Communiqué de presse 2000

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/06
26 janvier 2000
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LE BULLETIN DE L'OMS MET L'ACCENT SUR DE GRAVES INEGALITES DE SANTE

« Les inégalités de santé », tel est le thème du numéro de janvier du Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé. Malgré les progrès impressionnants de la santé accomplis au cours des 50 dernières années, des écarts sensibles subsistent entre différents groupes sociaux, en particulier entre riches et pauvres.

Comme l'écrit Richard Feachem, rédacteur en chef du Bulletin dans son éditorial, « de nombreux éléments tendent à montrer que les subventions publiques – en faveur de la santé, de l'éducation, de l'approvisionnement en eau ou en électricité, de l'alimentation, etc. – visant à promouvoir l'équité et à améliorer la situation des pauvres profitent en fait largement à ceux qui sont déjà plus favorisés, et plus particulièrement à la classe moyenne. ».

Donald Acheson, ancien Chief Medical Officer en Angleterre fait un peu la même constatation : « l'expérience montre - déclare-t-il - qu'une politique bien intentionnée qui améliore la santé moyenne au sein d'une population peut très bien ne pas avoir d'effet sur les inégalités. Elle peut même les aggraver en améliorant la situation de ceux qui sont déjà privilégiés. C'est ce qu'on a constaté dans le cas de certaines initiatives dans le domaine de la vaccination et du dépistage du cancer du col de l'utérus, ainsi que dans le cas de certaines campagnes visant à promouvoir le sevrage tabagique ou l'allaitement maternel ». L'article principal du Bulletin sur les inégalités de santé et la santé des pauvres dû à Davidson R. Gwatkin, Directeur du Programme de politique sanitaire internationale, qui s'attache à répondre aux questions « que savons-nous ? » et « que pouvons-nous faire ? » préconise le passage de l'analyse à l'action. L'opinion mondiale a commencé à se préoccuper davantage de la santé des pauvres et de la réduction des inégalités de santé. Dans un premier temps, selon Gwatkin, les objectifs de santé devraient tenir compte des conditions auxquelles doivent faire face les pauvres plutôt que l'ensemble de la société. « Les moyennes ont tendance à dissimuler la réalité autant qu'elles la révèlent. » Les buts en matière de santé, exprimés aujourd'hui avant tout en fonction de moyennes pour des populations entières, devraient plutôt viser à améliorer directement les conditions auxquelles doivent faire face les groupes les plus défavorisés et à réduire les différences entre ces groupes et les autres groupes sociaux. Ainsi, au lieu d'adopter le but de la réduction de la mortalité juvénile des deux tiers dans l'ensemble de la population – comme le préconise l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) –, il vaudrait mieux, selon Gwatkin, que les pays cherchent à réduire la mortalité infantile des deux tiers dans les couches les plus pauvres de la société.

Dans le même numéro, Geeta Rao Gupta, qui préside le Centre international de recherche sur les femmes, souligne que, si 70 % des plus pauvres de la planète sont des femmes, « les femmes pauvres sont confrontées aux conséquences interactives de deux des inégalités sociales les plus persistantes et préjudiciables, à savoir celle de la pauvreté et celle de leur condition féminine.  Si le but de la politique sanitaire est de réduire les inégalités de santé, il est indispensable de fixer des buts explicites en matière d'amélioration de la santé des femmes ». On relève d'autres exemples d'inégalités de santé parmi différents groupes ethniques en Afrique subsaharienne. Martin Brockerhoff et Paul Hewett du Conseil de la Population, citant des données recueillies pendant les années 90 dans 11 pays (Côte d'Ivoire, Ghana, Kenya, Mali, Namibie, Niger, Ouganda, République centrafricaine, Rwanda, Sénégal et Zambie), montrent que le risque de décès avant l'âge de cinq ans varie sensiblement d'un groupe ethnique à l'autre. Jusqu'en 1992, par exemple, au Kenya, le risque de décès avant l'âge de cinq ans chez les enfants kalenjin était inférieur de moitié au risque chez les autres enfants non kikuyu. Les auteurs font observer que les différences ethniques en matière de mortalité juvénile sont étroitement liées aux conditions économiques, à l'éducation de la mère, à l'utilisation des soins de santé et au cadre géographique.

La santé est apparemment en passe de se retrouver au centre de la réflexion sur la pauvreté. Comme l'a souligné cette semaine le Directeur général de l'OMS, le Dr Gro Harlem Brundtland, devant le Conseil exécutif de l'Organisation,  les problèmes de santé constituent à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté et l'amélioration de la santé peut offrir un moyen de sortir de la pauvreté.  Nous devons, a-t-elle affirmé, remplacer ce cercle vicieux par un cercle vertueux et utiliser les ressources disponibles pour améliorer et protéger la santé des pauvres.


Pour plus d'informations, les journalistes peuvent prendre contact avec Valery Abramov, Bureau du porte-parole, OMS, Genève. Tél. (41 22) 791 2543 ; télécopie: (41 22) 791 4858 ; adresse électronique : abramovv@who.int

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