Communiqué de presse 2000

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 24 janvier 2000
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LE DIRECTEUR GENERAL DE L’OMS ANNONCE UNE ACTION A TROIS NIVEAUX CONTRE L’EPIDEMIE DE SIDA

 Le SIDA est l’un des problèmes de santé pour lequel la situation est « la plus dramatique » et qui exige une « mobilisation sans précédent » de la communauté internationale, a déclaré le Directeur général de l’OMS, le Dr Gro Harlem Brundtland, à l’ouverture de la cent cinquième session du Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la Santé ce matin.

 « Le VIH/SIDA n’a jamais été aussi haut dans les priorités internationales : en tant que problème de développement, mais aussi en tant que crise alertant les responsables de la sécurité mondiale, comme l’a montré le débat sans précédent qui vient d’avoir lieu au Conseil de Sécurité de l’ONU. Nous devons profiter de l’élan donné par ce regain d’attention internationale », a déclaré le Dr Brundtland aux 32 membres du Conseil.

 Le Conseil exécutif de l’OMS, l’un des organes délibérants de l’Organisation avec l’Assemblée mondiale de la Santé, se réunit deux fois par an.

 Le Dr Brundtland a retenu le problème du VIH/SIDA parce que c’est aujourd’hui la principale cause de mortalité en Afrique subsaharienne, et parce qu’il fait également planer une terrible menace dans d’autres parties du monde, notamment dans le sous-continent indien.

 « Le nombre de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les nouveaux Etats indépendants a doublé au cours des deux dernières années », a-t-elle précisé. « En Asie, plus de 6 millions de personnes sont infectées. Si l’on n’arrive pas à juguler l’épidémie dans le sous-continent indien, les conséquences pour cette région seront vraiment effroyables ».

 Mais, face à cette tragédie, le Dr Brundtland refuse de désespérer. « Nous ne sommes pas totalement désarmés », a-t-elle ajouté. « Nous devons prendre exemple sur les pays dans lesquels les taux d’infection ont chuté, tels que l’Ouganda et la Thaïlande – des pays qui ont montré comment, avec une véritable mobilisation politique, une volonté de regarder en face les questions sensibles et une action multisectorielle menée conjointement par le gouvernement et la société civile, on peut commencer à inverser la tendance. ».

 Le Directeur général a déclaré que l’OMS allait se concentrer sur trois aspects de l’épidémie : les soins à apporter aux plus de 30 millions de personnes vivant aujourd’hui avec le VIH/SIDA, la réduction de la transmission mère-enfant, et l’accès aux médicaments.

 Elle a souligné que, dans les pays développés, le traitement a permis de faire reculer de manière spectaculaire la mortalité due au SIDA, tandis qu’en Afrique, de nombreuses personnes n’ont aucun accès aux médicaments palliatifs, sans parler des thérapies antirétrovirales ou des médicaments destinés à traiter des infections opportunistes.

 « Les médicaments sont au Nord et la maladie au Sud. Cette injustice ne peut continuer », a insisté le Dr Brundtland.

 Avec l’ONUSIDA et d’autres partenaires, l’OMS s’emploie à rendre plus abordables les médicaments contre le VIH. L’Organisation collabore avec eux pour négocier avec l’industrie pharmaceutique le prix des médicaments et différentes approches de la fixation du prix des médicaments.

 « Partout où cela est possible, nous encourageons l’utilisation des médicaments génériques et les achats en gros », a poursuivi le Dr Brundtland. « Nous sommes en train d’inclure les médicaments prioritaires de lutte contre le VIH dans la liste modèle OMS des médicaments essentiels à l’occasion de sa mise à jour régulière et nous suivons de près les effets positifs de la concurrence sur le marché des antirétroviraux. ».

 Dans son discours, le Dr Brundtland a également dit que la lutte contre la pauvreté serait l’un des aspects prépondérants de l’activité de l’OMS.

 « Investir dans la santé pour réduire la pauvreté est le type de message fort et ciblé dont nous avons besoin pour mobiliser des ressources et gagner l’attention de la communauté internationale », a-t-elle déclaré au Conseil.

 Le Dr Brundtland a estimé qu’au cours de l’année écoulée, l’OMS était parvenue à définir sa stratégie institutionnelle et que celle-ci supposait une nouvelle définition des priorités pour l’Organisation.

 Elle a cité neuf domaines prioritaires pour le budget programme 2002-2003 qui sera rédigé au cours des prochains mois : l’amélioration des systèmes de santé, la lutte contre le paludisme, le VIH/SIDA et la tuberculose, la lutte contre l’épidémie de tabagisme, l’amélioration de la santé maternelle, la sécurité transfusionnelle, la prévention et l’amélioration du traitement des troubles mentaux, la lutte contre le cancer, les maladies cardio-vasculaires, le diabète et les maladies respiratoires chroniques, l’amélioration de la salubrité des aliments et l’investissement dans le changement à l’OMS.

 Le Dr A.J.M. Sulaiman, Directeur général des Affaires sanitaires au Ministère omanais de la Santé, préside l’actuelle session du Conseil exécutif qui doit terminer ses travaux le 29 janvier.


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