévit l’épidémie
du SIDA.
Il faut faire davantage connaître auprès de ceux
qui ont recours à la planification familiale l’avantage
supplémentaire des préservatifs — la protection efficace contre
les infections — afin qu’ils puissent choisir librement et en
connaissance de cause leur méthode de contraception, affirment l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS), le Programme commun des Nations Unies sur
le VIH/SIDA (ONUSIDA) et le Fonds des Nations Unies pour la population
(FNUAP). Cela pourrait signifier, pour les millions de femmes qui
utilisent déjà d’autres méthodes efficaces de planification
familiale, de rajouter le préservatif à celle qu’elles ont
choisies.
Ces organismes des Nations Unies exhortent les
conseillers en santé génésique à être plus nombreux à dire à
leurs clients que de nombreuses méthodes efficaces de contraception n’offrent
en revanche aucune protection contre les infections sexuellement
transmissibles. Tous les programmes de planification familiale
devraient assurer la promotion des préservatifs à la fois pour le
contrôle des naissances et la protection contre les
infections.
« Les succès des programmes de planification
familiale dans la diminution du nombre des grossesses non désirées
ne se sont malheureusement pas accompagnés d’une régression des
infections sexuellement transmissibles (IST), en augmentation partout
dans le monde », constate le Dr Gro Harlem Brundtland,
Directeur-général de l’OMS.
On compte actuellement plus de 340 millions de cas
d’IST guérissables chaque année, auxquels on peut ajouter les
nombreux millions de cas d’IST incurables, parmi lesquels plus de 5
millions d’infections à VIH par an.
Utilisés régulièrement et correctement, les
préservatifs masculins ou féminins sont pour l’instant la seule
méthode disponible de planification familiale assurant cette double
protection.
Cette double protection peut s’avérer
particulièrement importante pour certaines personnes :
- les jeunes sexuellement actifs ;
- les hommes et les femmes (ainsi que leurs partenaires) qui
adoptent des comportements sexuels à risque ;
- les personnes sexuellement actives dans des situations de forte
prévalence du VIH et d’autres IST ;
- les professionnels (elles) du sexe et leurs clients ;
- ceux qui ont déjà le VIH ou une IST, ainsi que leurs
partenaires.
L’OMS et ses partenaires recommandent un certain
nombre de mesures correctrices en faveur des préservatifs. Parmi
celles-ci, il convient de mieux intégrer les services de
planification familiale et de prévention des IST et du VIH. Il faut
faire mieux connaître la double protection aux personnes délivrant
ces services et aux conseillers, de façon à ce qu’ils en informent
leurs clients et les incitent à y avoir recours si nécessaire.
De nombreux conseillers en planification familiale,
inquiets d’une utilisation irrégulière et incorrecte des
préservatifs, favorisent et encouragent d’autres méthodes de
contraception. Une étude a révélé que seuls 12 % des nouveaux
consultants des services de planification familiale au Kenya et
7 % au Zimbabwe avaient entendu parler des préservatifs et de l’avantage
unique qu’ils offrent contre les IST et le VIH.
Même les femmes informées peuvent arrêter d’utiliser
des préservatifs. Une fois dépassé les premiers stades de la
relation, certaines femmes qui, par exemple, ont recours à la fois à
la contraception hormonale et au préservatif, finissent par laisser
le partenaire abandonner le préservatif et s’exposent ainsi aux
infections.
Pour promouvoir la double protection, il faut faire
des efforts pour atteindre et éduquer en particulier :
- les hommes, ce sont eux qui traditionnellement utilisent les
préservatifs ;
- les jeunes, notamment ceux entre 15 et 24 ans chez lesquels on
recense la moitié des nouvelles infections à VIH.
Les hommes ne fréquentant pas habituellement les
services de planification familiale, il faut trouver des moyens
originaux, événements sportifs ou médias par exemple, de les
atteindre pour leur faire comprendre l’importance des préservatifs.
Le préservatif féminin pourrait également s’avérer
utile dans la prévention à la fois des grossesses non désirées et
des infections mais son prix, près de 10 fois celui du préservatif
masculin, et son manque de disponibilité en limitent l’usage. Afin
de donner aux femmes la capacité de décider, il faudrait
entreprendre des recherches pour rendre le préservatif féminin plus
accessible et plus abordable et développer des antiseptiques à leur
disposition.
Il est clair qu’il faudra disposer d’une gamme
plus large de produits offrant la double protection mais, pour l’instant,
nous exhortons les services de planification familiale à s’intéresser
et à encourager bien davantage la seule méthode efficace dont nous
disposions actuellement pour assurer cette double protection : le
préservatif masculin.
Pour plus d'informations, les journalistes peuvent prendre contact
avec M. Gregory Hartl, Porte-parole de l’OMS, Genève. Portable (+41
79) 203 6715; Tél. (41 22) 791 4458 ; télécopie: (41 22) 791 4858 ;
adresse électronique : inf@who.int.
Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS et d'autres
informations sur le sujet peuvent être obtenus sur Internet à la
page d'accueil de l'OMS : http://www.who.int |