Communiqué de presse 2000

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/7
 9 février 2000
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LA SITUATION DE LA TUBERCULOSE EST CRITIQUE EN INGOUCHIE

En Ingouchie, le risque de propagation de la tuberculose devient sérieux pour les quelque 180 000 personnes déplacées qui ont fui les combats dans la Tchétchénie voisine. Face à cette situation, l'OMS a entrepris de renforcer les services et les laboratoires de santé par des distributions de fournitures et de matériel et des activités de formation.

Beaucoup de personnes déplacées sont exposées à un risque important de tuberculose évolutive en raison du surpeuplement, de la précarité de services de santé dépourvus de médicaments et de matériel et des conditions difficiles d'accès aux prestations de santé. Par ailleurs, certaines de ces personnes déplacées ont introduit la tuberculose en Ingouchie après l'avoir contractée en Tchétchénie avant le conflit. Les taux de tuberculose, qui ont régulièrement augmenté ces dernières années dans le Nord du Caucase, sont particulièrement élevés en Tchétchénie où aucun traitement n'est disponible depuis par mal de temps.

D'après les chiffres les plus récents, la proportion des cas nouveaux de tuberculose en Ingouchie a augmenté entre 1997 et 1998, passant d'environ 65 à plus de 80 pour 100 000. L'incidence de la tuberculose est sans doute beaucoup plus élevée en Tchétchénie depuis quelques années. Les données pour 1999 ne sont pas encore disponibles, mais des estimations préliminaires montrent que la situation empire.

"Des précautions doivent être prises pour empêcher une propagation inutile de la tuberculose. En améliorant les conditions dans lesquelles vivent les personnes déplacées à l'intérieur du pays et notamment en limitant le surpeuplement, on réduirait les risques d'exposition à de nombreuses maladies transmissibles, dont la tuberculose," a déclaré le Dr Xavier M. Leus, chef de l'unité des secours d'urgence et de l'action humanitaire à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Pour faire face à la situation, l'OMS s'emploie, en coopération avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) et les autorités sanitaires locales, à améliorer la capacité des services de santé locaux à diagnostiquer et traiter la tuberculose.

Après avoir fait le bilan des capacités existantes, l'OMS fournira aux laboratoires d'Ingouchie le matériel qui leur manque, qu'il s'agisse de microscopes ou d'autres moyens de diagnostic. Des cours de formation aux techniques de laboratoire seront également organisés si besoin est. Des services de laboratoire de qualité sont en effet essentiels pour le diagnostic et le traitement de la tuberculose. Toutes ces mesures permettront d'établir des bases solides pour la prise en charge correcte des cas de tuberculose.

Des séminaires sur la lutte antituberculeuse ont été organisés à Stavropol en décembre 1999 à l'intention de 90 médecins dont certains travailleront en Ingouchie. Par ailleurs, les personnels des services de laboratoire du Nord du Caucase suivront un cours d'une semaine sur la microscopie directe qui leur apportera des informations précieuses pour le diagnostic efficace et exact de la tuberculose.

L'OMS travaille avec le Ministère russe de la santé à la mise en place d'un système de surveillance des maladies en Ingouchie. Ce système permettra de surveiller la charge de morbidité liée à la tuberculose et à plusieurs autres maladies transmissibles prioritaires, dont les maladies diarrhéiques, les infections des voies respiratoires et la rougeole.

L'OMS a également participé à la mission d'examen mise en place dans le Nord du Caucase en réponse à l'appel "éclair" des Nations Unies. Sur la base de cette évaluation, l'OMS formulera des recommandations, qui seront incluses dans un prochain appel commun inter-institutions des Nations Unies, sur les moyens d'améliorer la situation sanitaire dans la région.

Pour son action dans le Nord du Caucase, l'OMS travaille en coordination étroite avec son Centre collaborateur pour la gestion des situations d'urgence et la médecine des catastrophes, ou "Zaschita", situé à Moscou au Centre russe pour la médecine des catastrophes. Cette institution a envoyé dans la région touchée deux spécialistes de la tuberculose et trois unités mobiles pour l'examen des cas de tuberculose. Un dispensaire antituberculeux temporaire a également été ouvert en Tchétchénie.

La stratégie DOTS (traitement de brève durée sous surveillance directe) est la stratégie de traitement de la tuberculose recommandée par l'OMS; ce traitement, de six ou huit mois, ne peut être interrompu sous aucun prétexte. S'il l'était en effet, le malade serait encore plus mal en point que s'il n'avait reçu aucun traitement car il présenterait une tuberculose polychimiorésistante. Or, l'expérience a montré que ces traitements sont difficiles à mener à bien au sein de populations extrèmement mobiles.


Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec Ms Melinda Henry, Bureau de la presse et des relations publiques, OMS, Genève, tél : (41 22) 791 2535, télécopie :

(41 22) 791 4858. Courrier électronique: henrym@who.int Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS, ainsi que d'autres informations sur le sujet, peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS : http://www.who.ch

 

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